À partir de la rentrée 2027, l’IA fera officiellement son entrée dans l’emploi du temps des élèves de seconde. Annoncée par Sébastien Lecornu lors du salon VivaTech, cette nouvelle heure hebdomadaire vise à familiariser les lycéens avec une technologie devenue incontournable, tout en développant leur esprit critique face à ses usages et à ses dérives potentielles.
Lycée : l’IA entre officiellement dans l’emploi du temps en 2027

L’IA s’installe dans le parcours des élèves au lycée
Le 19 juin 2026, à l’occasion du salon VivaTech organisé à Paris, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé une réforme appelée à transformer l’enseignement du numérique au lycée. Dès la rentrée 2027, tous les élèves de seconde bénéficieront d’une heure hebdomadaire consacrée à l’IA. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à préparer les jeunes aux mutations technologiques en cours. Alors que les outils d’intelligence artificielle se diffusent rapidement dans les études, le travail et la vie quotidienne, le gouvernement entend faire de leur compréhension un nouvel enjeu éducatif. Le futur enseignement sera intégré au programme de Sciences numériques et technologie (SNT), discipline déjà présente en classe de seconde.
Le contenu abordera plusieurs dimensions de cette technologie. Les lycéens étudieront notamment le fonctionnement des modèles d’intelligence artificielle, leurs applications concrètes, les questions éthiques qu’ils soulèvent ainsi que les enjeux de souveraineté numérique. La lutte contre les fausses informations et les manipulations en ligne fera également partie des thèmes étudiés. « Nous ne pouvons pas laisser une génération entière découvrir l’intelligence artificielle sans lui donner les clés pour la comprendre et donc la maîtriser », a déclaré Sébastien Lecornu.
Le ministre a également précisé les objectifs pédagogiques poursuivis : « Fonctionnement des modèles, usages, éthique, souveraineté numérique, esprit critique face aux manipulations et aux fausses informations : notre école doit préparer les jeunes au monde qui vient ».
Pourquoi l’IA devient un enjeu majeur pour le lycée
L’introduction de l’IA dans les programmes répond à une transformation profonde de la société. Les outils conversationnels, les générateurs d’images ou encore les assistants automatisés sont désormais accessibles à un large public, y compris aux adolescents. Face à cette évolution rapide, le gouvernement estime que la simple utilisation des outils ne suffit plus. L’objectif est désormais d’apprendre aux jeunes à comprendre les mécanismes sous-jacents, à identifier les limites des systèmes automatisés et à exercer leur esprit critique.
Cette orientation s’inscrit également dans une stratégie nationale plus vaste autour de l’intelligence artificielle. Quelques jours avant cette annonce, l’exécutif avait présenté un ensemble de mesures destinées à accélérer le développement de l’IA en France, avec notamment 655 millions d’euros d’investissements supplémentaires annoncés par le gouvernement. Le choix du lycée apparaît ainsi comme un levier stratégique. Les élèves concernés entreront dans l’enseignement supérieur ou sur le marché du travail dans un environnement où l’intelligence artificielle sera devenue omniprésente.
L’IA déjà présente dans l’enseignement avant la réforme
L’annonce de juin 2026 ne constitue toutefois pas le point de départ de la politique éducative en matière d’intelligence artificielle. Dès la rentrée 2025, une formation en ligne avait été mise à disposition des collégiens et des lycéens. Des modules obligatoires avaient notamment été prévus pour les élèves de quatrième et de seconde. Cependant, plusieurs observateurs du système éducatif ont souligné que cette première initiative avait rencontré des difficultés de déploiement, et le dispositif avait été relativement peu appliqué dans les établissements.
Parallèlement, la plateforme Pix a développé des parcours spécifiquement consacrés à l’intelligence artificielle : une expérimentation menée dans 140 établissements a fait participer près de 10.000 élèves avant une généralisation progressive. Les parcours Pix consacrés à l’IA devaient concerner environ 1,5 million d’élèves à partir de la rentrée 2026. L’heure hebdomadaire annoncée pour 2027 s’inscrit donc dans une continuité plutôt que dans une rupture.
Des interrogations sur la mise en œuvre de l’IA pour les élèves
Si le principe de former les jeunes à l’intelligence artificielle fait largement consensus, certaines questions demeurent concernant l’organisation concrète de cet enseignement. La secrétaire générale du SNES-FSU, Sophie Vénétitay, a ainsi demandé des précisions sur la place exacte de cette nouvelle heure dans l’emploi du temps des lycéens. Le syndicat s’interroge notamment sur son articulation avec les cours existants de Sciences numériques et technologie, dont le volume horaire actuel atteint environ une heure et demie hebdomadaire.
La responsable syndicale a néanmoins reconnu la pertinence de l’objectif poursuivi. « Il est évident qu'il faut former les jeunes à une vision réfléchie de l'IA, c'est bien le rôle de l'école », a-t-elle déclaré. Du côté du ministère, l’ambition affichée est d’atteindre une couverture universelle. Édouard Geffray a ainsi affirmé que « tous les élèves français de première année de lycée bénéficieront d'un enseignement dédié à l'IA. Ce sera la première fois que tous les élèves en France disposeront d'un dispositif permanent et spécifique ».
L’enjeu est considérable. En intégrant l’intelligence artificielle au cœur des enseignements du lycée, l’Éducation nationale cherche à répondre à une révolution technologique dont les effets dépassent largement le cadre scolaire. Pour les élèves de seconde qui entreront au lycée en 2027, l’IA ne sera plus seulement un outil utilisé au quotidien : elle deviendra un objet d’étude à part entière.
