Il suffit parfois d’un simple retour aux sources pour ébranler les illusions dorées des contes de fées financiers. Derrière les grilles gagnantes et les titres sensationnalistes, la réalité des gagnants de l’EuroMillions rattrape souvent le rêve. Et dans le cas d’Adrian Bayford, l’histoire prend un tournant aussi improbable que révélateur.
Ce gagnant de l’Euromillions renonce à sa fortune pour une vie simple

Le 10 août 2012, Adrian Bayford, facteur britannique discret, voyait sa vie basculer après avoir coché les bons numéros de l’EuroMillions. En poche : un chèque de 148 millions de livres sterling, soit environ 190 millions d’euros. Une fortune instantanée qui promettait monts et merveilles. Treize ans plus tard, l’homme de 54 ans quitte pourtant son manoir de luxe pour s’installer chez sa mère. Un choix qui intrigue autant qu’il interroge : que reste-t-il vraiment quand on a tout gagné ?
Adrian Bayford, un conte de fées façon EuroMillions devenu drame intime
En 2012, Adrian Bayford et sa femme de l’époque, Gillian, accèdent à la notoriété en remportant l’un des plus gros jackpots jamais attribués au Royaume-Uni par l’EuroMillions. Très vite, le couple quitte sa maison écossaise pour investir dans un manoir de sept chambres niché sur un domaine de 50 hectares, à Haverhill, dans le Suffolk.
Mais ce cadre de vie somptueux devient rapidement un fardeau. « Nous avons reçu des milliers de lettres, des appels, des gens frappaient à notre porte… tout le monde voulait une part du gâteau », confiait un proche cité par The Sun.
Le couple ne résiste pas à la pression. Quinze mois après avoir touché le pactole, les Bayford divorcent, mettant fin à neuf années de mariage. Adrian, désormais seul maître d’un empire immobilier envahi par des souvenirs amers, enchaîne alors les tentatives de reconstruction sentimentale.
EuroMillions et solitude : le rêve fracturé d’un Britannique millionnaire
Depuis son divorce, Adrian Bayford s’est fiancé à quatre reprises, sans jamais retrouver la stabilité. En 2023, il tente de vendre sa luxueuse demeure pour 12 millions de livres sterling (près de 14 millions d’euros), mais sans succès. L’immense propriété reste invendable, probablement lestée par une réputation devenue lourde à porter.
Pire encore : l’un de ses projets les plus ambitieux, la création d’un parc à thème pour enfants sur ses terres, est tué dans l’œuf. Refus catégorique de la mairie, indignation des riverains, risques d’inondation pointés du doigt… Le rejet est net, violent, définitif. Pour Adrian, la leçon est brutale : même l’argent ne suffit plus à faire rêver.
L’ultime retrait : retour chez sa mère pour « une vie simple »
En avril 2025, l’annonce fait l’effet d’un choc : Adrian Bayford quitte son manoir et retourne vivre chez sa mère. À 80 ans, celle-ci l’accueille dans la maison qu’il lui avait achetée après sa victoire à l’EuroMillions. Il ne vient pas seul : Tracey, sa fiancée de 46 ans, l’accompagne. Ensemble, ils décident de s’éloigner des projecteurs.
« Il aime Tracey. Il aime sa mère, alors c’est logique qu’ils emménagent tous ensemble », déclare un proche au tabloïd britannique The Sun, dans une déclaration rapportée dans Le Parisien le 23 avril 2025.
Son manoir ? Il est « plein de mauvais souvenirs », affirme-t-il à ses amis, cité par La Dépêche du Midi. Le vendre devient moins une opération immobilière qu’un exorcisme personnel.