UMIH : ils ne veulent pas de Manigold comme président par procuration


Stéphane Manigold n’est pas candidat à la présidence de l’UMIH. Qu’importe : il fait campagne. Appels aux électeurs, interventions sur WhatsApp, mobilisation de ses relais, annonce de soutien de Brice Sannac à l’AFP…

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By Rédaction Published on 14 septembre 2026 15h28
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UMIH : ils ne veulent pas de Manigold comme président par procuration
 - © Economie Matin

L’ancien adversaire de Thierry Marx s’emploie à faire élire Brice Sannac. Une omniprésence qui commence à faire grincer des dents dans le réseau. Car les hôteliers et restaurateurs doivent choisir un président le 14 octobre, pas en découvrir un second le 15.

Il y a les candidats, et puis il y a ceux qui aimeraient manifestement compter dans l’élection sans avoir à subir l’inconvénient d’y participer. À l’UMIH, Stéphane Manigold appartient désormais à cette seconde catégorie. Son nom ne figurera pas sur les bulletins le 14 octobre. Il n’est membre d’aucun des deux binômes en lice. Mais il est partout dans la campagne. Il appelle des membres du corps électoral, intervient dans des groupes WhatsApp, défend Brice Sannac, relaie les arguments du tandem Sannac-Viale et s’emploie à convaincre. Selon plusieurs témoignages recueillis par la rédaction, son engagement a largement dépassé le stade du soutien amical en témoigne ses dernières déclarations à l’AFP.

Après tout, pourquoi pas ? Un adhérent de l’UMIH est libre de soutenir qui il veut. Le problème commence lorsque le soutien devient si actif qu’il finit par occuper davantage l’espace que le candidat qu’il prétend seulement aider. Car une question toute simple se répand désormais dans le réseau : si Brice Sannac gagne, quelle place Stéphane Manigold prendra-t-il dans la nouvelle UMIH ? Autrement dit, les électeurs voteront-ils seulement pour Sannac, ou donneront-ils aussi, sans l’avoir vraiment décidé, les clés de la maison à celui qui travaille aujourd’hui à son élection ?

La revanche masquée de Manigold

La question serait presque anecdotique si Stéphane Manigold était un militant parmi d’autres. Il ne l’est évidemment pas. En 2022, il voulait lui-même présider l’UMIH. Les électeurs lui avaient préféré Thierry Marx, et pas exactement sur un malentendu : Marx avait remporté le scrutin avec 71,66 % des suffrages. Le verdict avait été clair. Il n’avait pourtant pas mis fin à la bataille.
Pendant les quatre années suivantes, Manigold s’est installé dans le rôle d’opposant en chef. Il a réclamé la démission de Thierry Marx, contesté certains contrats de l’organisation et mis en cause son indépendance à l’égard des émetteurs de titres-restaurant. L’affrontement est devenu personnel, puis judiciaire. Le 6 juillet dernier, le tribunal judiciaire de Paris a retenu en première instance le caractère diffamatoire de certains de ses propos et l’a condamné.
Thierry Marx a finalement annoncé à la fin du mois d’août qu’il ne solliciterait pas un nouveau mandat. Manigold aurait pu sortir avec lui de cette interminable guerre interne. C’est l’inverse qui se produit. Marx quitte la scène, son adversaire reste dans les coulisses et s’active désormais pour peser sur le choix de son successeur. Il n’a pas réussi à prendre l’UMIH en 2022 ; il entend manifestement peser lourdement sur celui qui la prendra en 2026.

Pas de présidence par procuration 

C’est là que l’affaire cesse d’être seulement cocasse. Car de plus en plus de responsables s’interrogent sur cette omniprésence. Non pas parce que Manigold n’aurait pas le droit de soutenir Sannac, mais parce qu’ils n’ont aucune envie de voir s’installer à la tête de leur organisation une présidence par procuration. Les professionnels qui voteront le 14 octobre veulent savoir qui dirigera l’UMIH. C’est finalement la moindre des choses.
Brice Sannac, lui, récuse catégoriquement l’idée d’une association avec Manigold. « Je ne suis absolument pas associé à Stéphane Manigold », assurait-il déjà en mai dernier. Et il faut lui en donner acte : rien dans les éléments recueillis par la rédaction ne permet d’affirmer qu’un accord aurait été conclu entre les deux hommes.

Mais le problème de Sannac est précisément que l’existence d’un pacte secret n’est pas nécessaire pour que la question de son indépendance se pose. Une dette politique ne se signe pas devant notaire.
Lorsque quelqu’un appelle pour vous, convainc pour vous, mobilise pour vous et contribue éventuellement à vous faire gagner, il acquiert mécaniquement du poids. C’est vieux comme les élections. Et plus Manigold s’investit dans cette campagne, plus il place paradoxalement Sannac dans l’obligation de démontrer qu’il ne lui devra rien. À vouloir trop aider son candidat, le restaurateur parisien pourrait finir par devenir son principal handicap.

La mémoire des conflits qui font mal

Car les électeurs de l’UMIH ont de la mémoire. Ils se souviennent de 2022. Ils connaissent les quatre années de conflit qui ont suivi. Et certains n’entendent manifestement pas voir revenir par la fenêtre celui qu’ils n’avaient pas fait entrer par la grande porte. C’est là tout le paradoxe de cette campagne : Stéphane Manigold n’est pas candidat, mais sa présence est devenue suffisamment forte pour que le vote puisse aussi se transformer en référendum sur son retour.
Le spectacle serait presque divertissant si la situation des professionnels ne l’était pas beaucoup moins. Les restaurateurs et les hôteliers affrontent les fermetures, l’érosion des marges, les charges, les difficultés de recrutement, la fiscalité et la concurrence des meublés touristiques. Ils attendent de leur organisation qu’elle les défende. Pas qu’elle leur offre une nouvelle saison d’une guerre d’appareil dont ils ont déjà subi quatre années.
Le 14 octobre, le choix devrait donc être parfaitement simple : Brice Sannac ou Franck Chaumès. Deux candidats, deux équipes, deux projets. Stéphane Manigold ne devrait être qu’un soutien parmi d’autres. C’est son activisme qui en a décidé autrement. Désormais, à chaque appel passé en faveur de Sannac, il rend un peu plus légitime la question qu’il voudrait sans doute éviter : quelle influence réclamera-t-il si son candidat gagne ?
 On peut trouver la question injuste. On peut la juger excessive. On peut surtout y répondre avant le scrutin. Car les hôteliers et les restaurateurs ont le droit de savoir pour qui ils votent. Et ils ont surtout le droit de ne pas se réveiller, au lendemain de l’élection, avec un président qu’ils n’ont jamais élu.

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