Un traitement injectable contre le VIH, efficace à près de 100 % et proposé pour seulement 40 dollars par an, pourrait transformer la lutte mondiale contre le sida dès 2027, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
VIH : deux injections par an pourraient mettre fin à l’épidémie

Plusieurs organisations internationales ont annoncé, le 24 septembre, un accord historique pour rendre accessible à bas coût un traitement préventif contre le VIH. Ce médicament, le lenacapavir, est présenté comme une arme décisive contre le sida. Son prix sera limité à 40 dollars par an dans 120 pays dès 2027.
Un traitement du VIH plus abordable que jamais
Le lenacapavir, déjà commercialisé sous le nom de Yeztugo aux États-Unis, coûte aujourd’hui près de 28 000 dollars par patient et par an. Grâce à de nouveaux accords de licence volontaire entre Gilead et six fabricants génériques, ce prix pourrait être réduit à 40 dollars annuels dans les pays à revenu faible ou intermédiaire dès 2027, selon l’Organisation mondiale de la santé et Unitaid.
Ce changement représente une baisse de plus de 99 % du tarif initial. Cette avancée repose sur la stratégie des génériques. Des laboratoires comme Dr Reddy’s et Hetero Labs en Inde se préparent à produire ce traitement à grande échelle. L’objectif est de garantir un accès rapide, alors que dans le passé il fallait parfois plus d’une décennie pour que les pays les plus pauvres bénéficient de nouvelles thérapies contre le sida.
Des injections contre le sida deux fois par an
Le lenacapavir se distingue par sa simplicité d’utilisation : deux injections annuelles suffisent à assurer une protection contre le VIH. Selon les résultats des essais cliniques PURPOSE 2, son efficacité varie entre 96 % et 100 % pour prévenir de nouvelles infections, comme l’a confirmé le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (UNAIDS).
Une étape préalable est toutefois nécessaire : une dose orale d’amorçage, dont le coût maximal a été fixé à 17 dollars. Ensuite, l’injection semestrielle remplace la prise quotidienne des comprimés de prophylaxie pré-exposition (PrEP), souvent contraignante pour les patients. Cette simplification pourrait favoriser l’adhésion et accroître la prévention dans les régions les plus touchées par l’épidémie.
Un levier économique et sanitaire pour les pays vulnérables
L’accès à ce traitement révolutionnaire est prévu pour 120 pays à revenu faible et intermédiaire. Pour Carmen Perez Casas, responsable VIH chez Unitaid, « Avec ce produit, nous pouvons mettre fin au VIH, (…) c’est à notre portée », déclarait-elle via l’AFP dans des propos rapportés par TF1 Info. Cet espoir repose sur une double dimension : la réduction massive du coût et l’efficacité quasi totale du traitement.
Néanmoins, des voix critiques soulignent les limites actuelles du dispositif. Certaines associations, comme Public Citizen, dénoncent l’exclusion de plusieurs pays d’Amérique latine et d’autres zones à forte incidence du VIH, faute d’accord de licence. Elles réclament une extension universelle du prix de 40 dollars pour ne pas accentuer les inégalités d’accès. Malgré ces débats, les experts considèrent l’annonce comme une percée majeure dans la lutte mondiale contre le sida.
