Le licenciement frappe de nouveau chez Amazon, brutalement et sans ménagement. Le géant mondial de l’e-commerce a confirmé la suppression de près de 16 000 emplois, quelques mois seulement après une première vague massive. Derrière les justifications économiques avancées par l’entreprise, un couac interne majeur, avec l’envoi par erreur d’un courriel évoquant ces licenciements, a accentué la grogne.
Amazon : 16 000 emplois supprimés et un mail qui fait scandale

Le 28 janvier 2026, Amazon a officialisé un nouveau plan de licenciement d’ampleur mondiale, touchant environ 16 000 salariés. Cette décision s’inscrit dans une stratégie globale de réduction des coûts et de réorganisation des effectifs, alors que l’entreprise affirme vouloir adapter son modèle d’emploi aux évolutions du commerce et de l’intelligence artificielle.
Licenciement chez Amazon : une décision économique assumée
Le licenciement de milliers de personnes travaillant pour Amazon est présenté par la direction comme une étape nécessaire pour préserver la compétitivité de l’entreprise. Selon les informations de Boursorama, ces suppressions de postes concernent principalement les fonctions dites « corporate », c’est-à-dire les emplois administratifs, techniques et supports. Amazon justifie cette réduction d’effectifs par la nécessité de simplifier son organisation, de raccourcir les circuits de décision et de réduire des coûts jugés excessifs dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale de l’e-commerce.
Dans une communication interne reprise par Le Figaro, Beth Galetti, vice-présidente chargée des ressources humaines et de la technologie, a expliqué que l’objectif était de « réduire les niveaux hiérarchiques, renforcer le sentiment d’appartenance et supprimer la bureaucratie ». Derrière ces mots, le licenciement apparaît comme un levier central de transformation de l’emploi chez Amazon. L’entreprise emploie environ 1,58 million de personnes dans le monde, mais estime que ses effectifs administratifs ont enflé plus vite que son activité ces dernières années.
Cette vague de licenciement n’est pas isolée. En octobre 2025 déjà, Amazon avait supprimé environ 14 000 postes, principalement dans les mêmes catégories d’emplois. En cumul, près de 30 000 emplois auraient ainsi été supprimés en quelques mois alors que l’entreprise continue d’engranger des profits record. Pour Amazon, cette politique vise à réallouer des ressources vers des secteurs jugés stratégiques, notamment le cloud, l’automatisation et l’intelligence artificielle, au détriment d’emplois considérés comme moins directement productifs.
Licenciements et réorganisation des effectifs dans un e-commerce sous pression
La décision d’Amazon s’inscrit dans un mouvement plus large de restructuration du secteur du commerce et de l’e-commerce. Après les années d’expansion rapide liées à la pandémie, la croissance des ventes en ligne s’est normalisée, tandis que les coûts logistiques, énergétiques et salariaux ont augmenté. Dans ce contexte, Amazon affirme devoir adapter ses effectifs pour maintenir ses marges et financer ses investissements technologiques.
Selon des informations rapportées par Reuters, les licenciements touchent plusieurs divisions clés, dont Amazon Web Services, le commerce de détail en ligne, Prime Video et certaines fonctions de ressources humaines. Cette diversité illustre la portée globale du plan, qui ne se limite pas à une activité ou à une zone géographique précise. L’entreprise a également confirmé la fermeture ou la réduction de plusieurs magasins physiques sans caisse, notamment Amazon Fresh et Amazon Go, ce qui entraîne des suppressions d’emplois supplémentaires dans le commerce de proximité.
Aux États-Unis, Amazon a indiqué que certains employés disposeraient d’un délai d’environ 90 jours pour tenter un reclassement interne, avec un accompagnement et des indemnités de départ, selon l’agence Associated Press. Toutefois, ces dispositifs ne concernent pas tous les pays, et les modalités varient fortement selon les législations locales.
Le courriel envoyé par erreur, symbole d’un malaise social profond
Le plan de licenciements massifs d’Amazon a été marqué par un incident révélateur du climat interne. Quelques jours avant l’annonce officielle, un courriel interne évoquant les suppressions de postes a été envoyé par erreur à des salariés, notamment au sein d’Amazon Web Services. Cette fuite involontaire, confirmée par l’entreprise, a semé la confusion et l’inquiétude parmi les employés, qui ont découvert l’ampleur des licenciements sans communication préalable claire.
Selon Reuters, ce message faisait référence à un projet interne de restructuration et à des réductions d’effectifs imminentes. Amazon a reconnu l’erreur, parlant d’un document non finalisé diffusé prématurément. Toutefois, pour de nombreux salariés, cet épisode a renforcé le sentiment d’un manque de considération et d’une gestion brutale de l’emploi. Plusieurs syndicats et observateurs du monde du travail y voient un symbole des tensions sociales croissantes dans les grandes entreprises technologiques.
Cet incident pose aussi la question de la communication interne dans un groupe de la taille d’Amazon. Avec plus d’un million et demi de salariés répartis dans le monde, la gestion des effectifs et des annonces de licenciement constitue un enjeu majeur. Or, le couac du courriel illustre les limites d’une organisation très centralisée, où les décisions stratégiques peuvent avoir des conséquences humaines immédiates et massives.
