Alors que la situation à Gaza continue d’inquiéter la communauté internationale, plusieurs États membres de l’Union européenne envisagent de réévaluer leurs relations avec Israël à la lumière des engagements contractuels et humanitaires. La France s’inscrit dans ce mouvement en soutenant une initiative néerlandaise.
L’accord UE-Israël remis en question : la France soutient l’initiative néerlandaise

Le samedi 11 mai 2025, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a estimé que la demande formulée par les Pays-Bas visant à réévaluer l’accord d’association entre l’Union européenne (UE) et Israël était « légitime ». Cette prise de position intervient alors que l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza est largement entravé et que les critiques à l’encontre de la politique israélienne se multiplient au sein même des partenaires européens.
Israël et l’Union européenne : l’article 2 au cœur du débat
L’article 2 de l’accord d’association signé entre l’Union européenne et Israël en 2000 constitue l’élément central de cette remise en question. Il prévoit que les relations bilatérales reposent sur le respect des droits humains et des principes démocratiques. C’est au nom de cette disposition que le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Caspar Veldkamp, a officiellement saisi la Commission européenne. Dans une lettre rendue publique, il écrit : « Je voudrais demander un examen du respect par Israël de l’article 2 dans les plus brefs délais ».
Interrogé sur cette initiative, Jean-Noël Barrot a exprimé le soutien de la France en déclarant : « C’est une demande qui est légitime et j’invite la Commission européenne à l’instruire ». Il a néanmoins précisé que la France attendait les conclusions de l’évaluation européenne avant de se prononcer sur une éventuelle remise en cause du partenariat.
La situation humanitaire à Gaza comme élément déclencheur
La réaction du chef de la diplomatie française fait écho aux nombreuses alertes émises au sujet de la détérioration rapide de la situation humanitaire à Gaza. Depuis plus de deux mois, l’aide destinée aux populations civiles peine à franchir les frontières du territoire palestinien. Cette inaction a été soulignée par Jean-Noël Barrot qui a affirmé : « Les Palestiniens à Gaza sont affamés, ils sont assoiffés, ils manquent de tout et la bande de Gaza est aujourd’hui au bord du chaos et de l’effondrement de la famine ».
Le ministre a également mentionné l’existence de divergences d’opinion sur cette crise au sein même des communautés traditionnellement alliées d’Israël, indiquant : « On entend, y compris dans la communauté juive, des voix s’émouvoir de cette attitude incompréhensible du gouvernement israélien ».
Un accord conditionné au respect des principes fondamentaux
L’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, en vigueur depuis 2000, encadre la coopération politique, économique et technologique entre les deux partenaires. Mais il repose explicitement sur un engagement réciproque en faveur du respect des droits fondamentaux. C’est précisément cette clause qui est aujourd’hui réévaluée.
Jean-Noël Barrot a rappelé que « les relations entre l’UE et Israël sont basées sur le respect des droits humains et des principes démocratiques ». Il a ajouté : « Voyons l’analyse que fera la Commission européenne du respect ou non par Israël de l’article 2 de cet accord ».
En parallèle, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a proposé le 7 mai d’assister Israël dans l’acheminement de l’aide humanitaire. Jusqu’à présent, cette offre n’a reçu aucune réponse formelle.
Le débat sur l’avenir de l’accord reste donc ouvert. Israël, qui accuse certaines agences de coopération internationale de partialité, propose une distribution de l’aide sous supervision militaire, une démarche vivement critiquée par les Nations unies. L’organisation a rappelé qu’elle « ne participera à aucune opération d’aide qui ne respecte pas [ses] principes humanitaires d’indépendance, d’humanité, d’impartialité ».
