Le patronat propose de revoir en profondeur les règles du chômage, avec une baisse ciblée de l’indemnité après rupture conventionnelle et une dégressivité élargie. Objectif affiché : réaliser jusqu’à 1 milliard d’euros d’économies sur l’assurance chômage en réduisant l’attrait des ruptures conventionnelles.
Chômage : le patronat veut réduire l’attrait des ruptures conventionnelles

Le 17 février 2026, les organisations patronales ont transmis aux syndicats un document détaillant leurs pistes d’économies sur le chômage. Selon BFMTV, « les organisations patronales ont transmis leurs propositions d’économies pour l’assurance chômage, qui incluent une réduction de la durée d’indemnisation après rupture conventionnelle et une extension de la dégressivité des allocations ».
Rupture conventionnelle : une indemnité chômage réduite de 25% ?
Concrètement, le patronat souhaite cibler les salariés ayant signé une rupture conventionnelle et souhaite que la durée d’indemnisation soit diminuée de 25 % pour les demandeurs d’emploi issus d’une rupture conventionnelle. Un salarié ouvrant des droits au chômage après une telle rupture verrait son indemnité versée sur une période plus courte, ce qui réduit forcément le coût pour l’Assurance chômage et le contraint à retrouver plus rapidement un travail.
Cette proposition repose sur un constat avancé par les représentants des employeurs. Les ruptures conventionnelles concerneraient un public « plus jeune, plus qualifié et mieux indemnisé » que la moyenne des allocataires du chômage. Ainsi, pour le patronat, réduire la durée d’indemnité sur ce segment permettrait de générer des économies sans toucher l’ensemble des bénéficiaires.
Derrière cette mesure se joue un débat plus large sur l’usage de la rupture conventionnelle. En effet, ce mode de séparation, créé pour fluidifier le marché du travail, est devenu courant. Or, du point de vue patronal, il peut parfois s’apparenter à une transition organisée vers le chômage, avec une indemnité jugée confortable, calculée à partir du salaire antérieur. C’est précisément ce mécanisme que les organisations souhaitent encadrer plus strictement.
Dégressivité : vers une baisse du montant des allocations ?
Si les ruptures conventionnelles sont le coeur de ses propositions, le patronat veut également renforcer la dégressivité du chômage. Le principe existe déjà pour les hauts revenus. Cependant, les organisations patronales envisagent d’abaisser le seuil de salaire à partir duquel la dégressivité s’applique, afin d’élargir le nombre d’allocataires concernés.
Selon TF1 Info, la Confédération des petites et moyennes entreprises « plaide pour des allocations chômage dégressives ». L’idée est simple : plus la durée d’indemnité s’allonge, plus le montant versé diminue, afin d’inciter au retour à l’emploi et de contenir les dépenses.
Cette orientation s’inscrit dans un contexte budgétaire contraint. En effet, l’assurance chômage, gérée par l’Unédic, doit améliorer son solde. Les discussions entre partenaires sociaux doivent permettre de dégager au moins 400 millions d’euros d’économies. Ce montant constitue l’objectif minimal fixé dans le cadre des négociations en cours. Mais le patronat voit plus large. Selon La Tribune, il vise jusqu’à 1 milliard d’euros d’économies par an sur le chômage.
En toile de fond, le salaire de référence reste central. L’indemnité chômage étant calculée à partir du salaire antérieur, toute modification des paramètres – durée, dégressivité, seuil – a un impact direct sur le montant perçu. Ainsi, abaisser le seuil de salaire déclenchant la dégressivité reviendrait à réduire plus rapidement l’indemnité d’un nombre élargi de bénéficiaires.
Chômage, rupture conventionnelle et dépenses : un bras de fer avec les syndicats
Les propositions patronales ont immédiatement suscité des réactions. En effet, la baisse ciblée de l’indemnité chômage après rupture conventionnelle est perçue par certains syndicats comme une remise en cause d’un dispositif légal encadré alors que les entreprises ne veulent pas faire plus d’efforts pour financer le système. Résultat : La Tribune évoque un « bras de fer » entre syndicats et patronat autour de la dégressivité des allocations et des ruptures conventionnelles.
D’un côté, les organisations patronales mettent en avant la nécessité de maîtriser les dépenses de l’Unédic et d’atteindre au moins 400 millions d’euros d’économies, voire 1 milliard d’euros par an. De l’autre, les syndicats redoutent une baisse généralisée des droits, en particulier pour les salariés ayant négocié une rupture conventionnelle après plusieurs années de salaire stable. Le débat est complexe. Faut-il prioritairement réduire l’indemnité pour équilibrer les comptes, ou maintenir un haut niveau de protection quitte à accepter un déficit temporaire ?
En attendant, une chose est certaine : si les propositions patronales étaient retenues, la durée d’indemnité chômage après rupture conventionnelle pourrait être amputée de 25 %, et la dégressivité s’appliquer à davantage de niveaux de salaire. Moins de droits, donc, mais le même coût pour les salariés qui auront côtisé.
