Si les soldes ont historiquement pour vocation d’écouler les stocks des collections passées, ils représentent aujourd’hui un levier marketing non négligeable. Et les fausses enseignes l’ont bien compris. Elles redoublent d’ingéniosité pour capter l’attention des consommateurs et leurs soutirer des informations personnelles. Qui n’a jamais été tenté d’utiliser un service gratuit ? Personne. Pourtant, à l’heure du digital, acheter ne se limite plus à un simple échange financier, et la méfiance est de rigueur.
Soldes d’hiver quand les bonnes affaires ont un coût invisible

Quand la bonne affaire devient un outil
Le numérique a banalisé l’accès immédiat et non onéreux à des outils et des services toujours plus puissants qui permettent parfois de réaliser des tâches complexes automatiquement. Mais, ne nous berçons pas d’illusions, rien de tout cela n’existe sans coût réel. Lorsque l’argent ne circule pas, autre chose le remplace. Dans le cas présent, ce n’est plus la carte bancaire qui est sollicitée, mais les informations du consommateur.
Remettre en cause une économie promotionnelle où la valeur n’est plus là où on la croit
Pendant les soldes d’hiver, les consommateurs sont incités à multiplier les inscriptions, renseigner leur email pour accéder à une vente privée, accepter des cookies pour « améliorer l’expérience » ; souvent sans mesurer ce que ces gestes, apparemment anodins, produisent. Aujourd’hui, de nombreux faux sites marchands abusent du terme de gratuité. Ils l’utilisent comme façade, la donnée comme matière première, et le consommateur, souvent inconsciemment, comme élément d’un modèle qui le dépasse largement. Faisant ainsi perdre à la notion de « gratuité » tout son sens.
Un outil gratuit en apparence
Bien souvent, l’utilisateur ne pense rien dépenser, mais en réalité, offre à son insu ses données personnelles. Si celles-ci peuvent parfois servir à affiner les recommandations, nourrir la recherche en intelligence artificielle ou influencer les prises de décision des entreprises, elles sont aussi susceptibles d’être utilisées de façon abusive : revente non consentie ou constitution de profils destinés à alimenter des arnaques ciblées. Résulte de ce cheminement la création d’un produit monétisable auprès de tiers. Certains arnaqueurs vont même jusqu’à utiliser des identités de marques bien connues, comme cela a récemment été le cas lors de l’arnaque par SMS pour les calendriers de l’avent Sephora. Présentés comme des jeux, des cadeaux ou des privilèges gratuits, ces dispositifs servent avant tout à obtenir des données personnelles, destinées à être réutilisées ou monétisées dans des circuits frauduleux.
Favoriser une prise de conscience à grande échelle
L’illusion de la bonne affaire est souvent le point d’entrée d’une fraude bien organisée. La question centrale reste ainsi celle de la transparence, qui collecte les données générées pendant les soldes, dans quel objectif, et selon quelles règles ? Si l’économie reposait autrefois sur des matières premières visibles, l’actif principal est désormais invisible : la data. Les consommateurs doivent être en mesure de questionner la crédibilité d’une promotion ou d’une offre particulière sur leurs données et non sur le montant qu’ils vont débourser.
