Le parquet européen a perquisitionné mercredi 21 octobre 2026 les sièges du Parlement européen à Bruxelles et Strasbourg. Les enquêteurs ciblent l’ancien groupe Identité et Démocratie, soupçonné d’avoir détourné 4,3 millions d’euros de fonds publics entre 2019 et 2024.
Le RN encore empêtré dans des détournements de fonds ?

Mercredi 21 octobre 2026, le parquet européen a mené des perquisitions ciblant les bureaux administratifs du groupe Identité et Démocratie au Parlement européen. Au cœur de cette opération : des soupçons de détournement de fonds publics européens durant la législature 2019-2024, une affaire qui pose la question cruciale de l'utilisation des deniers des contribuables.
Quel montant de fonds européens est en question ?
Le parquet européen enquête sur un détournement de fonds estimé à 4,3 millions d'euros. Ce montant considérable aurait été indûment dépensé par le groupe Identité et Démocratie entre 2019 et 2024. Selon Touteleurope.eu, la direction des affaires financières du Parlement européen a transmis un rapport accablant en juillet 2025, déclenchant l'ouverture de l'enquête judiciaire.
Les mécanismes de financement des groupes parlementaires
Les groupes politiques au Parlement européen bénéficient de dotations financières substantielles pour mener leurs activités. Ces fonds couvrent les frais de personnel, les études politiques, les déplacements et la communication. Chaque groupe reçoit une enveloppe proportionnelle à sa taille, calculée selon un barème fixe et une part variable selon le nombre de députés. L'argent provient directement du budget de l'Union européenne, alimenté par les contributions des États membres. Les règles imposent une utilisation stricte : les dépenses doivent servir exclusivement l'activité politique du groupe. Tout détournement constitue une fraude aux finances publiques européennes.
Période 2019-2024 : une législature entachée de soupçons
L'enquête se concentre sur la mandature 2019-2024, durant laquelle le groupe Identité et Démocratie comptait parmi ses rangs le Rassemblement national français, le Vlaams Belang belge et la Ligue italienne. Les investigations révèlent des dépenses suspectes : dons sans lien apparent avec l'activité parlementaire, contrats attribués à des sociétés proches de réseaux d'extrême droite. Franceinfo rapporte que le parquet européen a confirmé avoir mené des perquisitions « en France et en Belgique » dans le cadre de cette enquête financière.
Les perquisitions du 21 octobre : une enquête qui s'accélère
Les opérations menées mercredi marquent une accélération notable. Elles font suite à une première vague de perquisitions organisée le 30 juin 2026 dans plusieurs pays européens. Le parquet européen intensifie visiblement la pression pour collecter des preuves matérielles du détournement de fonds présumé.
Bruxelles et Strasbourg ciblées : où se trouvaient les fonds ?
Les enquêteurs ont simultanément investi les deux sièges du Parlement européen. À Bruxelles comme à Strasbourg, les bureaux administratifs de l'ancien groupe ont été fouillés. Cette double opération vise à saisir documents comptables, contrats et correspondances susceptibles d'établir la matérialité des infractions. Selon Sud Ouest, un cadre des Patriotes a précisé : « La perquisition vise l'ancien secrétaire général du Groupe ID dans le cadre d'une enquête sur cet ancien groupe. Les Patriotes ne sont pas visés. Aucun élu n'est perquisitionné. »
L'ancien groupe ID en ligne de mire
Philip Claeys, ancien secrétaire général du groupe Identité et Démocratie, constitue la cible principale des investigations. Désormais secrétaire général du groupe Patriotes pour l'Europe, il concentre l'attention des magistrats européens. Le groupe Patriotes, présidé par Jordan Bardella et incluant le Rassemblement national, insiste sur l'absence de continuité juridique avec le groupe ID, dissous en 2024. Une position stratégique face aux risques de solidarité financière. Le parquet européen maintient toutefois la confidentialité : « Aucune information complémentaire ne peut être divulguée à ce stade, afin de ne pas compromettre l'issue de la procédure », indique l'institution dans un communiqué.
Quel impact pour les finances publiques européennes ?
Le Parlement européen a déjà connu plusieurs scandales financiers. L'affaire du Qatargate en 2022 a révélé des mécanismes de corruption touchant des eurodéputés. Plus récemment, comme le montre le bilan de Tracfin pour 2025, les fraudes aux fonds publics atteignent des montants considérables en Europe. La France seule a détecté 3,2 milliards d'euros de fraudes cette année. Les assistants parlementaires fictifs ont également coûté des millions avant que les contrôles ne se renforcent.