Ces comportements qui rendent fous les conducteurs français

Selon une enquête publiée le 28 mai 2025 par la plateforme Roole Média et menée par l’assureur en ligne Leocare, 82 % des automobilistes français reconnaissent adopter une attitude agressive au volant. La palme des comportements les plus insupportables revient au changement de voie sans clignotant, un geste d’une désinvolture exemplaire qui hérisse le poil de 44 % des sondés.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 3 juin 2025 18h30
Ces comportements qui rendent fous les conducteurs français
Ces comportements qui rendent fous les conducteurs français - © Economie Matin

Dans la lignée des incivilités qui enflamment les esprits des conducteurs, et relayées par la plateforme Roole Média, les traditionnelles queues de poisson sont citées par 36 % des participants, suivies de près par le non-respect des distances de sécurité (30 %). Plus bas dans le classement, mais non moins insupportables, on retrouve l’usage intempestif du klaxon (10 %), le squat prolongé de la voie du milieu et le dépassement par la droite. Certaines de ces pratiques, bien que banalisées, sont pourtant passibles de sanctions. Klaxonner sans raison valable ? Une amende de 35 euros. Coller au pare-chocs du véhicule précédent ? Un délit passible de 135 euros et d’un retrait de points. Le problème n’est donc pas l’absence de réglementation, mais bien son application sporadique et l’indifférence généralisée face aux infractions quotidiennes.

Une atmosphère électrique sous le capot

Chaque trajet devient un champ de bataille. Les chiffres du 15ᵉ Baromètre de la conduite responsable, publié fin mai 2025 par la Fondation VINCI Autoroutes en partenariat avec Ipsos, confirment cette tension persistante : 63 % des conducteurs français admettent insulter un autre usager de la route. Ils étaient 67 % en 2024. Même petite érosion pour les coups de klaxon inappropriés, évoqués par 54 % des répondants contre 56 % l’année précédente. Mais si l’agressivité se stabilise, elle n’en demeure pas moins omniprésente.

Pas moins de 87 % des automobilistes déclarent avoir peur du comportement agressif des autres conducteurs. C’est dire si le climat n’a rien de serein. Cette ambiance électrique a un revers, elle engendre un stress chronique, des prises de risques inutiles et un sentiment d’insécurité grandissant, notamment sur les axes très fréquentés. Les embouteillages, la pression des délais et la promiscuité entre véhicules ne font qu’aggraver le cocktail explosif.

"Moi ? Un conducteur dangereux ? Jamais."

L’autre paradoxe de la route réside dans cette extraordinaire capacité des conducteurs français à s’auto-exonérer. À en croire le baromètre VINCI-Ipsos, ils seraient 96 % à se qualifier de « vigilants » (76 %), « calmes » (52 %) et même « courtois » (26 %). Dans le même souffle, ils qualifient les autres de « dangereux », « irresponsables » et « agressifs » à 87 %.

L’objectivité, visiblement, ne fait pas partie de l’équipement standard dans l’habitacle. De nombreuses incivilités au volant disparaîtraient si chaque conducteur appliquait simplement les règles de base du Code de la route. Cette sentence, aussi évidente soit-elle, semble tomber dans l’oubli sitôt le moteur démarré.

Des solutions... douces

Comment désamorcer cette bombe émotionnelle que devient la route française ? En commençant par de petits ajustements. Partir à l’heure, consulter son itinéraire à l’avance, éviter les objectifs d’arrivée trop rigides... autant de gestes simples qui peuvent atténuer l’irritabilité. La musique apaisante joue également un rôle non négligeable. Selon une étude de l’université de São Paulo, les titres « Someone Like You » et « Hello » d’Adele permettraient de réduire sensiblement le stress au volant.

Et surtout, prendre le temps. Faire des pauses régulières, au minimum toutes les deux heures, contribue non seulement à préserver l’attention, mais aussi à faire retomber la pression. Parce qu’après tout, quelle urgence justifie vraiment de se transformer en fauve derrière un volant ?

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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