Les écrans occupent désormais une place centrale dans les organisations, mais leur omniprésence contribue également à l’augmentation de la fatigue visuelle. À l’occasion de la Semaine de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT), l’Association nationale pour l’amélioration de la vue (Asnav) alerte sur une réalité préoccupante. Plus de 10 millions d’actifs français seraient aujourd’hui concernés par la fatigue visuelle, avec des conséquences directes sur la concentration, la sécurité et la qualité de vie professionnelle.
Écrans, concentration : la fatigue visuelle touche de plus en plus de salariés

Le 15 juin 2026, à l’ouverture de la 23e édition de la Semaine de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail, la question de la fatigue visuelle s’est imposée dans le débat sur la santé au travail. Selon un baromètre OpinionWay publié par l’Asnav, 32 % des Français souffrent aujourd’hui de fatigue visuelle, soit plus de 10 millions d’actifs. Dans un contexte où les usages numériques continuent de progresser, cette problématique de santé apparaît désormais comme un facteur déterminant de performance et de bien-être au sein des entreprises.
Un risque de santé sous-estimé dans les entreprises
La fatigue visuelle se manifeste par des symptômes variés. Maux de tête, sécheresse oculaire, vision floue ou encore baisse de concentration figurent parmi les troubles les plus fréquemment signalés. Selon le baromètre de l’Asnav relayé par Acuité le 15 juin 2026, 32 % des Français déclarent souffrir de fatigue visuelle. Cette situation touche particulièrement les actifs exposés quotidiennement aux écrans. Selon cette même étude, le temps cumulé passé devant les écrans atteint désormais 12 heures par jour en moyenne entre les usages professionnels et personnels.
Par ailleurs, la fatigue visuelle ne se limite pas à une simple gêne passagère. D’après l’Asnav, les troubles visuels atteignent aujourd’hui des niveaux historiquement élevés. La généralisation des outils numériques contribue fortement à cette évolution. Selon les données citées par Acuité, 80 % des emplois du secteur tertiaire impliquent un usage intensif des écrans tandis que jusqu’à 35 % des ouvriers utilisent également des outils numériques dans leur activité professionnelle.
Fatigue visuelle et télétravail : une exposition accrue aux écrans
Le développement du télétravail a renforcé les facteurs favorisant la fatigue visuelle. Selon le baromètre OpinionWay publié pour l’Asnav, 44 % des télétravailleurs déclarent constater des troubles visuels spécifiques liés à leur activité. En effet, les journées de travail à domicile s’accompagnent souvent d’une exposition prolongée aux écrans et d’environnements moins ergonomiques que ceux des bureaux aménagés.
De plus, les spécialistes de la santé rappellent que la fatigue visuelle résulte aussi d’une diminution du clignement des yeux et d’efforts prolongés d’accommodation. Selon l’Association interprofessionnelle des centres médicaux et sociaux de santé au travail (ACMS), sept Français sur dix déclarent ressentir une fatigue visuelle en fin de journée de bureau. L’organisme souligne également que les défauts d’ergonomie, les reflets sur les écrans ou un éclairage inadapté aggravent ces troubles. Ainsi, la santé visuelle dépend autant des comportements individuels que de l’organisation du travail.
Santé visuelle : un levier de santé et de qualité de vie au travail
À l’occasion de la Semaine de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail organisée du 15 au 19 juin 2026, les acteurs de la prévention insistent sur l’importance d’intégrer la santé visuelle dans les politiques de santé au travail. Selon les informations publiées par la Direction générale de l’administration et de la fonction publique le 11 juin 2026, la QVCT vise notamment à améliorer les conditions de travail et la santé des salariés tout en renforçant la qualité du service rendu.
Dès lors, la prévention de la fatigue visuelle apparaît comme un levier concret d’amélioration des conditions de travail. Selon les experts de la prévention en santé visuelle, plusieurs mesures simples permettent de limiter les risques : pauses régulières, adaptation de l’éclairage, réduction des reflets ou encore contrôle visuel périodique. Ces actions contribuent non seulement à préserver la santé des collaborateurs, mais également à maintenir leur vigilance et leur efficacité professionnelle. La santé visuelle pourrait à l'avenir devenir l’un des prochains grands indicateurs de qualité de vie au travail.
