Le groupe belge Colruyt se retire du marché français. Intermarché rachète une partie de ses magasins. Mais pour près de 900 salariés, l’avenir reste suspendu à une recherche de repreneurs encore incertaine.
Rachat de Colruyt par Intermarché : 1 000 emplois en danger !

Des supermarchés à vendre, des salariés dans l’attente, et un rachat partiel qui ne suffit pas pour l'instant à sauver près d'un millier d'emplois.
Colruyt : un retrait lourd de conséquences pour les salariés
La décision est tombée le 23 juin 2025, lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire : Colruyt Retail France a confirmé l’entrée en négociations exclusives avec le Groupement Mousquetaires, qui regroupe notamment Intermarché et Netto, pour la reprise de 81 de ses 104 magasins implantés en France. Ce rachat, estimé à environ 215 millions d’euros, prévoit le transfert automatique de 1 319 salariés, comme indiqué dans le communiqué officiel de Colruyt transmis à l’AFP.
Mais derrière cette transaction, la situation reste préoccupante : 24 magasins, dont un n’est pas encore ouvert, ne sont pas inclus dans l’accord de reprise, ce qui pourrait entraîner la suppression de 950 postes. Colruyt précise que le nombre maximal de salariés susceptibles d’être licenciés pour motif économique s’élève à 889.
Ces 24 magasins non repris sont dispersés majoritairement dans le nord-est de la France, une zone historiquement couverte par Colruyt depuis son implantation en 1998. Parmi les points de vente concernés figurent notamment ceux de Troyes, Metz, Mulhouse, Strasbourg ou Sens.
Le siège français de Colruyt, situé à Rochefort-sur-Nenon (Jura), n’est pas non plus concerné par la reprise. 370 salariés y travaillent, auxquels s’ajoutent les 280 employés des trois entrepôts logistiques, également laissés à l’écart de l’accord. Résultat : plus de 650 salariés supplémentaires pourraient eux aussi se retrouver sans solution concrète à ce jour.
Une recherche de repreneurs en urgence… mais sans garanties
Colruyt assure poursuivre « une recherche active de repreneurs complémentaires pour les sites non repris », selon les termes du communiqué transmis à l’AFP. « Plusieurs marques d’intérêt ont été reçues », précise l’entreprise, sans toutefois dévoiler les noms des éventuels candidats.
Les syndicats, eux, dénoncent une démarche précipitée. Le CSE de Colruyt parle d’une « décision incompréhensible et socialement destructrice », soulignant que la direction a engagé la procédure officielle de consultation pour les licenciements le 4 juillet 2025 à 9 heures, au siège jurassien.
Colruyt Retail France l’avait reconnu dès avril 2025 : « malgré d’importants efforts sur la rentabilité de ses activités françaises, les résultats escomptés n’ont pas été atteints », dans un contexte qualifié de « très concurrentiel » sur le marché national de la distribution alimentaire.
Face à des géants comme E.Leclerc, Carrefour ou Système U, le groupe belge n’a jamais vraiment réussi à percer durablement en France. Et ce retrait s’inscrit dans un mouvement plus large de restructuration des enseignes moyennes qui peinent à exister dans un secteur ultra-concurrentiel.
Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est actuellement en cours d’élaboration. Il devra être négocié avec les représentants du personnel dans les semaines à venir. Mais tant que les 24 magasins restants n’auront pas trouvé de repreneur, le spectre de 889 licenciements économiques plane toujours.