En 2026, La Poste renforce massivement son plan de recrutement en alternance, avec l’ouverture de 3.700 postes destinés à des jeunes en formation, du CAP au Bac +5, sur l’ensemble du territoire. Cette initiative illustre l’ambition du groupe postal de soutenir l’emploi, la professionnalisation des jeunes et l’adéquation entre formation et besoins des métiers, dans un contexte de transformation continue de ses activités.
Alternance : près de 4.000 recrutements annoncés par La Poste

Le groupe La Poste se mobilise pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et répondre à des besoins croissants en compétences opérationnelles et numériques. Pour l’année 2026, il annonce l’ouverture de 3.700 postes en alternance répartis dans de nombreux métiers et régions, allant des fonctions historiques de distribution et logistique aux métiers du numérique, de la banque, et des fonctions support.
La Poste renforce son recrutement en alternance en 2026
Pour 2026, La Poste prévoit d’accueillir 3.700 alternants sur l’ensemble du territoire. Les postes concernent plus de 180 métiers et couvrent l’ensemble des branches du groupe : services courrier-colis, logistique, banque, numérique, ressources humaines, fonctions support et management.
Selon le communiqué officiel du groupe, ces recrutements en alternance s’adressent à des candidats préparant des diplômes allant du CAP au Bac +5. L’objectif affiché est double : répondre aux besoins en compétences du groupe et favoriser l’insertion professionnelle des jeunes partout en France.
La Poste s’appuie notamment sur son réseau de centres de formation dédiés, Formaposte, qui permettent d’articuler formation théorique et immersion en entreprise. Cette organisation favorise l’acquisition de compétences opérationnelles dans des métiers en évolution constante, notamment sous l’effet de la transformation numérique et de la croissance des activités colis.
Alternance : une dynamique forte jusqu’en 2024 selon la Dares
Pour comprendre l’importance de cette annonce, il faut la replacer dans le contexte national de l’apprentissage.
D’après les données publiées par la Dares, le service statistique du ministère du Travail, 889.400 contrats d’apprentissage ont débuté en 2024, soit une hausse d’environ 4% par rapport à 2023. Fin 2024, la France comptait environ 1,05 million d’apprentis en cours de contrat, un niveau historiquement élevé.
Ces chiffres confirment que l’apprentissage a connu une progression soutenue ces dernières années. La réforme de 2018 et les dispositifs de soutien public ont fortement contribué à cette montée en puissance, notamment dans l’enseignement supérieur.
L’apprentissage ne concerne plus seulement les métiers manuels ou techniques : il s’est largement développé dans les formations post-bac, en gestion, commerce, informatique ou finance. Cette diversification explique en partie l’augmentation du nombre total de contrats observée jusqu’en 2024.
L’apprentissage marque le pas en 2025
Les premières données disponibles pour 2025 indiquent toutefois un ralentissement. Selon la Dares, 812.000 contrats d’apprentissage avaient débuté à fin novembre 2025, soit une baisse de -4,7% sur un an. Ce recul concerne à la fois les formations du secondaire et celles de l’enseignement supérieur.
Ce tassement intervient dans un contexte économique plus incertain. D’après l’Insee, l’emploi salarié dans le secteur privé a légèrement reculé en 2025. Dans ses notes de conjoncture, l’institut souligne que la dynamique de l’emploi marque le pas, ce qui peut mécaniquement peser sur les nouvelles entrées en alternance.
Pour autant, il ne s’agit pas d’un effondrement du dispositif : les volumes restent nettement supérieurs à ceux observés avant la réforme de 2018. L’apprentissage demeure un pilier structurant de la politique d’emploi des jeunes.
Une insertion professionnelle variable selon le niveau de diplôme
Les dernières données consolidées publiées par l’Insee, dans le cadre des dispositifs InserJeunes et InserSup, montrent que l’efficacité de l’alternance en matière d’insertion professionnelle dépend fortement du niveau de qualification obtenu. Ces résultats portent sur des cohortes sorties de formation en 2021 et 2022, les données plus récentes n’étant pas encore consolidées en raison des délais nécessaires au traitement statistique des sources administratives.
Selon ces publications, le taux d’emploi six mois après la fin d’un contrat d’apprentissage peut approcher 75% à 80% pour certains diplômés de licence professionnelle ou de master en apprentissage. À l’inverse, pour les titulaires d’un CAP, le taux d’insertion à six mois est nettement plus faible, avec des écarts sensibles selon les spécialités de formation.
Ces écarts illustrent une réalité structurelle : l’alternance constitue un levier reconnu d’accès à l’emploi, mais ses effets varient selon le niveau de diplôme et le domaine étudié. Cette diversité des trajectoires éclaire la stratégie de groupes comme La Poste, qui proposent des parcours allant du CAP au Bac +5, couvrant à la fois des métiers opérationnels et des fonctions d’encadrement ou d’expertise.
Une stratégie d’emploi ancrée dans les territoires
Avec 3.700 postes ouverts en 2026, La Poste maintient un niveau d’engagement significatif, dans un contexte où certaines entreprises ajustent leurs volumes de recrutement.
Le groupe, présent sur l’ensemble du territoire, utilise l’alternance comme outil de renouvellement des compétences et de transmission des savoir-faire. Les métiers de facteur, agent logistique, conseiller bancaire ou encore gestionnaire RH figurent parmi les postes proposés.
Dans un environnement marqué par la transformation des usages (essor du e-commerce, évolution des services financiers, digitalisation des processus), la montée en compétences des jeunes recrues devient un enjeu stratégique.
