Le spécialiste du cœur artificiel Aeson, Carmat, a reconnu qu’il ne tiendrait pas jusqu’à la fin du mois sans financement. La société n’a recueilli que quelques milliers d’euros depuis le lancement d’une campagne de dons le 20 juin. Pendant ce temps, l’action s’effondre en Bourse et les analystes anticipent une sortie de cote. Une issue dramatique pour un projet qui se voulait pionnier.
Carmat risque la faillite et lance un appel aux dons pour survivre

Carmat en mode survie
Fin avril 2025, Carmat sonnait déjà l’alerte. Sa trésorerie ne lui permettrait de fonctionner que jusqu’à la mi-juin. Une date fatidique désormais dépassée. Le 20 juin, la société a confirmé ne pas avoir obtenu les fonds espérés et a annoncé être dans l’impossibilité de faire face à ses échéances si un montant de 3,5 millions d’euros n’était pas mobilisé d’ici à la fin du mois.
L’ultime recours ? Une campagne de dons, lancée dans la précipitation. Le concepteur du cœur artificiel Aeson avait annoncé qu’il manquerait de liquidités aux alentours de la mi-mai. Cette date étant désormais dépassée, la société alerte sur un risque imminent de cessation de paiements d’ici la fin juin si elle ne parvient pas à réunir 3,5 millions d’euros. Dans l’urgence, elle a donc décidé de faire appel aux dons pour tenter de poursuivre ses activités.
Des besoins colossaux pour éviter la cessation de paiements
À ce jour, la collecte initiée sur la plateforme participative onparticipe.fr a permis de rassembler... 8 271 euros. Une somme dérisoire au regard des 3,5 millions exigés en urgence. Et la suite est tout aussi préoccupante : l’entreprise doit réunir 8 millions d’euros d’ici fin juillet, 4 millions supplémentaires pour tenir jusqu’à fin septembre, et encore 8 millions pour survivre au quatrième trimestre.
Soit un total de 20 millions d’euros à réunir avant 2026. Derrière l’échec financier, un constat sévère : la ligne de crédit de 9 millions d’euros octroyée fin mars par Iris Capital n’aura été qu’un cache-misère. Oddo BHF avait déjà jugé qu’il ne s’agissait que d’un « bridge », autrement dit une béquille provisoire, incapable de porter l’entreprise sur la durée.
Déroute boursière et crise de confiance
Le lundi 23 juin, les marchés ont réagi avec une brutalité attendue. Le titre Carmat s’est effondré de 60 % dès sa reprise de cotation, après une suspension jusqu’à 10h45. La société a d’ailleurs reconnu « un environnement de financement très dégradé, particulièrement pour les petites et moyennes capitalisations », dans son communiqué officiel.
Chez Invest Securities, le ton était donné dès l’ouverture : « Le titre devrait être lourdement sanctionné en Bourse ce matin », alertaient les analystes dans des propos partagés par TradingSat. Le verdict est tombé en séance. L’action a plongé, annihilant une nouvelle fois les espoirs des porteurs.
