Économie sociale et solidaire : les recrutements rebondissent malgré des salaires en retrait

Malgré une baisse de ses effectifs salariés en 2025, l’économie sociale et solidaire (ESS) retrouve une dynamique de recrutement de cadres en 2026. Les opportunités se concentrent dans les services et certaines régions, mais les rémunérations restent inférieures à celles du reste du secteur privé, nous apprend l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) dans une nouvelle étude.

Anton Kunin
By Anton Kunin Published on 30 octobre 2026 14h25
Économie sociale et solidaire : les recrutements rebondissent malgré des salaires en retrait
Économie sociale et solidaire : les recrutements rebondissent malgré des salaires en retrait - © Economie Matin
10.400L'économie sociale et solidaire a perdu 10.400 emplois sur un an.

Les recrutements de cadres repartent à la hausse dans l’ESS

L’économie sociale et solidaire demeure un employeur majeur en France. Fin 2025, elle rassemble 2,7 millions de salariés, soit 10,3% de l’emploi salarié national. Le secteur, qui compte plus de 340.000 cadres, a toutefois perdu 10.400 emplois entre décembre 2024 et décembre 2025. Malgré cette contraction, les besoins de recrutement se redressent. Au premier semestre 2026, l’Apec recense 10.200 offres d’emploi cadre dans l’ESS, soit une progression de 4% sur un an, tandis que l’ensemble du marché recule de 2%. Le secteur concentre désormais 4,9% des offres destinées aux cadres.

Les associations restent les principaux recruteurs, avec 66% des annonces, devant les mutuelles (13%), les coopératives (11%) et les fondations (10%). Les services dominent largement, représentant 97% des offres de l’ESS, contre 72% pour l’ensemble du marché cadre. La santé et l’action sociale arrivent en tête (47%), suivies de la banque-assurance (15%), des activités associatives et de l’administration publique (13%), puis de la formation (9%).

Cette dynamique présente également de fortes disparités territoriales. La Bretagne se distingue avec 7,3% des offres cadre relevant de l’ESS, devant la Normandie et la Bourgogne-Franche-Comté (6,8% chacune), ainsi que la Nouvelle-Aquitaine (6,6%). Cette surreprésentation s’explique notamment par la densité du tissu coopératif breton et bourguignon-franc-comtois, l’importance de l’agriculture normande, favorable aux modèles coopératifs, et le poids des mutuelles en Nouvelle-Aquitaine.

Des salaires moins attractifs et davantage de CDD

Si les opportunités progressent, les conditions d’emploi restent moins avantageuses. Le salaire brut annuel médian proposé dans les offres cadre de l’ESS atteint 41.000 euros, contre 45.000 euros pour l’ensemble des offres. Les mutuelles affichent les rémunérations les plus élevées, avec une médiane de 45.000 euros, contre 40.000 euros dans les associations.

Les contrats à durée déterminée sont également plus fréquents. Ils représentent 26% des offres des fondations et 20% de celles des associations, contre seulement 7% dans l’ensemble du marché cadre, peut-on lire dans cette étude.
Paradoxalement, les cadres déjà en poste dans l’ESS exercent davantage de responsabilités. Près de 48% occupent des fonctions hiérarchiques, contre 39% dans l’ensemble du secteur privé. Leur rémunération médiane reste pourtant inférieure, à 50.000 euros bruts annuels contre 54.000 euros.

Des candidats plus expérimentés, les femmes étant également plus nombreuses

L’étude met enfin en évidence un profil particulier parmi les candidats postulant exclusivement auprès d’employeurs de l’ESS. Cette population est composée à 67% de femmes, contre 43% parmi les autres candidats aux offres du secteur. Elle est également plus expérimentée : 61% disposent d’au moins dix années d’expérience professionnelle, contre 49%.

Les parcours universitaires sont surreprésentés parmi ces candidats exclusivement tournés vers l’ESS (46%, contre 30%). Les diplômés en sciences humaines et sociales se distinguent particulièrement, avec une proportion de 23%, contre 3% chez les autres candidats, nous apprend l’Apec. Les fonctions liées aux ressources humaines, à la santé et à l’accompagnement social figurent parmi leurs principaux débouchés.

Anton Kunin

Après son Master de journalisme, Anton Kunin a rejoint l'équipe d'ÉconomieMatin, où il écrit sur des sujets liés à la consommation, la banque, l'immobilier, l'e-commerce et les transports.

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