Climat : janvier 2025 établit déjà un record de chaleur

Janvier 2025 s’impose comme le mois le plus chaud jamais mesuré à l’échelle mondiale, une anomalie qui déroute les climatologues. Alors que le phénomène climatique La Niña était censé modérer les températures, la réalité a été tout autre.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 6 février 2025 6h02
Réchauffement climatique : janvier 2025 établit déjà un record de chaleur
Réchauffement climatique : janvier 2025 établit déjà un record de chaleur - © Economie Matin
6,3%En 2022, le PIB mondial a chuté de 6,3% à cause du réchauffement climatique.

Le mois de janvier 2025 restera dans l’histoire comme le plus chaud jamais enregistré… jusqu’à ce qu’un nouveau record ne prenne sa place. Avec une température moyenne 1,75°C supérieure à celle de l’ère préindustrielle, selon le service européen Copernicus, c’est du jamais vu. Un chiffre d’autant plus inquiétant que l’année 2024 avait déjà battu des records de chaleur. Ce nouveau pic thermique défie les attentes des scientifiques qui anticipaient un refroidissement avec l’entrée progressive du phénomène La Niña, connu pour tempérer le réchauffement global. Or, la planète continue de brûler sous l’effet des gaz à effet de serre et d’autres facteurs encore mal compris.

Un record mondial en plein refroidissement : janvier 2025 est déjà une anomalie

La surprise est totale : janvier 2025 aurait dû être plus frais que les mois précédents en raison de la transition climatique vers La Niña. Or, les températures ont au contraire continué leur progression inquiétante.

Données clés du mois de janvier 2025 (source : Copernicus, NOAA)

Indicateur Valeur observée Comparaison historique
Température moyenne globale 13,23°C +0,79°C par rapport à la moyenne 1991-2020
Anomalie thermique par rapport à l’ère préindustrielle +1,75°C Record absolu pour un mois de janvier
Nombre de mois consécutifs au-dessus du seuil de +1,5°C 18 mois Dépasse largement les objectifs de l’Accord de Paris

Cette situation bouscule les modèles climatiques et interroge la communauté scientifique. Comme l’a affirmé Samantha Burgess, directrice adjointe du programme Copernicus Climate Change Service, « nous nous attendions à une stabilisation des températures, mais ce n’est pas ce que nous observons ».

Des causes multiples : gaz à effet de serre, océans trop chauds et effets méconnus

Comment expliquer cette hausse continue, malgré un contexte qui aurait dû favoriser un léger refroidissement ? Plusieurs facteurs sont avancés :

L’effet durable des gaz à effet de serre

Selon Gavin Schmidt, directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA interrogé par la BBC, l’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère reste le moteur principal de ce réchauffement exceptionnel. « Nous continuons d’injecter du CO₂ et du méthane, et la planète emmagasine toujours plus de chaleur », rappelle-t-il.

L’héritage de l’El Niño de 2023-2024

L'année 2024 avait déjà été marquée par un fort épisode El Niño, un phénomène climatique qui provoque un réchauffement des eaux du Pacifique et une augmentation des températures globales. Même si cet épisode s’est dissipé, les océans continuent de libérer de la chaleur accumulée, retardant l’effet refroidissant de La Niña.

Le rôle sous-estimé des aérosols

Une hypothèse avancée par certains climatologues concerne la réduction des aérosols polluants dans l’atmosphère. Historiquement, ces particules avaient un effet refroidissant en réfléchissant une partie du rayonnement solaire. Avec la diminution des émissions industrielles en Chine et dans le transport maritime, cette protection involontaire s’affaiblit.

Record de température en janvier 2025 : quelles conséquences ?

Impact immédiat sur les phénomènes météorologiques

Les températures anormalement élevées de janvier 2025 ont exacerbé des événements climatiques extrêmes à travers le monde :

  • 🌪 Vagues de chaleur précoces en Australie et en Amérique du Sud.
  • 🔥 Saisons des incendies prématurées aux États-Unis et en Europe du Sud.
  • 🌊 Tempêtes tropicales plus puissantes que la normale dans le Pacifique.

Vers un échec des objectifs climatiques ?

L’Accord de Paris vise à maintenir le réchauffement sous 1,5°C d’ici 2100, un seuil désormais franchi pendant 18 mois consécutifs. Selon James Hansen, climatologue et ancien scientifique de la NASA, cet objectif est déjà hors d’atteinte. Il alerte sur une potentielle accélération du réchauffement si des politiques climatiques plus strictes ne sont pas mises en place immédiatement.

Le réchauffement climatique s’accélère… et ce n’est pas une bonne nouvelle

Janvier 2025 marque une rupture inquiétante dans la trajectoire climatique mondiale. Alors que La Niña aurait dû tempérer le réchauffement, la planète continue de battre des records, défiant les prévisions scientifiques. Ce constat illustre une évidence : les effets du changement climatique sont plus rapides et plus puissants que prévu.

Si 2025 devait être une année plus fraîche, il n’en est rien. Une réflexion urgente s’impose sur nos engagements et sur les mesures nécessaires pour éviter un emballement irréversible du climat.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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