Euronext a annoncé le 2 novembre son intention de proposer David Knibbe, actuel directeur général de l’assureur néerlandais NN Group, pour succéder à Stéphane Boujnah en mai 2027. Ce changement à la tête de l’opérateur de la Bourse de Paris devra encore être approuvé par les actionnaires et les autorités compétentes.
Euronext prépare l’après-Boujnah : David Knibbe proposé à la direction pour mai 2027

Euronext a annoncé lundi 2 novembre 2026 son intention de proposer David Knibbe au poste de directeur général et de président du directoire à compter de mai 2027. Le dirigeant de NN Group, assureur néerlandais qu’il pilote depuis 2019, est appelé à succéder à Stéphane Boujnah, qui quittera ses fonctions après plus d’une décennie à la tête de l’opérateur boursier européen.
La communication officielle d’Euronext précise que la candidature doit être soumise à l’assemblée générale du 20 mai 2027. Elle reste conditionnée aux approbations réglementaires requises, notamment celle du ministre néerlandais des Finances. Le groupe présente donc une nomination envisagée, et non une prise de fonctions déjà acquise.
Un dirigeant de l’assurance pour prendre la tête des Bourses européennes
David Knibbe dirige NN Group depuis 2019 et a travaillé auparavant dans différentes fonctions de direction chez NN et ING. Son parcours est marqué par la conduite d’activités financières réglementées et par des projets de transformation technologique. C’est cette expérience que le conseil de surveillance d’Euronext met en avant pour justifier son choix.
La transition s’organise aussi chez son employeur actuel. Dans un communiqué publié le même jour, NN Group indique que Knibbe quittera l’entreprise le 1er mars 2027. L’assureur prévoit de confier sa direction à Tjeerd Bosklopper, aujourd’hui responsable de ses activités néerlandaises d’assurance dommages, de banque et de technologie. La nomination de ce dernier suivra le calendrier de gouvernance propre à NN Group.
Le défi de l’intégration des marchés de capitaux européens
Ce passage de relais intervient alors qu’Euronext poursuit l’intégration de plusieurs places financières. Le groupe exploite des marchés réglementés notamment en France, aux Pays-Bas, en Belgique, en Italie, en Irlande, au Portugal, en Norvège et en Grèce. Il a renforcé sa présence dans cette dernière avec l’acquisition d’une participation majoritaire dans la Bourse d’Athènes en 2025.
Selon les chiffres publiés par Euronext pour septembre 2026, ses places accueillent plus de 1 800 entreprises cotées, représentant environ 7 000 milliards d’euros de capitalisation. Le groupe indique concentrer 29 % des échanges d’actions au comptant sur les marchés européens. Ces données donnent la mesure de l’infrastructure que son futur dirigeant devra piloter, de la négociation à la compensation et au règlement-livraison.
Le conseil de surveillance inscrit la succession dans la poursuite de la stratégie de croissance et dans le rapprochement des marchés de capitaux européens. Reuters rappelle que Stéphane Boujnah, en poste depuis 2015, a porté plusieurs acquisitions et défendu une intégration accrue des marchés financiers du continent.
Un calendrier précis, mais plusieurs validations à venir
La décision annoncée le 2 novembre constitue une étape de gouvernance : le conseil de surveillance a arrêté son candidat, mais les actionnaires devront encore se prononcer lors de l’assemblée générale du 20 mai 2027. Les autorités de contrôle compétentes et le ministre néerlandais des Finances doivent également donner leur accord.
Pour les entreprises cotées, les intermédiaires financiers et les investisseurs, l’enjeu dépasse le seul changement de dirigeant. La nouvelle équipe héritera d’un opérateur qui cherche à mutualiser davantage ses infrastructures et à accompagner le financement des entreprises à l’échelle européenne. Les choix opérationnels du futur directeur général devront être précisés après sa prise de fonctions, si sa nomination est confirmée.