Cactus de la consommation 2025 : voici les entreprises épinglées en 2025

Modèles d’affaires fondés sur la pression commerciale, externalisation des coûts environnementaux, affaiblissement des contrôles de qualité, transfert des risques vers les clients… : en 2025, certaines entreprises ont encore eu un comportement désobligeant vis-à-vis des consommateurs.

Anton Kunin
By Anton Kunin Published on 2 janvier 2026 5h46
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Cactus de la consommation 2025 : voici les entreprises épinglées en 2025 - © Economie Matin
38 millionsDepuis le lancement de la gamme Pixel en 2016, Google a vendu environ 38 millions de ces smartphones.

Shein, symbole d’un modèle à haut rendement et à haut risque

Le magazine 60 millions de consommateurs vient de dévoiler son palmarès annuel des Cactus de la consommation. Le Cactus d’or 2025 décerné à Shein illustre parfaitement une stratégie économique fondée sur l’ultra-volume, la rotation rapide des stocks et une compression extrême des coûts. Toutefois, cette efficacité apparente masque un coût économique réel pour la collectivité et les consommateurs.

Shein a été sanctionné par 40 millions d’euros d’une amende pour tromperie sur les promotions, en raison de réductions de prix artificielles, ainsi que par 150 millions d’euros infligés par la CNIL pour non-respect des règles sur les cookies. Ces montants, loin d’être anecdotiques, traduisent une stratégie de contournement réglementaire intégrée au modèle économique, où les sanctions sont absorbées comme des charges d’exploitation.

D’un point de vue macro-économique, ce type de fonctionnement crée une distorsion de concurrence. Les entreprises respectant les normes européennes supportent des coûts de conformité élevés, tandis que des acteurs comme Shein bénéficient d’un avantage prix immédiat, notamment à Noël. À terme, cette dynamique fragilise les filières locales, réduit l’investissement productif en Europe et renforce une dépendance aux importations à bas coût.

L'industrie automobile, un secteur pénalisé par ses propres défaillances

Le Cactus d’argent attribué aux constructeurs automobiles met en lumière les conséquences économiques de choix industriels contestables. L’affaire des airbags Takata, toujours en cours, a déjà causé 18 morts et 25 blessés graves en France. À ces drames humains s’ajoutent des coûts économiques considérables : rappels massifs, immobilisation de véhicules, contentieux judiciaires et perte de confiance des consommateurs.

En parallèle, les systèmes de freinage automatique défaillants, responsables de freinages intempestifs, illustrent une industrialisation trop rapide de technologies encore imparfaites. Dans un secteur clé pour l’économie européenne, ces dysfonctionnements pèsent lourdement sur la valeur des marques et sur la rentabilité à long terme. Ils montrent que la recherche de marges et d’innovations rapides peut se retourner contre les industriels lorsque la qualité et la sécurité ne suivent pas.

Grande distribution et guerre des prix : E.Leclerc face au paradoxe économique

Avec le Cactus de bronze 2025, E.Leclerc se retrouve au cœur d’un débat économique central : celui de la guerre des prix. L’enseigne, championne du pouvoir d’achat, est critiquée pour des manquements sur la qualité et l’étiquetage de certains produits, notamment des références Eco+ contenant des hydrocarbures aromatiques d’huile minérale ou des résidus de pesticides.

Sur le plan économique, ces dérives illustrent les limites d’un modèle fondé quasi exclusivement sur le prix bas. Cette compression des coûts peut conduire à des arbitrages défavorables à la qualité, transférant le risque sanitaire vers le consommateur. À moyen terme, ce type de stratégie peut fragiliser la confiance, élément clé de la relation économique entre distributeur et client. Or, la confiance est un actif immatériel déterminant dans un contexte inflationniste où les ménages arbitrent de plus en plus leurs dépenses.

Économie verte et promesses non tenues : quand le marketing devance la valeur réelle

Plusieurs « Cactus » secondaires révèlent une autre dérive économique : la valorisation excessive de produits présentés comme écologiques ou innovants, sans bénéfice réel. Le Cactus du pollueur, attribué à Bio-ethic, qui prétend qu’un encens vendu comme naturel peut multiplier par 2,5 la concentration de substances toxiques dans l’air intérieur après combustion.

De même, le Cactus de l’illusion sanctionne des filtres à eau naturels, vendus entre 25 et 45 euros, incapables de filtrer nitrates et polluants. Ces cas illustrent un phénomène économique bien connu : l’asymétrie d’information. Les consommateurs paient un surcoût pour une promesse environnementale ou sanitaire qui n’est pas tenue, ce qui fausse la valeur réelle du produit.

Obsolescence, pression commerciale et marchés captifs

Le Cactus de l’obsolescence, décerné à Google, met en évidence un autre mécanisme économique : la réduction artificielle de la durée de vie des biens. Les mises à jour ayant limité l’autonomie de certains smartphones Pixel 4a et 6a illustrent une stratégie où le renouvellement accéléré stimule les ventes, mais au détriment du pouvoir d’achat.

Dans la même logique, le Cactus de la pression attribué à Babyvista révèle comment certaines entreprises exploitent des situations émotionnelles, notamment en maternité, pour maximiser leurs marges. Ces pratiques reposent sur des marchés captifs, où le consentement économique du consommateur est fragilisé.

Enfin, le Cactus de l’aberration remis à Pranarōm, pour un roll-on prétendument coupe-faim destiné aux enfants, souligne les dérives d’un marché du bien-être en forte croissance, où la régulation peine à suivre l’innovation marketing.

Face aux entreprises peu délicates, le consommateur trinque

À travers les Cactus de la consommation 2025, 60 millions de consommateurs dresse un constat économique sévère. Modèles à bas coût, innovations mal maîtrisées, promesses environnementales exagérées et pression commerciale excessive convergent vers un même résultat : une dégradation de la valeur réelle pour le consommateur.

Derrière ces distinctions se pose une question centrale pour l’économie française et européenne : comment concilier croissance de la consommation, compétitivité des entreprises et protection effective des ménages ? Les Cactus 2025 rappellent que sans régulation efficace et sans information claire, le coût final est rarement assumé par les entreprises, mais bien par les consommateurs eux-mêmes.

Anton Kunin

Après son Master de journalisme, Anton Kunin a rejoint l'équipe d'ÉconomieMatin, où il écrit sur des sujets liés à la consommation, la banque, l'immobilier, l'e-commerce et les transports.

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