L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime qu’il faudra au moins deux ans pour retrouver toute la production perdue depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Énergie : il faudra « deux ans » pour récupérer la production perdue, prévient l’AIE

La production d’énergie perdue mettra du temps à être récupérée, prévient l’AIE
L’estimation avancée par l’AIE repose sur une analyse approfondie des capacités actuelles de production d’énergie dans la région. Selon elle, il faudra près de deux ans pour revenir aux niveaux observés avant les perturbations. Ce délai s’explique par la complexité du système énergétique. En effet, la production ne dépend pas uniquement de l’état des infrastructures. Elle repose également sur la fluidité des échanges, la stabilité des routes maritimes et la confiance des acteurs économiques.
Dans ce contexte, l’AIE souligne que « le retour à la normale de la production d’énergie sera très long, même après la réouverture du détroit d’Ormuz », selon son directeur Fatih Birol. Cette précision met en évidence un phénomène souvent sous-estimé : la reprise logistique ne suit pas immédiatement la levée des blocages. Ainsi, même en cas de normalisation rapide de certaines zones stratégiques, l’ensemble du système mettra du temps à se rééquilibrer.
Si les tensions ont provoqué des interruptions visibles, leurs conséquences les plus durables sont souvent moins apparentes. Les infrastructures énergétiques ont été mises sous pression, parfois endommagées, mais surtout désorganisées dans leur fonctionnement quotidien. Par conséquent, la reprise nécessite bien plus qu’un simple redémarrage. Les installations doivent être inspectées, réparées et réintégrées dans un réseau global cohérent. Ce processus implique des délais techniques incompressibles, même en cas de réouverture complète du détroit d’Ormuz, par exemple.
Énergie : un impact durable sur les marchés mondiaux
Le ralentissement de la production d’énergie au Moyen-Orient se répercute immédiatement sur les marchés internationaux. La région étant un fournisseur essentiel, toute baisse de capacité se traduit par des tensions sur l’offre. De fait, cette situation pourrait maintenir les prix de l’énergie à des niveaux élevés pendant une période prolongée. L’instabilité reste un facteur dominant, alimentée par les incertitudes sur le rythme de reprise.
Face à cela, les pays importateurs adaptent leur stratégie. Ils cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement et à réduire leur dépendance. Cette évolution, déjà engagée, s’accélère sous l’effet des contraintes actuelles. Cependant, ces ajustements ne suffisent pas à compenser pleinement les perturbations. Les stocks stratégiques offrent une solution temporaire, mais leur utilisation prolongée pose des limites évidentes. Concrètement, les prix à la pompe devraient donc rester élevés dans les prochains mois. Retrouver un prix au litre à des niveaux d’avant-guerre au Moyen-Orient sera très compliqué.
