Le débat autour des énergies renouvelables s’est cristallisé autour de positions apparemment irréconciliables.
Énergies renouvelables : et si nous célébrions désormais le taux d’autoconsommation plutôt que les MWh produits ?

D’un côté les tenants de la décarbonation de l’économie plaident pour le développement de l’électricité d’origine renouvelable afin d’atteindre la neutralité carbone et renforcer l’indépendance énergétique de la France. Ils affirment que ce développement peut être réalisé au prix d’un investissement faible, que les équipements de production peuvent être construits rapidement et ainsi répondre à la croissance rapide des usages de l’électricité.
De l’autre, les partisans d’un système centralisé. Ils font grief aux premiers de promouvoir une production d’énergie non pilotable, livrée au réseau public comme les eaux usées le sont au tout à l’égout, et qui induit des déséquilibres entre offre et demande d’électricité. Au résultat de ces désordres, l’essor des renouvelables détermine une volatilité croissante des prix, parfois même des prix négatifs, en bref l’impasse.
Comment dépasser ces oppositions ?
Le coût de revient de l’électricité d’origine renouvelable, et particulièrement photovoltaïque, est réduit (de l’ordre d’1 EUR par Wc) et le remboursement de la dette énergétique contractée pour la fabrication et l’installation des équipements est compris entre 1 et 1,5 année. Sa production n’est pas pilotable certes, mais cela ne suffit pas pour la disqualifier, surtout lorsqu’elle est développée en lien étroit avec les usages.
Comprendre ces usages, ce n’est pas simplement parler en termes de MWh produits, c’est surtout s’intéresser à leur localisation et à leur temporalité. Dans le mix de production électrique français, la part croissante des renouvelables non pilotables (en 2022 l’éolien représente 9,1% et le photovoltaïque 5,7% *) engage les acteurs de la filière à se soucier de l’usage de l’énergie qu’ils produisent, et les temps privilégiant une approche purement productiviste touchent à leur fin.
Les producteurs d’énergie photovoltaïques notamment se doivent de rechercher le taux d’utilisation directe de leur production le plus élevé possible.
Comment y parvenir ?
Le circuit le plus court doit être privilégié : celui qui lie directement le producteur à son consommateur ; on parle également d’autoconsommation. Le premier calibre au plus juste la capacité du générateur aux besoins du second. La perception directe de la disponibilité ou de la carence en ressource électrique induit chez le second un ajustement de ses usages. De la proximité entre production et consommation naît un couplage vertueux qui allège la charge d’équilibrage du réseau public.
Prenons la mesure du bénéfice sociétal incontestable qu’apporte l’autoconsommation de l’énergie électrique et libéralisons son cadre d’application. Ceci concerne les critères de proximité mais aussi la capacité à fédérer simplement les besoins de communautés de consommateurs pour maximiser l’utilisation de l’électricité produite localement.
(*) : source ENTSOE, Eurostat, IEA & World Bank
