Défaillances d’entreprises 2025 : avec près de 70.000 procédures ouvertes, l’année écoulée confirme que l’économie française est entrée dans une phase de normalisation brutale après les années de soutien massif. Selon l’étude annuelle d’Altares, la hausse reste contenue, mais le niveau atteint est désormais historiquement élevé, révélant des fragilités structurelles durables.
Défaillances d’entreprises : un niveau record atteint en 2025

Après le choc pandémique et les dispositifs exceptionnels de soutien, 2025 marque une nouvelle étape pour les entreprises françaises. Loin d’un simple accident conjoncturel, l’augmentation des défaillances traduit un ajustement profond du tissu économique, sous l’effet conjugué de la fin des aides, du ralentissement de la demande et de coûts durablement plus élevés.
Défaillances d’entreprises 2025 : un niveau record qui s’installe
Selon l’étude Altares, expert et référent de l’information sur les entreprises, consacrée à l’année 2025, près de 70.000 entreprises ont fait l’objet d’une procédure collective, . Le chiffre constitue un record en niveau, dépassant les sommets observés avant la crise sanitaire. Sur un an, la progression reste toutefois modérée, autour de +3%, ce qui tranche avec les envolées spectaculaires observées en 2023 et 2024.
Altares souligne que cette évolution correspond à une phase de « retour à la normale » après plusieurs années artificiellement protégées par le “quoi qu’il en coûte”. « Le marché retrouve des volumes cohérents avec la réalité économique », observe l’étude, tout en précisant que cette normalisation se fait à un palier plus élevé qu’avant 2020.
Le dernier trimestre 2025 concentre à lui seul un nombre inédit avec pus de 19.000 de défaillances, confirmant que les tensions se sont accrues en fin d’année, notamment sous l’effet du durcissement des conditions de financement et de trésoreries déjà fragilisées.
PME, TPE et indépendants en première ligne
Comme les années précédentes, les très petites entreprises et les PME restent les plus exposées. L’étude Altares montre que les structures de moins de dix salariés représentent l’écrasante majorité des procédures ouvertes. Ces entreprises disposent de marges financières limitées et absorbent difficilement la hausse simultanée des charges, des taux d’intérêt et des délais de paiement.
Les entreprises plus importantes ne sont pas épargnées pour autant. Altares note une augmentation sensible des défaillances d’entreprises de taille intermédiaire (ETI), phénomène plus rare historiquement, mais révélateur d’un environnement économique durablement dégradé.
Selon BFM TV, qui s’appuie sur les données Altares, « le nombre de défaillances atteint un niveau jamais vu sur un dernier trimestre », confirmant que la dynamique reste orientée à la hausse malgré certains signaux sectoriels plus favorables.
Construction et régions : des écarts marqués
Tous les secteurs ne sont toutefois pas logés à la même enseigne. La construction, très touchée en 2023 et 2024, montre en 2025 des signes d’accalmie. Les défaillances y progressent moins vite, voire reculent dans certains segments, même si le niveau reste élevé. Altares évoque un ajustement progressif après l’arrêt brutal des projets immobiliers et la hausse des taux.
Sur le plan géographique, les disparités régionales sont nettes. La Bretagne, les Pays de la Loire et l’Occitanie figurent parmi les rares territoires à contenir la hausse des défaillances en 2025, voire à afficher une quasi-stabilité sur un an. Ces régions bénéficient d’un tissu économique plus diversifié, d’une part industrielle encore significative et d’un marché de l’emploi plus résilient.
À l’inverse, les tensions restent particulièrement marquées en Île-de-France, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans plusieurs régions du Grand Est et des Hauts-de-France, où la dépendance à la consommation locale, la fragilité des TPE et le recul de l’investissement pèsent lourdement. Dans ces territoires, de nombreuses entreprises ont épuisé leurs marges de manœuvre financières avant de se résoudre à entrer en procédure collective en 2025.
Les Echos souligne, dans son analyse régionale, que certaines zones industrielles et commerciales subissent un effet retard de la crise, les entreprises ayant épuisé leurs réserves financières en 2024 avant de basculer en procédure en 2025.
Un phénomène structurel plus que conjoncturel
Contrairement à l’idée d’un simple « rattrapage » post-Covid, Altares insiste sur la dimension structurelle de la situation actuelle. Le niveau élevé des défaillances reflète une économie confrontée à plusieurs transformations simultanées : transition énergétique, digitalisation accélérée, évolution des modes de consommation et renchérissement durable du coût du capital.
L’étude rappelle également que toutes les défaillances ne se traduisent pas par des liquidations. Une part significative des entreprises entre en redressement judiciaire avec l’objectif de poursuivre l’activité, de se restructurer ou d’être reprise. Néanmoins, la proportion de liquidations reste élevée, signe que de nombreuses structures arrivent trop tard devant le tribunal.
