Le gouvernement belge évite pour l’instant la chute après le refus de la démission de son Premier ministre, le 6 novembre. Les cinq partis de coalition doivent reprendre leurs discussions sur un redressement budgétaire de plusieurs milliards d’euros.
Belgique : le roi refuse la démission de Bart De Wever, le budget reste à négocier

La Belgique évite une crise gouvernementale immédiate, mais pas son problème budgétaire. Vendredi 6 novembre 2026, le roi Philippe a refusé la démission présentée par le Premier ministre Bart De Wever et lui a demandé de reprendre les négociations avec les cinq partis de sa coalition.
Le chef du gouvernement devra rendre compte de l'avancement des discussions le 16 novembre. Cette décision, rapportée notamment par Reuters, ne constitue pas un accord sur le budget 2027.
Dix milliards d'euros au cœur du désaccord
Les partenaires de la majorité cherchent à s'entendre sur un effort d'environ 10 milliards d'euros pour stabiliser les finances publiques. Le conflit oppose notamment les partisans de réductions de dépenses à ceux qui souhaitent accroître certaines recettes fiscales.
Le blocage avait conduit Bart De Wever à proposer sa démission le 2 novembre. Les consultations menées par le souverain ont finalement permis d'obtenir des engagements de poursuite du dialogue, sans lever les divergences sur les mesures à adopter.
La Commission européenne prévoit, selon les chiffres rapportés par Reuters, une dette publique belge représentant environ 110,5 % du PIB en 2026 et un déficit de 5,2 %. Ces projections soulignent l'ampleur de la difficulté, mais ne préjugent pas du contenu du compromis à venir.
Les marchés suivent la négociation
La tension budgétaire intervient alors que les rendements des obligations souveraines belges ont augmenté ces derniers mois. Reuters relevait un rendement à dix ans d'environ 4,25 % vendredi, contre 3,50 % quatre mois plus tôt. Un rendement plus élevé peut renchérir progressivement le coût des nouveaux emprunts de l'État, sans modifier instantanément toute sa dette existante.
La décision du roi réduit à court terme le risque de nouvelles élections. Elle ne garantit cependant ni l'adoption du budget ni une détente durable des marchés.
Pour les observateurs français, la situation offre un point de comparaison entre deux pays voisins de la zone euro confrontés à des contraintes de dette et de déficit. Elle ne signifie pas que les choix fiscaux belges seront reproduits en France.
La prochaine étape est désormais fixée au 16 novembre, date du nouveau compte rendu au souverain. D'ici là, les cinq partenaires devront transformer leur volonté de poursuivre les discussions en mesures chiffrées et acceptables pour chacun.