Les brevets restent l’un des indicateurs majeurs de l’innovation économique. En France, leur géographie révèle aussi une forte concentration territoriale. Selon les dernières données publiées par l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), certaines régions dominent largement le classement national des dépôts. Entre grandes métropoles industrielles, pôles technologiques et clusters universitaires, cinq régions concentrent l’essentiel des brevets déposés par les entreprises.
Brevets : le Top 5 des régions françaises les plus innovantes

Une dynamique nationale de brevets portée par quelques grandes régions
Le 3 mars 2026, l’Institut national de la propriété industrielle a publié son nouveau palmarès des déposants de brevets pour l’année 2025. Cette étude confirme le dynamisme de l’innovation française, mais aussi sa forte concentration territoriale. Selon les données officielles, 16 807 demandes de brevets ont été enregistrées en France en 2025, soit une hausse de 8,7 % en un an, ce qui ramène l’activité à un niveau comparable à celui observé avant la pandémie.
Les grandes entreprises industrielles continuent de jouer un rôle moteur dans ce paysage. Le classement des déposants illustre cette concentration sectorielle. Stellantis arrive en tête avec 1 294 demandes de brevets, devant Safran avec 1 266 dépôts et Renault Group avec 746, selon les chiffres du palmarès publiés par l’INPI. Dans son communiqué officiel, l’institut rappelle d’ailleurs que « Stellantis et Safran conservent respectivement la 1ère et 2e place, confirmant la stabilité des leaders industriels français ».
Cependant, derrière ces champions nationaux, la géographie des brevets révèle une réalité plus structurelle. Les dépôts se concentrent dans quelques territoires où se combinent industrie, recherche publique et clusters technologiques. Cette concentration explique en grande partie les écarts de compétitivité observés entre les régions françaises.
Brevets : l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes dominent le classement des régions
Sans surprise, l’Île-de-France occupe très largement la première place du classement régional des brevets. La région concentre 49,7 % des demandes de brevets déposées en France, selon les statistiques de l’INPI. Cette domination s’explique par la présence de nombreux sièges de grandes entreprises, mais aussi par un écosystème dense de laboratoires publics, de start-up technologiques et de pôles de compétitivité.
La deuxième place revient à Auvergne-Rhône-Alpes, qui représente 18,2 % des dépôts de brevets, toujours selon les données de l’INPI. La région bénéficie notamment de puissants pôles industriels autour de Lyon et de Grenoble. Ce dernier territoire illustre particulièrement cette dynamique d’innovation. Plusieurs acteurs locaux figurent ainsi parmi les principaux déposants nationaux. L’Université Grenoble Alpes, par exemple, s’impose comme l’un des centres majeurs de recherche technologique. L’établissement rappelle avoir déposé 3 348 brevets entre 2000 et 2020, un volume qui « la positionne à la première place des universités européennes en matière de dépôts de brevets », selon l’étude citée par Place Gre’net.
Cette concentration s’explique aussi par la spécialisation industrielle de ces territoires. L’automobile, l’aéronautique ou encore les semi-conducteurs représentent des secteurs fortement utilisateurs de propriété industrielle. Or, ces filières sont particulièrement implantées dans ces régions.
Brevets : Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et PACA complètent le Top 5
Derrière ces deux locomotives, plusieurs régions tirent leur épingle du jeu grâce à des écosystèmes d’innovation spécialisés. L’Occitanie se classe troisième, avec 5,8 % des dépôts de brevets, selon les statistiques régionales de l’INPI. La région bénéficie notamment du cluster aéronautique toulousain et d’un effort de recherche particulièrement élevé. L’Occitanie se distingue d’ailleurs par un niveau d’investissement en R&D supérieur à la moyenne nationale, ce qui renforce sa capacité à produire des brevets.
La Nouvelle-Aquitaine arrive ensuite avec 3,9 % des dépôts de brevets. Bordeaux et son environnement universitaire jouent un rôle central dans cette dynamique, notamment dans les domaines de la santé, de l’énergie et de l’électronique. Les universités et organismes publics de recherche contribuent fortement à cette production de propriété industrielle, confirmant l’importance de la recherche académique dans l’écosystème français de brevets.
Enfin, la Provence-Alpes-Côte d’Azur complète ce Top 5, avec 3,5 % des demandes de brevets. La région bénéficie d’un tissu technologique structuré autour de Sophia Antipolis, souvent présenté comme l’un des principaux pôles européens d’innovation numérique et scientifique. Les entreprises de haute technologie y côtoient des laboratoires publics et des centres de recherche privés, créant un environnement favorable au dépôt de brevets.
Ces cinq régions concentrent ainsi l’essentiel de l’activité française en matière de propriété industrielle. Cette géographie confirme un phénomène bien connu : la capacité à déposer des brevets dépend largement de la densité industrielle, du niveau de recherche et de la présence d’écosystèmes d’innovation.
Dans ce contexte, la compétition entre territoires reste vive. Les stratégies régionales d’innovation cherchent désormais à renforcer la valorisation de la recherche, à soutenir les start-up technologiques et à encourager les entreprises à protéger leurs inventions par des brevets.