L’ACEA valide l’Industrial Accelerator Act de la Commission européenne, qui vise à porter la part de l’industrie dans le PIB européen de 14% à 20% d’ici 2035. Le plan introduit des critères « Made with Europe » et des clauses de réciprocité commerciale pour les marchés publics.
ACEA : feu vert au plan industriel européen avec critères d’approvisionnement renforcés

L'Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA) vient de publier sa position officielle sur l'Industrial Accelerator Act (IAA), le plan de relance industrielle proposé par la Commission européenne. Le verdict : un soutien franc aux objectifs de relocalisation manufacturière, assorti d'une validation des mécanismes d'approvisionnement bas-carbone et de préférence européenne. L'enjeu affiché : faire passer la part de l'industrie dans le PIB européen de 14% actuellement à 20% d'ici 2035.
Dans son communiqué, l'ACEA réaffirme « le soutien de l'industrie aux objectifs de la proposition visant à protéger la fabrication européenne et à réduire la dépendance envers d'autres régions pour les technologies propres ». Une prise de position qui valide la stratégie de la Commission face aux chocs d'approvisionnement post-pandémie et à la concurrence chinoise et américaine sur le marché des véhicules électriques.
L'ACEA valide les objectifs du plan de relance européen
Un soutien clair au passage de 14% à 20% du PIB industriel
L'objectif chiffré fixé par la Commission représente une augmentation de 6 points de pourcentage du poids industriel européen en neuf ans. À titre de comparaison, la part de l'industrie dans le PIB européen stagnait autour de 15% au début des années 2000 avant de reculer progressivement. Atteindre 20% d'ici 2035 implique un rythme de croissance industrielle supérieur à celui du reste de l'économie, nécessitant des investissements massifs dans les capacités de production.
L'ACEA salue particulièrement la dimension sectorielle du plan. Le secteur automobile européen, qui représente près de 7% du PIB de l'UE et emploie directement 2,6 millions de personnes selon les données 2025 de l'association, se trouve au cœur de la transition vers les technologies zéro-émission. Le soutien apporté aux filières de batteries, d'hydrogène et de composants électroniques répond directement aux besoins exprimés par les constructeurs face à la domination asiatique sur ces segments.
Trois domaines d'intervention : les secteurs clés visés
La proposition s'articule autour de trois domaines prioritaires. Premier axe : les industries énergo-intensives (acier, ciment, aluminium), qui bénéficieront de critères d'approvisionnement bas-carbone dans l'attribution des aides publiques. Deuxième volet : les technologies zéro-émission, incluant batteries, panneaux solaires, éoliennes et électrolyseurs. Troisième pilier : les secteurs de défense et spatial, considérés comme stratégiques pour l'autonomie européenne.
Selon les analyses du cabinet McKinsey publiées en juin 2026, ces trois secteurs représentent ensemble environ 40% des émissions industrielles européennes et mobilisent près de 180 milliards d'euros d'investissements annuels. La Commission prévoit d'élargir ultérieurement le champ d'application à la chimie et aux plastiques biosourcés, deux filières où l'Europe conserve une avance technologique.
Le concept clé : 'Made with Europe' plutôt que protectionnisme
Approvisionnement bas-carbone et critères de sélection
L'IAA introduit une distinction majeure : les critères de préférence européenne relèvent du « Made with Europe » plutôt que du « Made in Europe ». Concrètement, un produit assemblé en Europe avec des composants importés pourra bénéficier des aides publiques, à condition que ces composants proviennent de pays ayant conclu des accords commerciaux avec l'UE. Une approche pragmatique qui reconnaît l'intégration des chaînes de valeur mondiales.
Les critères d'approvisionnement bas-carbone s'appuient sur une méthodologie d'empreinte carbone calculée sur l'ensemble du cycle de vie. Pour l'acier, par exemple, le seuil d'émission maximal pourrait être fixé à 1,4 tonne de CO2 par tonne d'acier produit, contre une moyenne européenne actuelle de 1,85 tonne selon les données d'Eurofer. Les fournisseurs devront documenter leurs émissions via des certificats vérifiés par des organismes tiers accrédités.
