Chômage : 3,35 millions de Français sans emploi, un record inquiétant

Le chômage en France progresse de 0,9% au troisième trimestre 2026, avec 30 400 demandeurs d’emploi supplémentaires en catégorie A, portant le total à 3,35 millions. Hors effets administratifs de la loi pour le plein emploi, la hausse reste significative (+0,3% trimestriel, +0,9% annuel), dans un contexte de croissance économique quasi nulle (+0,1% de PIB). Les jeunes demeurent les plus touchés, avec un taux de chômage de 21,6%.

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By La rédaction Published on 28 octobre 2026 14h21
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21%Les jeunes paient le prix fort, avec un taux de chômage supérieur à 21%

Alors que le PIB français peine à accélérer (+0,1% au troisième trimestre 2026), le marché du travail envoie un signal inverse : 30 400 demandeurs d'emploi supplémentaires en catégorie A en trois mois. Derrière cette apparente contradiction, une réalité économique complexe. Le ministère du Travail confirme une hausse de 0,9% du chômage de catégorie A sur le trimestre, un mouvement qui interroge la capacité de l'économie française à créer des emplois malgré une croissance positive.

Les chiffres bruts : +0,9% de chômeurs en trois mois

3,35 millions de demandeurs d'emploi sans activité

La France compte désormais 3,35 millions de personnes inscrites à France Travail sans aucune activité professionnelle. L'augmentation trimestrielle de 0,9% représente 30 400 individus supplémentaires qui basculent dans le chômage complet entre juillet et septembre 2026. Un niveau qui marque un point haut depuis plusieurs années et traduit les difficultés persistantes du marché de l'emploi français. La catégorie A regroupe les demandeurs d'emploi tenus de rechercher activement un poste et n'exerçant aucune activité, même partielle. Elle constitue l'indicateur le plus surveillé pour mesurer la santé du marché du travail, car elle reflète la situation des personnes totalement privées d'emploi.

Une augmentation annuelle de 2,1% qui inquiète

Sur un an, la progression atteint 2,1%, soit environ 69 000 demandeurs d'emploi supplémentaires en catégorie A. Cette dynamique annuelle confirme une tendance structurelle de dégradation du marché du travail. La hausse dépasse largement la croissance démographique de la population active, signe que l'économie française ne parvient pas à absorber l'ensemble des personnes en recherche d'emploi. L'évolution annuelle lisse les variations saisonnières et offre une vision plus fiable des tendances de fond. Elle met en lumière un décalage croissant entre l'offre et la demande de travail dans l'Hexagone.

L'effet administratif de la loi pour le plein emploi

Le ministère du Travail souligne un biais méthodologique majeur. Depuis janvier 2025, la loi pour le plein emploi impose l'inscription automatique des allocataires du RSA et des jeunes en parcours d'insertion à France Travail. Une fois ce facteur administratif neutralisé, la hausse trimestrielle du chômage tombe à 0,3%. Le service statistique ministériel précise : « Ces évolutions sont affectées par les effets de la loi pour le plein emploi et ne reflètent donc pas des évolutions conjoncturelles. » L'inscription automatique gonfle mécaniquement les statistiques sans traduire une réelle dégradation du marché du travail. Elle améliore toutefois la visibilité sur les publics éloignés de l'emploi.

La vraie tendance : +0,9% annuel

Sur un an, en neutralisant les inscriptions automatiques, la progression du chômage s'établit à 0,9%. Un chiffre nettement inférieur aux 2,1% bruts, mais qui confirme néanmoins une tendance à la hausse. L'économie française crée des emplois, mais pas suffisamment pour compenser les flux entrants sur le marché du travail. La correction méthodologique révèle une situation moins alarmante que les chiffres bruts, tout en confirmant une fragilité structurelle. La confiance des ménages, au plus bas depuis 2013, pèse également sur la consommation et freine la création d'emplois.

Croissance économique et emploi : un découplage préoccupant

L'économie française affiche une croissance quasi nulle au troisième trimestre 2026, avec une expansion attendue de seulement 0,1% selon l'INSEE et la Banque de France. Après un recul de 0,2% au premier trimestre et une stagnation au deuxième, la France peine à retrouver un rythme de croissance soutenu. Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, résume la situation : « Il n'y a pas de relais de croissance aujourd'hui dans l'économie française, pas de moteur, à part quelques poches comme l'aéronautique ou les data centers. » L'INSEE constate que « relativement à la bonne tenue de ses voisins, l'économie française décroche ». La consommation reste atone, l'industrie ralentit et l'inflation persiste à 3% sur un an, érodant le pouvoir d'achat. Dans un tel contexte, la création nette d'emplois devient insuffisante pour réduire le chômage.

5,85 millions d'inscrits France Travail (catégories A, B, C)

Au total, 5,85 millions de personnes sont inscrites à France Travail en catégories A, B et C, soit l'ensemble des demandeurs d'emploi tenus de chercher un poste, qu'ils exercent ou non une activité réduite. Sur le trimestre, la hausse atteint 0,8%, et 2,4% sur un an. L'élargissement du périmètre des inscrits traduit une précarisation croissante du marché du travail. Les catégories B et C regroupent les personnes en activité partielle, souvent contraintes de cumuler petits boulots et recherche d'emploi stable. Leur progression témoigne de la difficulté à accéder à un emploi à temps plein et durable.

Jeunes 15-24 ans : taux de chômage à 21,6%

Les jeunes demeurent les premières victimes de l'atonie économique. Leur taux de chômage s'établit à 21,6% au deuxième trimestre 2026, soit 2,6 fois la moyenne nationale de 8,3%. Sur le troisième trimestre, le nombre de jeunes sans activité inscrits à France Travail progresse de 2,4%, et de 2% sur un an. L'accès au premier emploi devient un parcours du combattant dans un contexte où les entreprises privilégient les profils expérimentés. Les secteurs traditionnellement pourvoyeurs d'emplois jeunes (commerce, hôtellerie-restauration, services) peinent à recruter massivement. La faible croissance économique réduit les opportunités d'embauche et pousse les jeunes vers des contrats précaires ou des périodes de chômage prolongées.

Seniors 50+ : une stabilité relative (moins 0,1% trimestriel)

À l'inverse, les seniors de 50 ans et plus connaissent une légère décrue du chômage, avec une baisse de 0,1% sur le trimestre et de 0,8% sur un an. Les réformes successives des retraites et les dispositifs d'emploi des seniors portent leurs fruits. Les entreprises conservent davantage leurs salariés expérimentés, valorisant leur expertise dans un contexte de pénurie de compétences dans certains secteurs. La stabilité du chômage senior contraste avec la dégradation observée chez les jeunes et les actifs de 25 à 49 ans. Pour ces derniers, la hausse atteint 3,5% sur un an en catégorie A, révélant une vulnérabilité accrue des actifs en milieu de carrière face aux restructurations et aux mutations économiques.

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