Alors que la campagne 2026 de recensement bat son plein sur l’ensemble du territoire français, une controverse est venue troubler l’opération pourtant essentielle à l’organisation des politiques publiques. À quoi sert le recensement ? Pourquoi revient-il à intervalles réguliers ? Et surtout, qu’est-ce qui, cette année, suscite autant de critiques ? Décryptage d’un dispositif clé, mais sous tension.
Recensement : dates, utilité et controverse en 2026

Une campagne qui revient tous les ans, mais pas pour tout le monde
L’édition 2026 du recensement a démarré le 15 janvier. Cette opération d’ampleur est pilotée par l’Insee, qui en organise chaque année un volet partiel ou total selon la taille des communes. Dans les localités de moins de 10 000 habitants, le recensement général a lieu tous les cinq ans. Cette année, la collecte y est prévue du 15 janvier au 14 février. Pour les agglomérations de plus de 10 000 résidents, seule une fraction des logements est sondée chaque année, selon une méthode d’échantillonnage ciblant environ 8 % des adresses. Les dates sont légèrement allongées : jusqu’au 21 février en métropole, au 7 mars à La Réunion, et du 27 novembre 2025 au 10 janvier 2026 à Mayotte.
L’objectif central du recensement est d’évaluer précisément la population vivant en France et de recueillir des données utiles pour adapter les politiques publiques. Sont ainsi collectées des informations sur le logement, le nombre d’habitants, leur âge, leur situation professionnelle ou encore leurs déplacements domicile-travail. Selon le site officiel le-recensement-et-moi.fr, ces données permettent de planifier « la construction des écoles, des hôpitaux, des réseaux de transport ou encore des équipements sportifs ».
Un outil incontournable pour la société et l'économie
La collecte des données du recensement repose sur une double modalité. Les ménages concernés peuvent choisir de répondre en ligne, via une plateforme dédiée, ou bien en version papier. Un agent recenseur, mandaté par la commune, remet alors les documents à remplir et assure le suivi de la démarche. Comme le rappelle le site service-public.gouv.fr, la participation est obligatoire. Refuser de répondre ou transmettre de fausses informations expose à des sanctions, bien que l’Insee mise avant tout sur la pédagogie et la sensibilisation.
Outre les besoins des collectivités territoriales, les résultats servent également à l’État pour allouer les dotations financières aux communes. Le calcul de ces aides dépend en effet du nombre d’habitants recensés. Par ailleurs, de nombreuses entreprises, urbanistes et chercheurs se fondent sur les données du recensement pour développer leurs projets ou analyses. Les enjeux sont donc autant économiques que démographiques.
Cette année encore, ce sont plus de 66 millions de Français qui sont concernés de près ou de loin par cette enquête, même si seuls certains foyers seront effectivement sollicités. Chaque personne de plus de 16 ans figurant dans le foyer est appelée à répondre à une série de questions individuelles.
Une controverse autour d’une question sur les origines familiales
Si l’outil est incontournable, une nouvelle formulation dans le questionnaire 2026 a suscité une vive polémique. En cause, la question n°7 ajoutée cette année, qui interroge sur le lieu de naissance des parents de la personne recensée. Bien que présentée comme facultative, cette demande a provoqué la colère de plusieurs associations, qui y voient une forme d’assignation identitaire. Cette formulation, bien qu’issue d’une volonté statistique de mieux connaître les parcours de mobilité ou les flux migratoires intergénérationnels, est jugée problématique par des organisations comme la Ligue des droits de l’Homme.
Face à ces critiques, l’Insee rappelle que la question est non obligatoire et vise à enrichir les analyses de parcours. Toutefois, dans un contexte politique marqué par les débats sur l’immigration et la laïcité, l’ajout d’un tel item, même à des fins statistiques, ne passe pas inaperçu.