Le marché des citadines électriques : la suprématie française en 2025

Les marques françaises dominent désormais le segment des citadines électriques en Europe. Renault, Citroën et Peugeot s’imposent dans les classements grâce à des modèles adaptés et compétitifs, alors que le marché de la voiture électrique connaît à la fois des records ponctuels et des fragilités structurelles.

Ade Costume Droit
By Adélaïde Motte Published on 3 octobre 2025 15h05
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Le marché des citadines électriques : la suprématie française en 2025 - © Economie Matin

En octobre 2025, le marché européen des véhicules à batterie est marqué par un phénomène inédit : la voiture électrique devient incontournable, notamment dans le segment des citadines. Les constructeurs français tiennent le haut de l’affiche avec des modèles qui séduisent le grand public.

Les voitures françaises en tête des ventes européennes

Les chiffres les plus récents confirment une domination nette des marques hexagonales dans les ventes de citadines électriques. En octobre 2025, les Renault 5, Citroën ë-C3 et Peugeot e-208 concentraient environ 80 % des ventes européennes dans le segment des citadines électriques. Cette domination traduit l’efficacité d’une stratégie fondée sur des modèles ciblés et largement diffusés.

Le succès de ces modèles repose sur plusieurs facteurs combinés. D’abord, leur positionnement prix et autonomie répond aux besoins d’un usage urbain et périurbain. Ensuite, leur image nationale en France constitue un atout marketing décisif. Enfin, la simplicité des gammes proposées et la cohérence entre offre industrielle et attentes locales consolident leur avance. Dans l’Hexagone, l’attrait est confirmé : la Renault 5 E-Tech suscite un engouement soutenu, tandis que la Citroën ë-C3 met en avant son accessibilité et ses campagnes de communication.

Un mois record pour la voiture électrique

Le mois de septembre 2025 a marqué un tournant en France. Les immatriculations de voitures électriques ont bondi de 11,2 % et atteint 22,4 % de part de marché, un record. Pour la première fois, les ventes de voitures électriques ont dépassé celles des modèles essence. Ce franchissement symbolique traduit un changement profond dans la demande.

Cet essor ponctuel illustre la montée en puissance du segment, soutenue par les nouveautés lancées au cours de l’année et par une meilleure visibilité des dispositifs d’incitation publique.

Des tensions persistantes sur l’année

Les données cumulées du premier semestre montrent un recul de 6,4 % des immatriculations par rapport à 2024. Ce paradoxe entre un mois exceptionnel et un ralentissement global révèle la fragilité du marché. Les causes sont multiples : prix d’achat jugés encore élevés, concurrence des hybrides, incertitudes fiscales et disparités régionales dans l’implantation des bornes de recharge.

Ainsi, malgré des records ponctuels, la pénétration de la voiture électrique reste limitée : fin 2024, elle représentait à peine 2,9 % du parc automobile français. Le chemin vers une électrification massive demeure donc long.

Les clés du succès français

Les constructeurs hexagonaux ont su aligner leur offre sur les attentes locales. La Renault 5 E-Tech propose une autonomie calibrée pour la ville et des versions de batterie variées, tandis que la Citroën ë-C3 s’appuie sur un design simple et une ergonomie adaptée. Ces choix répondent à une demande centrée sur le coût d’usage, la praticité et la recharge domestique.

De son côté, Peugeot mise sur l’e-208, qui combine polyvalence et attractivité stylistique. Ces modèles trouvent leur public précisément parce qu’ils évitent la surenchère technologique et visent une clientèle pragmatique, attachée à la fois au prix et à la facilité d’utilisation.

Un avenir prometteur mais incertain

La domination française, aussi forte soit-elle, ne met pas les constructeurs à l’abri. Les marques allemandes accélèrent leurs projets de citadines électriques, tandis que les constructeurs chinois, déjà compétitifs sur le prix, intensifient leur offensive commerciale en Europe. L’équilibre du marché pourrait donc rapidement évoluer.

Parallèlement, les hybrides rechargeables restent attractifs pour certains ménages, car ils offrent une flexibilité d’usage. Cette concurrence interne à l’électrique pourrait ralentir la dynamique du tout-batterie si les consommateurs privilégient des solutions jugées moins contraignantes.

L’année 2025 marque néanmoins un tournant : l’offre française de voiture électrique citadine atteint une maturité qui la rend crédible face à l’essence. Les consommateurs bénéficient de modèles accessibles et de plus en plus répandus, gages d’un meilleur suivi en entretien et d’une infrastructure de recharge progressivement adaptée.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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