Jobs d’été : ce que la loi impose aux entreprises qui embauchent des jeunes et des mineurs

Les employeurs qui recrutent des jeunes ou des mineurs pour des jobs d’été doivent respecter un cadre juridique strict : contrat écrit, déclaration préalable à l’embauche, limites de durée de travail, interdictions de tâches dangereuses et respect des salaires minimaux. Le non-respect de ces obligations expose l’entreprise à des sanctions administratives et pénales.

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By Jean-Marc Morel Published on 4 août 2026 6h30
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Jobs d’été : ce que la loi impose aux entreprises qui embauchent des jeunes et des mineurs - © Economie Matin

Chaque été, de nombreuses entreprises renforcent leurs équipes en recrutant des jeunes, parfois mineurs, sur des contrats saisonniers. Cette pratique répond à un besoin opérationnel réel, mais reste encadrée par des règles précises que les employeurs maîtrisent souvent mal, s'exposant ainsi à des risques juridiques et financiers en cas de contrôle.

Un cadre déclaratif obligatoire dès l'embauche

Un job d'été est un emploi salarié à part entière, pas un arrangement de vacances. Il suppose un contrat écrit, (presque toujours un CDD), remis dans les deux jours suivant l'embauche et une déclaration préalable à l'embauche (DPAE), qui ouvre les droits sociaux et écarte le travail dissimulé. Pour un mineur de moins de 16 ans, l'autorisation de l'inspection du travail est requise ; jusqu'à 18 ans, l'accord écrit du représentant légal est obligatoire.

Des durées de travail et des repos strictement encadrés

Les mineurs bénéficient de limites plus protectrices que les adultes : 7 heures maximum par jour avant 16 ans, 8 heures ensuite et 35 heures par semaine dans tous les cas, avec une pause de 30 minutes dès 4h30 de travail continu. Le repos quotidien est fixé à 12 heures (14 heures avant 16 ans) et le repos hebdomadaire à deux jours consécutifs. Les heures supplémentaires sont en principe interdites.

Le travail de nuit : une interdiction de principe

Le travail est interdit entre 22 heures et 6 heures pour les 16-18 ans, et entre 20 heures et 6 heures pour les moins de 16 ans. Les dérogations existent mais restent rares et strictement encadrées.

Des postes et des machines proscrits, sans dérogation possible en job d'été

Trancheuse, coupe-légumes, travail en hauteur, agents chimiques, températures extrêmes … ces tâches ne peuvent pas être confiées à un mineur en contrat saisonnier. En restauration, il ne peut pas non plus être affecté au service du bar. Une visite d'information et de prévention est due avant la prise de poste et depuis le 1er juillet 2025, la protection contre la chaleur est une obligation formelle (décret n° 2025-482).

Une rémunération encadrée, avec un abattement facultatif

Depuis le 1er juin 2026, le SMIC s'élève à 12,31 € brut de l'heure. Un abattement existe pour les mineurs ayant moins de six mois de pratique dans la branche, 10 % de 17 à 18 ans, 20 % en dessous, mais il reste facultatif et disparaît dès six mois d'ancienneté ou à la majorité. Une convention collective plus favorable prime toujours.

Des sanctions réelles en cas de manquement

L'inspection du travail peut retirer sur-le-champ un jeune d'un poste dangereux. Défaut de contrat écrit, absence de DPAE, non-respect des durées ou des interdictions sont des manquements qui exposent l'employeur à des sanctions administratives et pénales.

Derrière la simplicité apparente du recrutement estival se cache donc un cadre juridique exigeant, que les entreprises ont tout intérêt à anticiper.

Morel

associé Conseil RH/Social chez RSM

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