Malus : pourquoi le budget 2026 épargne finalement les voitures électriques

Le malus devait s’abattre sur les voitures électriques dès 2026. Contre toute attente, le budget 2026 acte un revirement. En maintenant leur exonération du malus au poids, l’État cherche à relancer un marché à l’arrêt, malgré des prix encore hors de portée pour de nombreux Français.

Ade Costume Droit
By Adélaïde Motte Published on 3 février 2026 14h58
Malus Pourquoi Le Budget 2026 Epargne Finalement Les Voitures Electriques
Malus : pourquoi le budget 2026 épargne finalement les voitures électriques - © Economie Matin

Adopté le 2 février 2026, le budget 2026 tranche un débat sensible. Alors que le malus au poids devait s’étendre aux voitures électriques à compter de l’été, le gouvernement a finalement choisi d’y renoncer. Cette décision fiscale, passée relativement inaperçue, vise à soutenir des ventes en net ralentissement, dans un contexte de transition énergétique sous contrainte budgétaire.

Le malus au poids finalement écarté pour les voitures électriques en 2026

La décision est nette. Contrairement aux versions préparatoires du texte budgétaire, le malus au poids ne s’appliquera pas aux voitures électriques en 2026. Cette exonération est confirmée dans la version finale du budget 2026, adoptée par le gouvernement le 2 février 2026. Initialement, le projet prévoyait pourtant d’intégrer ces véhicules dans le dispositif, à partir du 1er juillet 2026, avec un seuil spécifique autour de 2 100 kilogrammes.

Cependant, après arbitrage, cette extension du malus a été retirée. Le gouvernement a ainsi choisi de maintenir la distinction entre véhicules thermiques et voitures électriques, alors même que le malus au poids est simultanément durci pour les autres catégories. Dès janvier 2026, le seuil d’application de cette taxe est abaissé à 1 500 kilogrammes pour les voitures thermiques et hybrides, contre 1 600 kilogrammes auparavant. Ce durcissement rend d’autant plus significative l’exemption accordée aux électriques.

Ce choix rompt avec la logique initiale de neutralité technologique défendue par certains parlementaires. Néanmoins, il s’inscrit dans une continuité fiscale. Depuis sa création, le malus au poids exclut les voitures électriques, en raison du surpoids structurel lié aux batteries. Cette caractéristique technique, difficilement contournable à court terme, reste un argument central justifiant l’exonération.

Pourquoi le budget 2026 renonce au malus pour les voitures électriques

Le revirement du budget 2026 ne relève pas du hasard. Il intervient dans un contexte de ralentissement marqué du marché des voitures électriques. Malgré les objectifs climatiques affichés, les ventes stagnent. Les prix demeurent élevés, même après aides, ce qui freine l’accès des ménages à ces véhicules. Dans ce contexte, appliquer un malus supplémentaire aurait mécaniquement renchéri le coût d’achat, au risque de casser une dynamique déjà fragile.

Les documents budgétaires préparatoires envisageaient pourtant plusieurs scénarios intermédiaires. Parmi eux figuraient des abattements liés à la capacité de la batterie ou des seuils de déclenchement plus élevés pour limiter l’impact du malus. Ces pistes ont été abandonnées dans la version finale du budget 2026. Le gouvernement a préféré une solution plus lisible : une exonération totale, sans mécanisme correctif complexe.

Ce choix traduit aussi une contrainte industrielle. Le poids moyen des voitures électriques reste supérieur à celui des modèles thermiques équivalents. Taxer ce surpoids reviendrait, de facto, à pénaliser une technologie encouragée par ailleurs via des bonus écologiques et des investissements publics massifs. En cohérence avec ces politiques, le budget 2026 acte donc une exception fiscale assumée, quitte à renforcer le malus sur les autres motorisations.

Le malus, les prix et l’espoir d’un décollage des ventes

Pour le gouvernement, l’objectif est clair. En supprimant la menace du malus au poids, il s’agit de préserver un levier de compétitivité pour les voitures électriques. Selon les scénarios initiaux, l’application du malus aurait pu ajouter plusieurs milliers d’euros au prix de certains modèles familiaux, compte tenu de leur masse supérieure à deux tonnes. Une telle hausse aurait été difficilement compatible avec un marché déjà jugé trop cher par de nombreux acheteurs.

La décision budgétaire vise donc à éviter un effet de seuil dissuasif. En maintenant l’exonération, le budget 2026 cherche à créer un environnement fiscal plus stable, susceptible de rassurer à la fois les consommateurs et les constructeurs. Pour ces derniers, la visibilité sur le malus conditionne directement les stratégies de gamme et de tarification pour les années à venir, comme le soulignent plusieurs analyses économiques publiées début février 2026.

Toutefois, l’impact sur les ventes reste incertain. Si l’absence de malus évite une hausse brutale des prix, elle ne suffit pas à elle seule à rendre les voitures électriques accessibles à tous. Le différentiel de coût avec les modèles thermiques demeure significatif, malgré les aides existantes. Le budget 2026 fait donc le pari qu’une fiscalité plus clémente, combinée aux économies d’usage, permettra progressivement de lever les réticences, sans ajouter de nouvelles charges au moment de l’achat.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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