CroissancePlus salue plusieurs mesures du PLF 2027 destinées aux entreprises, notamment le dispositif de reprise par les salariés et la sanctuarisation du pacte Dutreil. L’association met cependant en garde sur trois terrains : le périmètre du réexamen des niches fiscales, le sort de l’épargne salariale et la qualité du débat parlementaire.
Lettre de Sébastien Lecornu aux entrepreneurs : des orientations positives, une vigilance absolue à maintenir

Sébastien Lecornu a adressé aux chefs d'entreprise une lettre, révélée ce jour par Le Figaro, qui fixe les orientations du PLF 2027 pour les entreprises. CroissancePlus y retrouve plusieurs de ses propositions, portées notamment par la Mission reprise. L'association met désormais en garde le législateur sur trois terrains : le périmètre du réexamen des « niches », le sort de l'épargne salariale et le sérieux du débat parlementaire.
L'association des entrepreneurs en croissance se réjouit de la création d'un dispositif dédié à la reprise d'entreprise par les salariés, assorti d'un suramortissement des équipements et d'une baisse des droits d'enregistrement pour les repreneurs. Elle plaide pour ce chantier depuis plusieurs mois, notamment au travers de la Mission reprise et du Ministère des PME. L'urgence est connue : 370 000 entreprises devront être transmises d'ici 2030, et près de trois millions d'emplois en dépendent. Elle salue le souhait de doubler de 500 000 euros à 1 million d'euros l'abattement sur la plus-value du dirigeant partant à la retraite, ainsi que la sanctuarisation du pacte Dutreil. Après deux exercices budgétaires qui ont tenu les entrepreneurs dans l'incertitude, ces décisions leur rendent un horizon.
L'association restera cependant extrêmement attentive au périmètre du réexamen annoncé de l'efficacité de certaines « niches » fiscales et sociales, à commencer par les allègements de charges sociales. Notre pays a actuellement un « coin social » extrêmement élevé, ce qui crée un écart toxique entre le coût employeur et le net salarié. Faire entrer ces allègements dans cet inventaire reviendrait à accélérer le problème que tout le monde identifie, sur tous les bancs de l'Assemblée, le travail ne paie plus assez.
La même exigence vaut pour l'épargne salariale. Malgré le démenti apporté, la piste d'une imposition de l'intéressement et de la participation, évoquée ces derniers jours, contredirait l'objectif que le Premier ministre assigne lui-même à son budget : mieux associer le capital et le travail. CroissancePlus réitère sa demande que ces dispositifs, qui redistribuent chaque année la valeur créée à des millions de salariés, restent hors du champ des arbitrages budgétaires.
Enfin, la copie finale du budget s'écrira au Parlement, et les derniers exercices ont montré ce qu'il advient d'un texte livré sans majorité. CroissancePlus appelle les députés et les sénateurs à aborder l'examen du PLF 2027 avec le sens de la responsabilité qu'appellent l'état de nos finances publiques, l'atonie de la croissance française et la perspective de l'élection présidentielle.
Le Premier ministre poursuit dans la ligne de ses premières déclarations fin août et reprend des mesures que CroissancePlus défend depuis plusieurs mois : un dispositif dédié à la reprise d'entreprise par les salariés et la sanctuarisation du Pacte Dutreil. Ces annonces montrent qu'un réel travail d'écoute a été mené. Nous en prenons acte avec satisfaction, mais restons extrêmement vigilants sur la suite du processus, notamment parlementaire.
