Depuis le 24 août 2026, un radar autonome de chantier installé porte de Montreuil flashe à partir de 30 km/h sur le périphérique parisien. Avec un potentiel de 52 à 131 millions d’euros de revenus annuels, ce dispositif suscite une colère massive chez les automobilistes et associations, qui dénoncent une machine à verbaliser plutôt qu’un outil de sécurité.
Paris : un radar de chantier piège les automobilistes du périphérique

Depuis le 24 août 2026, un radar autonome installé à la porte de Montreuil sur le périphérique parisien flashe les automobilistes dès 30 km/h. Ce dispositif génère des revenus potentiels annuels impressionnants, estimés entre 52 et 131 millions d'euros, dépassant largement son rôle de sécurité routière. Positionné au point kilométrique 30.960, le radar fonctionne sans interruption, même pendant la nuit et les week-ends lorsque le chantier est inactif.
Un dispositif plus rentable que sécuritaire
Les prévisions financières font de ce radar une véritable source de revenus. Avec un taux d'infractions estimé à 2% par jour, le radar pourrait rapporter 52 millions d'euros par an. Si 5% des conducteurs étaient flashés, ce chiffre atteindrait 131,4 millions. L'impact financier s'annonce colossal, selon les analyses préliminaires, basées sur une amende minimale de 90 euros par infraction. Ce radar renforce le réseau de 14 autres dispositifs déjà présents sur le périphérique.
À la porte de Montreuil, le trafic atteint 80 000 véhicules par jour, offrant un potentiel élevé de verbalisations. La limitation stricte à 30 km/h piège facilement les conducteurs, l'appareil déclenchant le flash à partir de 36 km/h, soit 31 km/h après correction technique. L'association 40 Millions d'Automobilistes a relevé 18 véhicules flashés en cinq minutes, suggérant jusqu'à 5 500 PV par jour en conditions de circulation fluide.
La réduction de vitesse de 50 à 30 km/h représente une diminution de 40%. Cette restriction s'applique alors que le chantier de réaménagement à la porte de Montreuil prévoit des travaux jusqu'en juin 2027, avec des prolongements jusqu'en 2030. Le radar reste actif en continu, week-ends compris, même en l'absence de travaux, ce qui pourrait coûter cher aux automobilistes franciliens.
Un impact financier sur les automobilistes
D'après 40 Millions d'Automobilistes, le radar pourrait générer 752 516 euros quotidiennement, basé sur les infractions des premiers jours. Cela pourrait représenter 22,5 millions d'euros mensuels, soit 270 millions annuels si le rythme se maintient, dépassant largement les prévisions initiales et alimentant la controverse sur son véritable objectif. Flasher par l'arrière rend difficile l'anticipation pour les conducteurs non avertis.
Chaque infraction entraîne une amende de 90 euros minimum et un retrait d'un point sur le permis. Pour des excès plus importants, les sanctions s'alourdissent : 135 euros et trois points pour un dépassement entre 20 et 30 km/h. Un conducteur flashé à 50 km/h se verrait infliger 135 euros d'amende. Pour les usagers réguliers, le coût financier devient considérable, avec une infraction mensuelle pouvant représenter 1 080 euros annuels, sans compter les répercussions sur l'assurance.
Sécurité routière ou stratégie budgétaire ?
Pierre Chasseray, directeur général de 40 Millions d'Automobilistes, critique le dispositif sur CNEWS : "On savait que l'État avait besoin d'argent, mais de là à dévoyer la sécurité routière...". L'association dénonce une machine à faire de l'argent plutôt qu'un outil de sécurité. Les réseaux sociaux s'enflamment face aux verbalisations massives, et les associations de conducteurs contestent la nécessité d'un radar actif hors périodes de travaux, arguant que la limitation à 30 km/h n'est pas justifiée hors de ces périodes.
Le radar fonctionne 24h/24, ce qui alimente les critiques. Contrairement aux radars classiques désactivés hors heures de travaux, celui-ci reste actif même en l'absence de chantier, flashant même sans présence d'ouvriers. La Préfecture de Police de Paris n'a pas précisé les critères de désactivation temporaire. Les automobilistes se retrouvent face à une limitation récente à 50 km/h sur le périphérique et une zone à 30 km/h, causant une confusion propice aux infractions involontaires. La signalisation, même conforme, ne prépare pas suffisamment les conducteurs à un ralentissement aussi abrupt.
