En vidant de leur substance les directives sur la responsabilité des multinationales dans les chaînes de production mondialisées, le Conseil affaiblit en profondeur l’Union européenne.
Devoir de vigilance : une Union européenne sans boussole

Un seuil relevé à 5 000 salariés, une responsabilité limitée aux seuls fournisseurs directs, la fin de la responsabilité civile : il ne reste, à ce stade, presque plus rien de l’ambition dessinée en 2024.
Ce travail de démolition, voulu par Business Europe et l’extrême droite, enterre dans le même mouvement l’espoir d’une nouvelle économie respectueuse des limites planétaires et de la dignité humaine.
- Ce recul, s’il se concrétisait, serait un renoncement à la prise en compte des enjeux éthiques et sociaux liés au commerce international. Il rétablirait, de fait, l’impunité des multinationales lorsqu’elles portent atteinte aux droits humains et à l’environnement.
- Ce recul serait un affaiblissement face à nos compétiteurs mondiaux car il nous priverait de l’atout économique que représente la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.
- Ce recul serait une dilution des valeurs universalistes qui sont au coeur du projet européen.
Cette décision est tragique. Elle fragilise la santé écologique de notre maison commune. Elle menace directement le sort de millions de personnes – de travailleurs forcés, d’enfants – et celui de centaines de défenseurs des droits humains et de l’environnement.
Notre espoir repose désormais sur un sursaut du Parlement européen en octobre.
En tant que rapporteur de la loi française qui en 2017 fut pionnière de ce processus européen j’ai pris, en dialogue avec tous les partenaires concernés, l’initiative d’une marche civique vers Bruxelles réunissant la diversité de tous ceux qui refusent d’abandonner ce qui demeure le plus beau combat humaniste du Pacte vert européen.
