À l’heure où les velléités expansionnistes des États-Unis sur le Groenland secouent les diplomaties européennes, un nouveau sondage révèle une opposition nette de l’opinion publique française face à ce scénario géopolitique.
Groenland : l’opinion française favorable à une réponse ferme contre Washington

Un rejet massif des ambitions américaines sur le Groenland
Selon un sondage IFOP pour le site d'information touristique et culturelle Partir à New York, qui vient de paraître, la grande majorité des Français rejettent les ambitions des États-Unis visant le Groenland, territoire autonome du Danemark situé dans l’Arctique. 70% des Français estiment que Paris doit s’opposer aux velléités expansionnistes américaines sur le Groenland, même si cette zone n’a jamais été l’objet formel d’un projet territorialiste officiel des États-Unis selon les normes internationales. Cette opposition est transversale et touche toutes les catégories socioprofessionnelles et sensibilités politiques françaises.
Dans ce contexte, 63% des personnes sondées soutiennent l’idée que la France participe à une mission militaire au Groenland, même symbolique, dans l’hypothèse d’une crise stimulée par les déclarations américaines. Cette proportion montre une inquiétude grandissante quant à la sécurité en Arctique et une volonté d’affirmer une présence française dans cette région stratégique. Malgré ce soutien, les Français restent divisés sur l’usage explicite de la force militaire : 43% sont favorables à une action armée pour empêcher une annexion américaine, tandis que 33% s’y opposent, et 24% n’ont pas d’avis tranché.
65% des Français seraient favorables à un boycott des produits américains en cas
La question du rôle de l’OTAN est centrale dans l’analyse des Français. Seulement un Français sur trois (31%) soutient une éventuelle sortie de l’alliance atlantique en cas d’escalade autour du Groenland, signe que même si l’opinion publique exprime des réserves sur la politique américaine, elle reste attachée aux structures de défense collective.
Par ailleurs, en cas d’occupation de force du Groenland par les États-Unis, une majorité de Français envisage d’utiliser des instruments économiques comme levier de rétorsion : 65% seraient favorables à un boycott des produits américains, 61% soutiennent l’idée de décourager les séjours touristiques aux États-Unis, 64% se disent pour une suspension des achats de matériel militaire américain, et 63% seraient prêts à alourdir la fiscalité sur les grandes entreprises technologiques américaines. Ces réponses montrent que l’opinion publique privilégie les moyens économiques avant d’envisager une confrontation directe.
La perception des États-Unis évolue aussi en termes de menace : 51% des Français considèrent désormais les États-Unis comme une menace militaire pour la France, un chiffre qui rapproche presque l’appréciation des risques associés à la Chine.
Un contexte international troublé par les ambitions autour du Groenland
Alors que Paris doit ouvrir un consulat au Groenland pour renforcer sa présence diplomatique dans la région, la population locale elle-même s’oppose massivement à toute intégration aux États-Unis : selon un autre sondage, réalisé par Verian pour le quotidien danois Berlingske and Sermitsiaq, 85% des Groenlandais déclarent ne pas vouloir faire partie des États-Unis, confirmant une dynamique de rejet qui traverse frontières nationales et identités politiques.
Cette réalité complique toute logique de confrontation purement stratégique entre grandes puissances, car elle rappelle l’importance du droit à l’autodétermination au cœur des relations internationales. De plus, des pays comme le Danemark et ses alliés européens ont clairement affirmé que le Groenland n’est pas à vendre et appartient à ses habitants, renforçant le rôle du droit international face aux ambitions géopolitiques.
