Après plusieurs semaines de circulation virulente, la grippe semble enfin marquer un premier ralentissement en France.
Epidémie de grippe : voit-on enfin le bout du tunnel ?

Après des semaines de pression sur le système de santé, les premières données indiquent un léger ralentissement de l’épidémie de grippe en France. L’activité virale reste très élevée, notamment chez les moins de 15 ans et les personnes âgées. La saison grippale 2025 se distingue par une mortalité plus forte qu’à l’accoutumée et une coexistence de plusieurs souches du virus. En pleine campagne de vaccination prolongée, l’efficacité du vaccin est remise en question, tandis que les autorités sanitaires appellent à ne pas relâcher la vigilance.
Un fléchissement, mais une grippe toujours forte
Selon Santé publique France, la semaine du 27 janvier au 2 février a marqué un tournant avec une baisse des consultations médicales et des hospitalisations liées à la grippe. Cette tendance, observée dans toutes les tranches d’âge, s’explique par plusieurs facteurs. La progression naturelle de l’épidémie tend à atteindre son pic avant de reculer, entraînant mécaniquement une baisse du nombre de nouveaux cas. Une amélioration progressive des conditions météorologiques a contribué à freiner la propagation du virus, les températures plus douces rendant l’environnement moins favorable à sa diffusion.
Malgré ce ralentissement, les hospitalisations restent à un niveau élevé. Les moins de 15 ans et les plus de 65 ans figurent parmi les patients les plus touchés. Ces populations vulnérables sont celles qui subissent le plus de complications graves, nécessitant souvent une hospitalisation prolongée et, dans certains cas, un placement en réanimation.
Une saison grippale plus sévère que les précédentes
Cette année, la grippe a frappé plus durement que d’habitude. Selon les données de Santé publique France, plusieurs facteurs ont contribué à l’ampleur de l’épidémie. La circulation simultanée de trois souches du virus a entraîné une augmentation des formes sévères et une contagiosité accrue. Le taux de vaccination a été inférieur aux années précédentes, laissant une partie de la population plus vulnérable, en particulier les personnes âgées. Cette tendance s’est aggravée par une efficacité vaccinale plus faible que prévu, rendant la protection contre le virus moins performante cette saison. L’hiver rigoureux, accompagné d’une humidité élevée, a également joué un rôle dans la diffusion du virus, les conditions météorologiques influençant directement la survie et la transmission des agents pathogènes.
Le taux de mortalité enregistré cet hiver est en hausse, particulièrement chez les adultes non vaccinés et les personnes souffrant de comorbidités. Les hôpitaux ont dû faire face à une augmentation des admissions en réanimation, notamment en raison des complications pulmonaires et cardiovasculaires associées au virus.
Une situation encore préoccupante en Outre-mer et en métropole
Malgré un ralentissement observé sur le territoire, toutes les régions de métropole restent en phase épidémique active. Certaines zones, en particulier l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes, continuent de signaler un nombre élevé de cas. Dans ces régions, les services hospitaliers restent sous tension et peinent à absorber l’afflux de patients nécessitant des soins urgents.
En Outre-mer, la situation est encore plus compliquée. La Guadeloupe, la Martinique et la Guyane restent fortement touchées par l’épidémie, avec des hôpitaux fonctionnant à pleine capacité. À Mayotte, la situation sanitaire est encore plus préoccupante. En plus de la grippe, les habitants doivent faire face aux conséquences du cyclone Chido, qui a perturbé l’accès aux soins et affaibli une partie de la population, augmentant ainsi les risques de complications sévères.
Vaccination et prévention : les recommandations des autorités
Cette année, le vaccin antigrippal a montré une efficacité limitée, en particulier chez les personnes âgées. Les autorités sanitaires continuent de recommander la vaccination pour les populations à risque, insistant sur l’importance de cette protection malgré sa performance mitigée. La campagne de vaccination, initialement prévue jusqu’à fin janvier, a d’ailleurs été prolongée jusqu’à la fin février afin d’inciter un maximum de personnes à se protéger contre la grippe.
En complément de la vaccination, les gestes barrières restent essentiels pour limiter la propagation du virus. Les autorités sanitaires recommandent d’éviter les contacts rapprochés avec les personnes vulnérables, en particulier les seniors et les personnes souffrant de pathologies chroniques. Ces précautions sont d’autant plus importantes que d’autres virus saisonniers circulent activement, notamment la bronchiolite chez les nourrissons et le COVID-19.
