Pendant que les députés s'emploient à vider le budget 2027 de ses maigres économies, les marchés financiers internationaux observent la France avec une inquiétude croissante. Entre un contre-budget RN qui taxerait les entrepreneurs et une assemblée qui refuse toute rigueur, le pays joue avec le feu. Et cette fois, l'incendie pourrait venir de loin.
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Part de la dette française potentiellement détenue par des investisseurs américains, qui suivent désormais nos finances publiques avec une attention alarmée.
Les marchés ont déjà rendu leur verdict
Force est de constater que la France a un problème que nos élus semblent encore refuser de regarder en face : elle vit à crédit depuis des décennies, et ses créanciers commencent à perdre patience. La presse américaine — pas réputée pour s'intéresser aux affaires hexagonales — tire la sonnette d'alarme sur l'instabilité budgétaire française. Les marchés obligataires, eux, ont déjà tranché : la tension sur notre dette est réelle, palpable, et le spread avec l'Allemagne ne cesse de se creuser.
Ce signal devrait provoquer un électrochoc dans les couloirs du Palais Bourbon. Il n'en est rien. La commission des finances de l'Assemblée nationale a au contraire choisi cette semaine de supprimer les économies prévues par le gouvernement sur les retraites, les indemnités de licenciement et les arrêts maladie. Des économies certes insuffisantes — quelques centaines de millions d'euros à l'échelle d'un déficit abyssal — mais symboliquement cruciales. En les effaçant d'un revers de main, nos députés envoient un message dévastateur aux investisseurs : la France est incapable de se réformer.
1 076 suppressions de postes : le mirage de la rigueur
Le gouvernement, lui, essaie de sauver les apparences. Il annonce fièrement la suppression de 1 076 équivalents temps plein dans la fonction publique en 2027. Permettez-moi d'être direct : c'est une goutte d'eau dans l'océan, et même cette goutte mérite d'être regardée de près. Car derrière ce chiffre se cache une réalité bien moins flatteuse — le nombre total d'agents publics continue, lui, d'augmenter. On supprime ici, on embauche là, on déplace des effectifs entre ministères et opérateurs, et au bout du compte, la facture pour le contribuable reste identique, voire s'alourdit.
Je pense sincèrement que nos décideurs ont perdu le sens des proportions. En Allemagne, la coalition gouvernementale a imposé des coupes budgétaires douloureuses mais assumées. En Suisse, le frein constitutionnel à l'endettement interdit structurellement ce genre de dérive. Aux Pays-Bas, la dépense publique est pilotée avec une rigueur que nous regardons de loin, avec une admiration mêlée d'impuissance. Et nous ? Nous jouons au jeu de la rigueur cosmétique pendant que la dette file vers 115% du PIB.
La taxe RN sur les étrangers : le mauvais remède au mauvais mal
Et comme si la situation n'était pas suffisamment préoccupante, le Rassemblement national a présenté son contre-budget, incluant une taxe de 1 000 euros par embauche d'un travailleur extra-européen. Sur le fond, l'intention politique se comprend. Sur la forme économique, c'est une catastrophe annoncée.
Dans un pays qui manque déjà cruellement de main-d'œuvre dans la restauration, le BTP, la logistique ou la santé, pénaliser fiscalement l'embauche est exactement le contraire de ce dont nos entreprises ont besoin. Les entrepreneurs, déjà écrasés par les charges sociales les plus élevées d'Europe, n'ont pas besoin d'une taxe supplémentaire — quelle que soit son étiquette idéologique. Ils ont besoin qu'on leur fasse confiance pour gérer leurs recrutements.
La France brûle budgétairement. Nos élus, toutes tendances confondues, apportent de l'essence. Les marchés, eux, ont déjà sorti les extincteurs. La question est : attendrons-nous qu'ils s'en servent pour réagir ?

