El Niño : l’OMM prévoit une intensité exceptionnelle jusqu’en février 2027

L’Organisation météorologique mondiale alerte sur un épisode El Niño d’intensité exceptionnelle jusqu’en février 2027, avec une probabilité de persistance de 100%. Les marchés mondiaux se préparent à des perturbations majeures : sécheresses, inondations et chaleurs extrêmes menacent l’agriculture, l’énergie et les chaînes d’approvisionnement, avec une inflation alimentaire anticipée de 8 à 12% au premier trimestre 2027.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 3 septembre 2026 12h56
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El Niño : l’OMM prévoit une intensité exceptionnelle jusqu’en février 2027 - © Economie Matin
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L'Organisation météorologique mondiale (OMM) alerte ce 3 septembre 2026 sur un épisode El Niño d'une intensité inédite jusqu'en février 2027. Les marchés mondiaux et les économies nationales se préparent à des perturbations majeures : sécheresses, inondations et chaleurs extrêmes menacent directement l'agriculture, l'énergie et les chaînes logistiques globales. António Guterres, secrétaire général de l'ONU, avertit : « La planète s'engage en eaux inconnues, et ces eaux se réchauffent. Le monde est dans la zone de danger des événements météorologiques extrêmes. »

Une intensité sans précédent avec des conséquences économiques majeures

Les centres de prévision de l'OMM annoncent avec une certitude presque totale que El Niño persistera jusqu'en février 2027, un niveau de confiance sans précédent. Les températures de surface dans le Pacifique équatorial sont entre +2,0°C et +2,6°C au-dessus de la moyenne, avec des températures sous-marines atteignant +8°C dans certaines zones. Celeste Saulo, secrétaire générale de l'OMM, souligne que ce phénomène pourrait avoir des répercussions significatives sur les communautés et les économies mondiales.

L'épisode actuel pourrait surpasser tous les précédents enregistrés depuis quarante ans, y compris le record de 1982-1983. Selon la NOAA, seuls sept épisodes ont atteint le niveau « très fort » depuis 1950. Le pic d'intensité est attendu fin 2026, avec des répercussions économiques s'étendant jusqu'au premier trimestre 2027.

Impact sur l'agriculture et les chaînes d'approvisionnement

Les changements majeurs de vents, pression et précipitations affecteront gravement l'agriculture. L'Amérique centrale, l'Indonésie, l'Australie et l'Afrique de l'Est anticipent des sécheresses sévères, tandis que l'Amérique du Sud et certaines régions d'Asie risquent des inondations dévastatrices. Les cultures de café, cacao, riz et blé sont particulièrement vulnérables. Une hausse des prix alimentaires mondiaux de 8 à 12% est prévue d'ici le premier trimestre 2027, avec des pics probables sur certaines denrées stratégiques.

Les pays émergents, déjà affectés par la volatilité des marchés, subiront les impacts les plus sévères. L'Inde pourrait voir sa production céréalière chuter de 15 à 20%, tandis que l'Indonésie et la Malaisie pourraient connaître une réduction de moitié des rendements d'huile de palme dans certaines zones.

Les infrastructures portuaires et logistiques d'Asie du Sud-Est, gérant 40% du commerce maritime mondial, risquent des paralysies temporaires. Les inondations au Vietnam et en Thaïlande pourraient bloquer les exportations de composants électroniques pendant plusieurs semaines. Les analystes de Goldman Sachs estiment que ces perturbations augmenteront l'inflation mondiale de 0,3 à 0,5 point de pourcentage au premier semestre 2027.

Secteurs économiques en alerte : énergie, assurance, matières premières

Les marchés agricoles, notamment à Chicago et Paris, montrent déjà une volatilité accrue sur les contrats à terme de céréales. Le blé a augmenté de 18% depuis juin 2026, le maïs de 14%. Les traders anticipent une baisse des stocks mondiaux de 12% d'ici mars 2027. Les importateurs nets, notamment en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, s'orientent vers des achats anticipés pour sécuriser leurs approvisionnements, accentuant la pression à la hausse.

Le cacao, déjà tendu après deux années de mauvaises récoltes en Côte d'Ivoire, pourrait atteindre des sommets historiques. Rabobank prévoit un déficit de 300 000 tonnes en 2027, soit 8% de la consommation mondiale. Le café arabica, principalement cultivé en Amérique latine, est également affecté par la chaleur extrême et les précipitations irrégulières.

Les réassureurs mondiaux ajustent à la hausse leurs modèles de risque. Munich Re et Swiss Re ont annoncé des augmentations de primes de 15 à 25% pour les polices agricoles et catastrophes naturelles dans les zones exposées. Le coût des sinistres liés à El Niño pourrait atteindre 80 à 120 milliards de dollars, dépassant largement l'épisode 2015-2016.

Les fonds souverains et investisseurs institutionnels ajustent leurs portefeuilles. Les obligations vertes et les actifs résilients au climat attirent des flux massifs, tandis que les secteurs vulnérables subissent des sorties de capitaux. BlackRock recommande une allocation défensive, privilégiant les secteurs technologiques et sous-pondérant les matières premières agricoles.

L'appel de l'ONU à l'action : préparation économique exceptionnelle

Celeste Saulo annonce « la plus grande mobilisation en 50 ans » de l'OMM avec les Services météorologiques et hydrologiques nationaux. Les systèmes d'alerte précoce, essentiels pour limiter les pertes économiques, bénéficient d'investissements d'urgence. La Banque mondiale débloque 2,5 milliards de dollars pour renforcer les infrastructures de prévision dans 45 pays vulnérables.

António Guterres insiste : « La course se joue maintenant entre les risques croissants et notre engagement à agir pour le climat. » Les gouvernements du G20 préparent un plan de coordination pour stabiliser les marchés alimentaires et énergétiques. Un sommet d'urgence est prévu en octobre 2026 pour harmoniser les réponses nationales et éviter les mesures protectionnistes.

Les climatologues prédisent que 2027 sera l'année la plus chaude jamais enregistrée, surpassant 2024. L'ONU avertit que la planète entre en territoire inconnu, où les modèles économiques traditionnels montrent leurs limites face à l'intensification des chocs climatiques. La résilience économique devient l'enjeu majeur des six prochains mois.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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