La découverte allemande a fait l’effet d’un électrochoc. Alors que les microplastiques étaient présentés comme omniprésents et dangereux dans le corps humain, des scientifiques affirment désormais que la réalité est bien plus complexe. Méthodes contestées, faux positifs et interprétations hâtives bouleversent le récit dominant sur la pollution plastique et ses risques pour la santé.
Des microplastiques dans le corps ? C’est peut-être faux

Le 13 janvier 2026, une série d’analyses critiques relayées par la presse internationale a mis en doute plusieurs recherches sur les microplastiques dans le corps humain. Des scientifiques, notamment liés au Helmholtz Centre for Environmental Research, estiment que certaines études très médiatisées reposent sur des protocoles insuffisamment robustes.
Microplastiques et corps humain : ce que la science dit
Les scientifiques allemands sont clairs sur un point. Les microplastiques existent bel et bien dans l’environnement. Cependant, et pourtant, leur détection dans le corps humain ne signifie pas automatiquement un risque sanitaire avéré. En effet, comme les particules sont extrêmement petites, leur identification nécessite des techniques à la limite des capacités analytiques actuelles. Ainsi, selon une enquête publiée par The Guardian le 13 janvier 2026, plusieurs études ont affirmé détecter des microplastiques dans le cerveau, le sang ou le placenta, sans toujours exclure des sources de contamination externes lors des analyses en laboratoire. Cette confusion méthodologique change profondément la lecture scientifique de la pollution plastique.
De plus, les chercheurs rappellent que la science des microplastiques est encore jeune. Par conséquent, et parce que les protocoles varient fortement d’un laboratoire à l’autre, les résultats sont difficiles à comparer. Ainsi, selon Vox, certaines publications ont rapporté des concentrations jugées « biologiquement irréalistes » par des chimistes environnementaux, soulignant le décalage entre données mesurées et plausibilité biologique. Cette précision est essentielle, car elle démontre que la présence supposée de microplastiques dans le corps humain a parfois été amplifiée par des interprétations trop rapides.
Pourquoi les méthodes d’analyse des microplastiques sont aujourd’hui contestées ?
Le cœur de la controverse repose sur les outils scientifiques utilisés pour identifier les microplastiques. En particulier, la technique Py-GC-MS, largement employée, est désormais remise en question. Cette méthode consiste à chauffer les échantillons jusqu’à leur décomposition chimique, puis à analyser les molécules obtenues. Or, selon plusieurs chercheurs cités par The Guardian, certaines graisses humaines produisent des signaux chimiques très proches de ceux de plastiques courants comme le polyéthylène. Ainsi, un tissu humain riche en lipides peut imiter du plastique, générant des faux positifs lors des analyses de microplastiques.
Cette limite méthodologique a conduit à une remise en cause directe de nombreuses publications. D’après The Guardian, une analyse critique a identifié au moins 18 études dont les protocoles ne permettaient pas d’exclure ce type d’erreur. Dušan Materić, chimiste environnemental allemand, a été particulièrement sévère, expliquant que « la graisse peut produire des faux positifs pour le polyéthylène ». Il a également rappelé que le cerveau humain est composé d’environ 60 % de lipides, ce qui rend les analyses de microplastiques dans cet organe particulièrement délicates.
Pollution plastique : ce que cette découverte change pour la santé et la recherche
Cette remise en cause scientifique ne minimise pas la pollution plastique. Au contraire, elle oblige à distinguer clairement l’exposition environnementale, la présence réelle de microplastiques dans le corps humain et leurs effets sur la santé. Une nécessité puisque la production mondiale de plastique a été multipliée par 200 depuis les années 1950 et pourrait dépasser un milliard de tonnes par an d’ici 2060. Moins de 10 % du plastique mondial est recyclé, tandis qu’environ 8 milliards de tonnes se sont déjà accumulées dans l’environnement.
Par conséquent, et c’est là que la découverte allemande change la donne, les scientifiques appellent à une communication plus rigoureuse. En effet, alerter sans preuve solide peut créer une peur disproportionnée et fragiliser la crédibilité de la recherche. The Guardian souligne que des politiques publiques fondées sur des données fragiles risquent d’être inefficaces, voire contre-productives. Les chercheurs insistent sur la nécessité de standardiser les méthodes, de multiplier les contrôles et de distinguer clairement ce qui relève de la pollution avérée et ce qui reste hypothétique. Cette approche plus prudente ne nie pas les risques potentiels des microplastiques, mais elle recentre le débat sur des bases scientifiques solides, au service de la santé publique.
