Abonnements : ces dépenses invisibles qui pèsent sur le budget des Français

Streaming vidéo, musique, e-commerce, cloud ou presse en ligne : les abonnements se multiplient dans le quotidien des Français. Pourtant, derrière cette facilité d’usage, une gestion souvent approximative s’installe. Selon un récent sondage, les abonnements pèsent lourd sur le budget, parfois à l’insu même des consommateurs.

Ade Costume Droit
By Adélaïde Motte Published on 19 janvier 2026 14h52
Abonnements Ces Depenses Invisibles Qui Pesent Sur Le Budget Des Francais
Abonnements : ces dépenses invisibles qui pèsent sur le budget des Français - © Economie Matin

Publié le 14 janvier 2026, un sondage mené par IPSOS pour Sharesub met en lumière une réalité devenue centrale dans la consommation numérique. Les abonnements, désormais omniprésents, échappent fréquemment à un suivi rigoureux. Cette accumulation progressive complique la maîtrise des dépenses, dans un contexte d’inflation persistante et de hausse continue des tarifs.

Abonnements et usages numériques : une accumulation devenue banale

Les abonnements se sont installés durablement dans les habitudes des Français. Selon l’étude IPSOS pour Sharesub, 66 % des répondants sont abonnés à une plateforme de vidéo à la demande, tandis que 41 % paient pour un service de streaming musical. De plus, 31 % disposent d’un abonnement lié à l’e-commerce, selon les mêmes données publiées en janvier 2026. Ainsi, au fil du temps, ils s’empilent sans toujours faire l’objet d’un arbitrage clair.

Par conséquent, cette banalisation entraîne une perte de visibilité sur le budget réel consacré à ce poste. Toujours selon l’étude, les Français estiment leurs dépenses moyennes à 54 euros par mois pour les seuls abonnements de loisirs numériques, hors téléphonie ou assurances. Or, cette estimation repose souvent sur une perception imparfaite, car leur gestion reste largement occasionnelle, selon IPSOS et Sharesub.

Abonnements oubliés : quand le manque de suivi coûte cher

Si les abonnements sont nombreux, leur suivi demeure lacunaire. D’après le sondage IPSOS, 50 % des abonnés ne font le point qu’une fois par an, voire moins. Dans ces conditions, les oublis deviennent fréquents. En effet, 44 % des répondants reconnaissent avoir déjà oublié de résilier et avoir payé inutilement, selon le communiqué publié le 14 janvier 2026.

Ce phénomène contribue à une perception floue du coût réel des abonnements. Comme l’indique l’étude, « la moitié des abonnés indiquent ne faire le point sur leurs abonnements qu’une fois par an, voire moins », selon IPSOS pour Sharesub. Ainsi, sans suivi régulier, ces dépenses deviennent subies, alimentant un sentiment de perte de contrôle budgétaire, particulièrement marqué dans les foyers les plus contraints.

Une pression diffuse mais durable sur le pouvoir d'achat

Au-delà des usages, les abonnements posent une question centrale de pouvoir d’achat. Selon l’étude IPSOS pour Sharesub, les Français estiment à 54 euros par mois leurs dépenses liées aux abonnements de loisirs numériques. Rapportée à l’année, cette somme dépasse 640 euros, sans inclure les abonnements dits utilitaires. Or, cette dépense récurrente progresse souvent sans décision explicite du consommateur.

Dans un contexte de hausse des prix généralisée, cette pression devient plus sensible. D’après les données de l’étude, 56 % des répondants déclarent avoir déjà résilié un abonnement, ou envisager de le faire, en raison de difficultés budgétaires. Ainsi, ce poste, longtemps perçu comme des dépenses marginales, est désormais intégré aux arbitrages financiers du quotidien, au même titre que l’énergie ou l’alimentation.

Asymétrie d’information entre plateformes et consommateurs

Si les abonnements échappent parfois au contrôle, c’est aussi en raison d’une asymétrie structurelle. Les plateformes disposent d’une vision précise des usages, des périodes d’inactivité et des cycles de consommation. À l’inverse, les utilisateurs peinent à centraliser l’ensemble de leurs comptes, souvent dispersés entre plusieurs services et moyens de paiement.

Cette asymétrie favorise l’inertie. Selon l’étude IPSOS, 44 % des Français reconnaissent avoir déjà oublié de résilier un abonnement et avoir continué à payer inutilement. Ce décalage alimente un sentiment de dépense subie. Progressivement, les abonnements ne sont plus choisis pour leur valeur d’usage, mais tolérés par défaut, faute d’outils simples permettant une gestion globale et transparente.

Abonnements sous tension : arbitrages, résiliations et nouvelles stratégies

Face à cette pression financière, les Français adaptent leurs comportements. Selon l’étude, 56 % des répondants déclarent avoir déjà résilié un abonnement ou envisager de le faire pour des raisons budgétaires. Ce chiffre grimpe à 68 % dans les foyers avec enfants, toujours selon IPSOS et Sharesub. Les abonnements deviennent ainsi une variable d’ajustement dans un budget sous tension.

Cependant, la résiliation n’est pas la seule réponse. Toujours selon le sondage, 71 % des répondants considèrent le partage d’abonnements comme une solution pertinente et durable. Par ailleurs, 29 % déclarent pratiquer l’abonnement intermittent, alternant souscription et résiliation selon leurs besoins. Ces stratégies traduisent une évolution des usages : les abonnements restent attractifs, mais leur gestion devient plus tactique, afin d’en limiter le coût.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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