Pourquoi l’Europe parie-t-elle désormais sur les mini-centrales nucléaires ?

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By Jehanne Duplaa Published on 11 mars 2026 9h37
Pourquoi l’Europe parie-t-elle désormais sur les mini-centrales nucléaires ?
Pourquoi l’Europe parie-t-elle désormais sur les mini-centrales nucléaires ? - © Economie Matin
15 %La part du nucléaire dans l’électricité européenne est passée d’environ 33 % en 1990 à près de 15 % aujourd’hui

Le 10 mars 2026, à Bruxelles, la Commission européenne a confirmé son soutien au développement des mini-centrales nucléaires afin de garantir une production d’électricité bas carbone fiable sur le long terme. Cette orientation stratégique marque une évolution importante dans la politique énergétique européenne. En effet, l’exécutif européen estime désormais que les mini-centrales nucléaires peuvent jouer un rôle déterminant pour stabiliser les réseaux électriques et accompagner la transition énergétique, notamment lorsque la production renouvelable ne suffit pas, selon Euronews.

Les mini-centrales nucléaires au cœur de la stratégie énergétique bas carbone européenne

La Commission européenne considère désormais les mini-centrales nucléaires comme un levier stratégique pour garantir une électricité bas carbone tout en renforçant la souveraineté énergétique du continent. En effet, ces réacteurs de petite taille sont conçus pour être fabriqués en usine puis assemblés sur site, ce qui pourrait réduire les délais de construction et les coûts d’installation par rapport aux centrales nucléaires classiques selon The Brussels Times. Par ailleurs, les mini-centrales nucléaires doivent permettre de stabiliser le système électrique européen lorsque la production d’énergie renouvelable fluctue, notamment lors des périodes sans vent ou avec un faible ensoleillement.

Dans ce contexte, Bruxelles prévoit un déploiement progressif des mini-centrales nucléaires dès le début des années 2030 afin d’assurer une production bas carbone complémentaire aux énergies renouvelables. Ces installations pourraient également produire de la chaleur industrielle et contribuer à la décarbonation de secteurs énergivores comme la sidérurgie ou la chimie. Cette perspective s’inscrit dans une stratégie énergétique plus large visant à garantir la sécurité d’approvisionnement tout en réduisant les émissions de CO₂, alors même que la part du nucléaire dans l’électricité européenne est passée d’environ 33 % en 1990 à près de 15 % aujourd’hui selon Reuters.

Mini-centrales nucléaires : un potentiel industriel majeur pour l’Europe bas carbone

Selon la Commission européenne, les mini-centrales nucléaires pourraient représenter un pilier industriel de la transition bas carbone européenne dans les prochaines décennies. Bruxelles estime que la capacité installée de ces réacteurs pourrait atteindre entre 17 et 53 gigawatts d’ici 2050. Par conséquent, l’Union européenne cherche à structurer une véritable filière industrielle autour des mini-centrales nucléaires, afin de renforcer l’autonomie technologique du continent dans le domaine de l’énergie.

L’exécutif européen souhaite également simplifier les procédures réglementaires et harmoniser les normes de sûreté pour accélérer l’innovation autour des mini-centrales nucléaires et soutenir la production bas carbone. La Commission prévoit de mobiliser des financements afin d’accompagner la recherche et le développement dans ce secteur stratégique. Ainsi, une garantie financière de 200 millions d’euros doit soutenir les projets d’innovation liés au nucléaire et aux nouveaux réacteurs modulaires selon Reuters, 10 mars 2026.

Mini-centrales nucléaires : un pari bas carbone qui divise encore l’Union européenne

Malgré l’enthousiasme affiché par Bruxelles, les mini-centrales nucléaires continuent de susciter des divisions entre les États membres sur leur rôle dans la transition bas carbone. Plusieurs pays soutiennent activement cette technologie, notamment la France, la Finlande, la Pologne, la Suède, la Hongrie ou encore les Pays-Bas, qui voient dans les mini-centrales nucléaires un moyen de sécuriser leur production électrique tout en limitant les émissions. Certains responsables politiques estiment que le recul du nucléaire en Europe a été une erreur stratégique, comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui a déclaré que « c’était une erreur stratégique de s’éloigner de l’énergie nucléaire ».

D’autres États membres restent sceptiques face au développement des mini-centrales nucléaires malgré leur potentiel bas carbone. L’Autriche, l’Irlande ou encore le Portugal continuent de s’opposer à l’énergie nucléaire en raison des inquiétudes liées aux coûts, à la gestion des déchets et aux risques technologiques. Dans ce débat énergétique européen, certains dirigeants soulignent néanmoins la nécessité de réévaluer le rôle du nucléaire. Le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé qu’« abandonner l’énergie nucléaire était une grave erreur stratégique ».

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