Face à l’explosion des cyberattaques et à la montée des tensions géopolitiques, la France dévoile sa nouvelle stratégie nationale de cybersécurité pour 2026-2030. Un document structurant qui vise à protéger l’économie, renforcer la résilience collective et affirmer une souveraineté numérique devenue stratégique.
Cybersécurité : la France muscle sa stratégie nationale pour 2030

Le 29 janvier 2026, le gouvernement français a présenté sa nouvelle stratégie nationale de cybersécurité, pilotée par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale. Cette feuille de route, qui couvre la période 2026-2030, intervient dans un contexte de multiplication des attaques informatiques touchant aussi bien les entreprises que les services publics. Désormais, la cybersécurité n’est plus seulement un enjeu technique, mais un levier central de compétitivité économique et de souveraineté nationale.
Un cadre structurant pour l’économie française
La nouvelle stratégie nationale de cybersécurité repose sur cinq piliers et quatorze objectifs à atteindre d’ici 2030, selon les documents officiels présentés par le gouvernement le 29 janvier 2026. Elle s’inscrit dans la continuité de la Revue nationale stratégique et vise, avant tout, à renforcer la résilience globale de la France. Ainsi, l’État entend protéger les infrastructures critiques, sécuriser les chaînes de valeur industrielles et réduire la vulnérabilité des entreprises face aux cybermenaces, qui pèsent de plus en plus lourdement sur l’activité économique.
Dans cette logique, la stratégie nationale de cybersécurité assume clairement une dimension économique. Selon le communiqué officiel du ministère de l’Économie publié le 29 janvier 2026, la cybersécurité est désormais considérée comme « un enjeu déterminant pour l’avenir des entreprises et la souveraineté économique du pays », a déclaré Roland Lescure, ministre de l’Économie. Autrement dit, la protection numérique devient une condition de la croissance, de la confiance des investisseurs et de la stabilité du tissu productif, notamment pour les PME et les entreprises de taille intermédiaire.
Cybersécurité, entreprises et territoires : prévention, labels et guichet unique
Au cœur de la stratégie nationale de cybersécurité, le gouvernement mise sur une approche plus lisible pour les acteurs économiques et les collectivités. Un portail national unique de cybersécurité sera ainsi créé afin de centraliser l’information, l’orientation et l’accompagnement. Selon la Banque des Territoires, ce portail a vocation à absorber la plateforme 17Cyber, lancée fin 2024, pour devenir une porte d’entrée unique pour les victimes de cyberattaques comme pour les organisations en quête de solutions de prévention.
Par ailleurs, la stratégie nationale de cybersécurité introduit un « label de confiance » destiné aux PME et aux collectivités territoriales. Ce dispositif, aligné sur les exigences minimales de la directive européenne NIS2, doit permettre de valoriser les efforts de sécurisation et de rassurer partenaires et clients. Ce label sera payant mais présenté comme financièrement accessible, afin de ne pas exclure les structures les plus modestes. L’objectif est clair : diffuser une culture de cybersécurité à l’échelle des territoires et réduire les écarts de maturité numérique.
Cybersécurité et souveraineté : talents, État exemplaire et coopération européenne
La stratégie nationale de cybersécurité accorde également une place centrale aux ressources humaines. Le gouvernement affiche l’ambition de faire de la France « le plus grand vivier de talents cyber d’Europe », selon les éléments publiés sur le site du ministère de l’Économie le 29 janvier 2026. Pour y parvenir, la feuille de route prévoit des actions renforcées de formation initiale et continue, des parcours simplifiés et une meilleure attractivité des métiers de la cybersécurité, tant dans le secteur public que privé.
En parallèle, l’État entend montrer l’exemple. Les ministères devront renforcer la protection de leurs systèmes d’information et consolider leurs feuilles de route cyber « sous six mois », selon la Banque des Territoires. Cette exigence traduit une volonté de cohérence : la stratégie nationale de cybersécurité ne peut être crédible que si l’administration elle-même atteint un haut niveau de résilience. Enfin, la France inscrit cette démarche dans un cadre européen et international, en renforçant la coopération avec ses partenaires de l’Union européenne et de l’OTAN, afin de peser collectivement face à des menaces devenues globales.
