En 2025, le marché de l’emploi ralentit, mais ne s’effondre pas. Derrière la baisse du nombre d’offres, le baromètre Hellowork dessine un paysage plus nuancé, fait d’ajustements prudents, de secteurs toujours porteurs et de tensions persistantes sur certaines compétences clés.
Marché de l’emploi : ce que révèlent les offres en 2025

Le 19 janvier 2026, le baromètre annuel publié par Hellowork apporte un éclairage précis sur l’évolution du marché de l’emploi en France. Après une année 2024 exceptionnelle, l’emploi entre dans une phase de normalisation. Le volume d’offres recule, cependant la dynamique globale reste historiquement élevée, loin des standards d’avant-crise, ce qui impose une lecture fine des chiffres.
Un marché de l’emploi en repli, mais toujours solide selon le baromètre Hellowork
Le marché de l’emploi affiche en 2025 un total de 10,1 millions d’offres publiées, toutes catégories confondues. Certes, ce volume recule de 9,8 % sur un an, mais néanmoins il demeure supérieur à celui observé en 2023. Autrement dit, malgré le ralentissement économique, le marché conserve une base robuste. Cette évolution traduit davantage une gestion prudente des recrutements qu’un coup d’arrêt brutal, selon les données du baromètre Hellowork publié en janvier 2026.
Cette inflexion s’explique par un contexte plus contraint. En effet, le ralentissement de la croissance, les incertitudes géopolitiques et les arbitrages budgétaires pèsent sur les décisions des entreprises. Toutefois, comme le souligne David Beaurepaire, directeur délégué de Hellowork, « 2025 marque une phase d’ajustement logique après plusieurs années exceptionnelles. Le marché de l’emploi reste solide, porté par des besoins structurels forts, notamment dans la santé et les services », selon le baromètre Hellowork du 19 janvier 2026. Ainsi, l’emploi évolue vers un équilibre plus sélectif, sans effondrement de la demande.
Offres d’emploi : des contrats plus prudents sur le marché
Par ailleurs, l’analyse par type de contrat révèle des différences marquées sur le marché de l’emploi. Le CDI recule de 11 % en 2025, avec 4,4 millions d’offres publiées. Cette baisse continue, amorcée dès l’automne 2024, reflète une prudence accrue des employeurs face aux engagements de long terme. De la même manière, les CDD enregistrent un recul de 10 %, pour un total d’environ 1,2 million d’offres, traduisant un recours plus opportuniste aux contrats courts.
En revanche, l’intérim joue pleinement son rôle d’amortisseur sur le marché de l’emploi. Avec 4,2 millions d’offres diffusées, la baisse se limite à 8 %, un repli plus modéré que pour les autres formes de contrats. Cette dynamique confirme que les entreprises privilégient la flexibilité pour absorber les variations d’activité, notamment dans le BTP et certains segments industriels. Enfin, l’alternance décroche plus nettement, avec une baisse de 12 %, conséquence directe de la réforme du financement de l’apprentissage, selon Hellowork.
Cette hiérarchie entre les différents types de contrats révèle une inflexion nette des stratégies de recrutement. En pratique, le marché de l’emploi ne se contracte pas uniformément : il se recompose autour d’un arbitrage entre visibilité économique et besoin opérationnel immédiat. Les entreprises continuent de publier des offres, mais elles limitent leurs engagements dans le temps, en privilégiant les formats les plus ajustables lorsque l’activité reste incertaine. Le repli plus marqué du CDI, comparé à la résistance relative de l’intérim, illustre ainsi un déplacement du risque vers des formes d’emploi plus flexibles. Autrement dit, la prudence observée en 2025 ne traduit pas un désengagement du recrutement, mais une adaptation fine des contrats proposés à un environnement jugé moins lisible à moyen terme.
Marché de l’emploi : santé, services et tensions persistantes
Du point de vue sectoriel, le marché de l’emploi reste largement soutenu par la santé et les services à la personne. Ces deux filières concentrent respectivement 13 % et 12 % des offres hors intérim en 2025, tout en affichant une quasi-stabilité sur un an, avec un recul limité à 0,9 %. Cette résilience s’explique par des besoins structurels durables, liés au vieillissement de la population et aux tensions démographiques.
À l’inverse, d’autres secteurs subissent des ajustements plus sévères sur le marché de l’emploi. Les fonctions RH et formation enregistrent une chute de 33 % des offres, tandis que le marketing et la communication reculent de 30 %. De plus, certaines spécialités de l’ingénierie et de l’industrie marquent le pas. Malgré cela, les tensions de recrutement persistent dans plusieurs domaines clés, notamment la construction, la santé, l’enseignement et l’industrie. Les métiers d’infirmier, d’aide-soignant ou d’aide-ménager figurent toujours parmi les plus recherchés en 2025, selon le baromètre Hellowork.
