Les chiffres sont tombés et ils piquent. Très fort. En 2025, le chômage a bondi de près de 7 % en France, une envolée spectaculaire que le gouvernement tente d’expliquer, de relativiser ou de diluer dans des effets techniques. France Travail devient le thermomètre d’un marché de l’emploi clairement déréglé.
Le chômage est hors de contrôle : +7 % en 2025

Le 29 janvier 2026, France Travail et la Dares ont publié les statistiques définitives du quatrième trimestre 2025. Le constat est sans appel. Le chômage progresse fortement sur l’ensemble de l’année écoulée. Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité augmente de 6,8 % en un an. La hausse est là, massive, visible et socialement explosive.
Le chômage explose en 2025 sous l’œil impuissant de France Travail
Le chiffre principal ne souffre aucune contestation. Au quatrième trimestre 2025, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité, progresse de 2,6 % en trois mois, selon France Travail et la Dares. Sur un an, la hausse atteint 6,8 %, soit environ 84 200 personnes supplémentaires privées d’emploi, selon les données officielles publiées le 29 janvier 2026. Le chômage franchit ainsi un seuil psychologique, avec plus de 3,34 millions d’inscrits en catégorie A sur le territoire, hors Mayotte.
Certes, expliquent les autorités, il faut ajouter les catégories B et C pour obtenir une vision complète. Et là encore, la situation n’est guère plus rassurante. Au total, près de 5,75 millions de personnes sont inscrites à France Travail et tenues de rechercher un emploi. Le chômage, toutes catégories confondues, progresse de 4,8 % sur un an. C’est une dynamique lourde, persistante, qui s’installe trimestre après trimestre dans l’économie française.
Face à cette dégradation, l’exécutif brandit aussitôt l’argument technique. L’inscription automatique des allocataires du RSA et de certains jeunes en insertion depuis le 1er janvier 2025 aurait gonflé artificiellement les statistiques. Argument exact, mais incomplet. Car même en neutralisant ces effets administratifs, la Dares reconnaît une hausse dite « conjoncturelle » du chômage de 2 % sur le trimestre et de 1,7 % sur un an. En clair, même corrigé, le chômage augmente bel et bien.
Autre indicateur révélateur, celui des radiations administratives. En 2025, leur effondrement est spectaculaire. On comptait environ 45 000 radiations mensuelles au début de l’année. Elles tombent à un peu plus de 2 300 par mois au quatrième trimestre. Moins de contrôles, moins de sorties forcées des listes, donc mécaniquement plus d’inscrits. Le gouvernement y voit un biais statistique. D’autres y voient surtout un aveu d’impuissance de la politique de contrôle, pourtant érigée en pilier de la réforme de France Travail.
Économie en panne et responsabilité politique soigneusement diluée
La question centrale demeure celle des causes. Pourquoi le chômage augmente-t-il aussi fortement en 2025 ? La réponse est d’abord économique. Croissance atone, investissement privé en berne, ralentissement industriel, incertitudes géopolitiques persistantes. Le marché du travail encaisse le choc avec retard, mais il l’encaisse pleinement.
Pourtant, le discours politique reste étonnamment serein. Le gouvernement insiste sur les créations d’emplois passées, sur la résilience supposée du modèle français, sur les effets positifs à venir des réformes structurelles. Mais les prévisions internationales racontent une autre histoire. L’OCDE anticipe un taux de chômage proche de 7,8 % fin 2025, avec un reflux hypothétique en 2026. Autrement dit, le pire n’est peut-être pas encore derrière nous.
La responsabilité politique, elle, est soigneusement diluée. Rarement une remise en cause frontale des choix budgétaires, de la politique de l’offre ou de la réforme de l’assurance chômage. Pourtant, la montée du chômage en 2025 intervient après plusieurs durcissements des règles d’indemnisation et une promesse répétée de plein emploi. L’ironie est cruelle.
