Immigration : nouveau record de demandeurs d’asile en 2024

Les pays de l’OCDE ont enregistré en 2024 un nombre historique de demandeurs d’asile. Avec plus de 3,1 millions de nouvelles demandes, soit une hausse de 13% sur un an, le phénomène atteint des sommets inédits. Principal pays d’accueil : les États-Unis.

Anton Kunin
By Anton Kunin Published on 4 novembre 2025 8h00
Immigration : nouveau record de demandeurs d'asile en 2024
Immigration : nouveau record de demandeurs d’asile en 2024 - © Economie Matin
3,1 millions3,1 millions de nouvelles demandes d'asile ont été enregistrées dans les pays de l'OCDE en 2024.

Demandeurs d’asile : un record absolu dans l’OCDE en 2024

Selon le dernier « International Migration Outlook » publié le 3 novembre 2025 par l’OCDE, les arrivées de demandeurs d’asile ont continué à progresser en 2024, confirmant une tendance déjà observée en 2023. Au total, 3,1 millions de nouvelles demandes ont été enregistrées dans les pays de l’OCDE, soit 13% de plus qu’en 2023 et plus du double du niveau de 2019. « C’est le niveau le plus élevé jamais observé », précisent les auteurs du rapport, rappelant que le précédent record, établi en 2023, avait atteint 2,7 millions.

Les États-Unis concentrent désormais la majorité de ces flux. Le pays a reçu 1,7 million de nouvelles demandes en 2024, une hausse spectaculaire de 43% par rapport à 2023 et une multiplication par cinq depuis 2019. Depuis 2017, les États-Unis sont le principal pays d’accueil des demandeurs d’asile de l’organisation. En 2024, ils représentaient 55% de l’ensemble des demandes déposées dans les pays membres, contre 43% en 2022 et seulement 23% en 2019.

Dans le reste de l’OCDE, la situation reste contrastée. En Europe, les demandes ont légèrement reculé, atteignant environ 1 million en 2024, soit 9% de moins qu’en 2023, mais toujours à un niveau historiquement élevé. Ces chiffres placent 2024 au troisième rang des années les plus intenses pour les demandes d’asile en Europe, après 2023 et 2015-2016.

Asile : des tendances disparates au sein même de l'Union européenne

Les tendances nationales varient fortement au sein de l’organisation. Après les États-Unis, les pays qui ont enregistré le plus grand nombre de demandeurs d’asile sont le Canada, suivi des pays européens : Allemagne, Espagne, Italie, France et Royaume-Uni. Au Canada, la dynamique est soutenue depuis trois ans : 174.000 nouvelles demandes ont été déposées en 2024, un record absolu. Cela représente une hausse de 18% sur un an et près de trois fois plus qu’en 2019. Le Royaume-Uni, pour sa part, a recensé 108.000 nouvelles demandes, soit 28% de plus qu’en 2023 et 2,4 fois le niveau de 2019. Il faut remonter à 2002 pour retrouver un volume supérieur à 100.000.

En Nouvelle-Zélande, les demandes ont bondi de 39%, atteignant leur plus haut niveau depuis 2001. En revanche, plusieurs pays européens enregistrent une baisse : l’Allemagne voit ses demandes chuter de 30%, la France de 10%, tandis que l’Espagne reste stable (+2%). Seuls cinq États européens affichent une hausse : la Belgique (+13%), la Grèce (+19%), l’Italie (+16%), l’Irlande (+39%) et la Pologne, où le nombre de demandes a presque doublé (+87%).

En Amérique latine aussi, la tendance est hétérogène. Le Mexique a enregistré une baisse marquée de 44%, après un record en 2023. Les demandes ont également reculé au Chili (-31%) et au Costa Rica (-18%), tandis qu’elles ont progressé de 22% en Colombie, après deux années de déclin. Enfin, en Asie, les demandes d’asile au Japon et en Corée se sont stabilisées à un niveau historiquement élevé, après les fortes hausses constatées en 2022 et 2023.

Globalement, dans la zone OCDE, les demandes d'asile ont augmenté de 14%

Les principaux pays d’origine des demandeurs d’asile dans la zone OCDE restent dominés par les crises en Amérique latine et au Moyen-Orient. En 2024, les premiers pays d’origine sont le Venezuela, la Colombie, la Syrie et l’Afghanistan, suivis par l’Inde, le Mexique, Haïti, le Nicaragua et le Honduras. Les États-Unis demeurent le principal pays de destination pour de nombreux ressortissants d’Amérique latine. Cette surreprésentation s’explique par le fait qu’ils concentrent plus de la moitié des demandes d’asile déposées dans l’ensemble de l’OCDE.

En Europe, la répartition diffère sensiblement. En Allemagne et en Grèce, les Syriens et les Afghans représentent près de la moitié des nouveaux demandeurs. En Espagne, plus de 60% des demandeurs d’asile proviennent du Venezuela et de la Colombie, conséquence directe de la dégradation politique et économique dans ces deux pays.

À l’échelle de l’organisation, l’OCDE estime que les pays membres ont reçu environ 1.730 demandes d’asile par million d’habitants en 2024, soit 14% de plus qu’en 2023. La Grèce arrive en tête, avec 6.800 demandes par million d’habitants, devant le Costa Rica, les États-Unis, l’Islande et le Canada (entre 4.400 et 5.400 par million).

Ces chiffres traduisent une recomposition progressive des routes migratoires et des stratégies d’accueil au sein de l’espace OCDE. Malgré la baisse observée dans certains pays, la demande globale ne faiblit pas : elle s’intensifie, se diversifie et met à l’épreuve les systèmes d’asile nationaux, désormais confrontés à des volumes d’arrivées sans précédent.

Anton Kunin

Après son Master de journalisme, Anton Kunin a rejoint l'équipe d'ÉconomieMatin, où il écrit sur des sujets liés à la consommation, la banque, l'immobilier, l'e-commerce et les transports.

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