La Fédération Environnement Durable interpelle le gouvernement sur le contrôle des capacités financières des promoteurs éoliens avant le lancement des travaux. L’exemple d’ABO Energy, passée de prévisions bénéficiaires à des pertes de 170 millions d’euros en quelques mois, illustre les risques liés aux autorisations vieilles de plusieurs années accordées dans un contexte économique radicalement différent.
Éolien : l’État vérifie-t-il encore la capacité financière réelle des promoteurs ?

De nombreux projets éoliens actuellement autorisés en France ont été conçus il y a parfois près de dix ans, dans des conditions économiques très différentes de celles d'aujourd'hui.
La Fédération Environnement Durable pose une question simple : avant le lancement des travaux, qui vérifie que les promoteurs disposent toujours des capacités techniques et financières nécessaires pour construire, exploiter et, le moment venu, remettre les sites en état ?
Des situations financières peuvent changer très rapidement
Le cas d'ABO Energy en fournit une illustration actuelle. En septembre 2025, le groupe annonçait encore un premier semestre bénéficiaire et prévoyait un bénéfice annuel compris entre 29 et 39 millions d'euros. En novembre, cette prévision était remplacée par une perte attendue d'environ 95 millions d'euros. En janvier 2026, la perte prévisionnelle était portée à 170 millions d'euros environ.
Depuis, ABO Energy a poursuivi une restructuration en profondeur par un programme de cessions urgentes d'actifs, processus avec l'intervention de cabinets spécialisés. Dans l'attente, les créanciers ont accordé un moratoire sur les dettes à fin novembre 2026.
Ces informations proviennent des communications publiques du groupe lui-même. La FED ne préjuge aucunement de l'issue de sa restructuration.
Elles démontrent en revanche un fait beaucoup plus général : entre l'autorisation administrative d'un parc éolien et sa construction plusieurs années plus tard, la situation économique et financière de son porteur peut avoir profondément changé.
Une question qui concerne toute la France
Cette question dépasse donc largement le cas d'une entreprise ou de quelques parcs. Elle concerne potentiellement tous les projets anciens qui n'ont pas encore été construits ou qui font aujourd'hui l'objet de modifications importantes.
La FED demande au Gouvernement et aux préfets de s'assurer, avant le commencement des travaux de tels projets, que les capacités techniques et financières effectivement mobilisables par leurs exploitants sont appréciées sur la base d'informations économiques et financières actualisées. Une autorisation vieille de plusieurs années ne doit pas conduire à fermer les yeux sur la réalité financière d'aujourd'hui avec l'explosion des taux d'intérêts à long terme.