Bien plus qu’un simple choix de mode de vie, le fait de se coucher tard pourrait avoir des répercussions graves sur la santé cardiaque. Une vaste étude internationale menée sur plus de 300 000 personnes vient de mettre en évidence un lien inquiétant entre les habitudes nocturnes et une augmentation significative du risque d’AVC et d’infarctus.
Couche-tard : un mode de vie risqué pour le cœur selon une étude récente

Un mode de vie nocturne sous surveillance médicale
Une étude menée conjointement par l’Université de Harvard et l’équipe de la UK Biobank a révélé, le 29 janvier 2026, que les couche-tard réguliers seraient 16 % plus susceptibles de subir un AVC ou un infarctus que les individus au rythme circadien matinal. Ce chiffre, relayé par Doctissimo, s’appuie sur une cohorte de 322 000 participants âgés de 39 à 74 ans suivis pendant 14 ans. « Ce n’est pas comme si les oiseaux de nuit étaient condamnés », a nuancé Sina Kianersi, l’un des auteurs, tout en soulignant l’importance de cette découverte.
Cette recherche, qui met en lien le chronotype tardif avec la santé cardiovasculaire, rejoint les conclusions de plusieurs études antérieures évoquant une altération du métabolisme chez les noctambules. Le fait de dormir tard ne se limite pas à un simple choix de style de vie. Il est lié à une altération du métabolisme. Ces perturbations incluent une hausse de la glycémie, une régulation altérée de la pression artérielle et un profil lipidique plus défavorable. Loin d’être anodines, ces anomalies biologiques pourraient expliquer le surcroît de prévalence de mauvais score cardiaque, 79 % selon l’étude UK Biobank, chez les individus au rythme de sommeil décalé.
Des comportements aggravants chez les noctambules
Le lien entre rythme de sommeil et santé ne s’arrête pas au métabolisme. Les experts s’accordent à dire que les personnes qui se couchent tard cumulent plusieurs facteurs de risque comportementaux. « Les personnes qui ont un rythme circadien décalé souffrent souvent de ce décalage, ce qui signifie que leur horloge biologique interne ne correspond pas au cycle naturel jour-nuit ni à leurs horaires quotidiens habituels », a indiqué Sina Kianersi, docteur en médecine vétérinaire et auteur principal de l'étude, dans des propos rapportés par Doctissimo. Parmi les habitudes problématiques observées, on retrouve une consommation importante de tabac et d’alcool, une alimentation déséquilibrée ainsi qu’un temps de sommeil globalement réduit. Ces comportements, souvent adoptés en fin de journée ou pendant la nuit, viennent perturber davantage les équilibres physiologiques déjà fragilisés par le décalage du rythme biologique.
Ces perturbations ne concernent pas uniquement l’hygiène de vie, mais touchent aussi les rythmes hormonaux, notamment la sécrétion de mélatonine et de cortisol, qui influencent directement le système cardiovasculaire. En cumulant ces éléments, les couche-tard voient leur risque cardiovasculaire s’élever, non seulement en raison de leurs habitudes de sommeil, mais aussi par un ensemble de choix de vie délétères qui les accompagnent. La conjonction de ces facteurs constitue un terrain propice à l’infarctus et à l’AVC, deux pathologies dont la prévention passe par une meilleure régulation des rythmes biologiques.
Un enjeu de santé publique à surveiller
Face à ces constats, les chercheurs appellent à une réévaluation des politiques de prévention cardiovasculaire. Il ne s’agirait plus uniquement de recommander une alimentation équilibrée ou une activité physique régulière, mais aussi d’intégrer la dimension chronobiologique dans les campagnes de santé publique. Le fait que le risque soit particulièrement élevé chez les personnes à chronotype du soir pose la question de l’aménagement des horaires de travail et de la prise en charge des troubles du sommeil. Les données disponibles indiquent que plus l’individu est décalé par rapport à son horloge biologique naturelle, plus son risque cardiovasculaire augmente.
Une telle approche pourrait permettre d’identifier plus tôt les individus à risque et de mettre en place des stratégies de dépistage ciblé. Pour les couche-tard, cela pourrait signifier une prise en charge plus proactive et une sensibilisation accrue aux conséquences invisibles de leur mode de vie. Ces travaux apportent une nouvelle pierre à l’édifice de la médecine préventive. Il est important de considérer le rythme circadien comme un déterminant clé de la santé. Un message qui résonne avec force à l’heure où les pathologies cardiaques restent la première cause de mortalité dans le monde.
