Les voitures hybrides consomment trois fois plus qu’annoncé

Une vaste étude européenne révèle que la consommation réelle des voitures hybride rechargeables atteint en moyenne près de 6 L/100 km, soit environ 300 % de plus que les valeurs annoncées. Derrière les promesses d’automobile propre et d’écologie, les données embarquées racontent une tout autre histoire.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 23 février 2026 9h11
Malus au poids : l’arme fiscale qui a tué les hybrides rechargeables
Les voitures hybrides consomment trois fois plus qu’annoncé - © Economie Matin
31%La part réelle d’usage électrique se situe dans une fourchette de 27 à 31 % pour les voitures hybrides

Une étude massive sur la consommation de l'automobile hybride

Le 18 février 2026, plusieurs médias ont relayé les résultats d’une étude coordonnée par le Fraunhofer ISI, à partir de données réelles issues du système OBFCM européen. Cette analyse porte sur environ un million de véhicules hybride rechargeables immatriculés entre 2021 et 2023 en Europe.

Dans le détail, la valeur d’homologation WLTP moyenne observée dans l’échantillon se situe entre 1,4 et 1,6 L/100 km, selon ZDFheute. Or, les données réelles collectées à bord des voitures affichent une consommation comprise entre 5,8 et 6,1 L/100 km. L’écart est donc colossal. Il atteint près de 300 % en moyenne, ce que confirme également un Policy Brief publié en février 2026. Un responsable de l’étude, Patrick Plötz, du Fraunhofer ISI, a qualifié ces conclusions de « choc » pour les chercheurs.

Pourquoi la consommation réelle de l’hybride dépasse les promesses ?

Pour comprendre la surconsommation des voitures à motorisation hybride, il faut d’abord analyser le mode d’utilisation réel. Les modèles rechargeables sont conçus pour rouler majoritairement en mode électrique sur de courtes distances. Cependant, selon l’étude, la part réelle d’usage électrique se situe dans une fourchette de 27 à 31 % seulement. En conséquence, le moteur thermique intervient bien plus souvent que prévu. ZDFheute précise en outre qu’en mode de décharge majoritairement électrique, la consommation réelle atteint déjà environ 3 L/100 km. Autrement dit, même lorsque l’hybride fonctionne en priorité sur sa batterie, le moteur essence n’est jamais totalement absent du cycle réel.

Sans surprise, lorsque la batterie est vide ou insuffisamment rechargée, le véhicule bascule en mode thermique continu. Dans ce cas, les données issues de la publication Fraunhofer évoquent une consommation autour de 7,4 L/100 km. L’automobile hybride rechargeable se comporte alors comme un SUV essence lourd, alourdi par sa double motorisation.

Le Handelsblatt explique qu’un quart seulement des trajets quotidiens serait réellement effectué en électrique. De plus, le journal indique qu’un chargement fréquent n’entraîne pas forcément une réduction proportionnelle de la consommation globale. En clair, la promesse écologique dépend fortement du comportement du conducteur.

Voiture hybride : un modèle remis en question

Ces résultats ont un impact direct sur la transition énergétique. En effet, les normes européennes de CO₂ reposent en partie sur les chiffres d’homologation. Or, si l’hybride consomme en réalité près de 6 L/100 km, l’avantage climatique par rapport à une motorisation thermique classique se réduit drastiquement. Patrick Plötz a déclaré, selon ZDFheute, que désormais les autorités peuvent mesurer les données réelles plutôt que de s’appuyer uniquement sur la théorie. Il estime que les constructeurs respectant réellement les seuils sur route devraient être valorisés, tandis que ceux qui ne les respectent pas pourraient être sanctionnés.

De son côté, Michael Müller-Görnert, du VCD, a affirmé que les plug-in hybrides sont « une tromperie ». Cette critique renforce l’idée que l’écologie affichée par l’automobile hybride pourrait être en partie artificielle si le véhicule n’est pas rechargé systématiquement.

Ce que ces chiffres signifient pour l’avenir de l’hybride

L’ampleur des données analysées — environ un million de véhicules — confère une crédibilité particulière à cette étude. Contrairement à des tests isolés, il s’agit ici de données embarquées issues du système OBFCM européen. Ce dispositif, obligatoire depuis 2021, enregistre la consommation réelle des voitures en circulation.

Pour l’automobile hybride, le message est clair. Tant que les conducteurs ne rechargent pas systématiquement leur véhicule et que les trajets dépassent l’autonomie électrique, la consommation s’approche de celle d’un modèle essence traditionnel. Or, beaucoup de PHEV sont lourds et puissants, ce qui accentue encore la dépense énergétique. Le gain écologiquee de l’hybride dépend fortement du profil d’usage. Un conducteur urbain, avec recharge quotidienne, peut rester proche des promesses. En revanche, un usage autoroutier régulier transforme le véhicule en thermique gourmand.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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