Le grand artiste allemand Gerhard Richter est exposé à la Fondation Louis Vuitton, du 17 octobre au 2 mars (16€). Faut-il y aller ?
Exposition : Gerhard Richter à la Fondation Louis Vuitton

L’autre grand artiste contemporain allemand avec Anselm Kiefer. Comme lui, Gerhard Richter (né en 1932) oscille entre la figuration et l’abstraction, il peint dans son atelier, pas à l’extérieur, sur des photographies de journal, de livre, ou qu’il prend lui-même. Le modèle se voit, parfois se devine, ou disparaît carrément, il interroge les limites entre le figuratif et l’abstrait. Il joue avec l’image comme Andy Warhol, à sa façon, sans le côté pop, sa couleur préférée est le gris. Mais il aime aussi la couleur, il peint des nuanciers (!), plusieurs tableaux abstraits sont très flashy, les vitraux de la cathédrale de Cologne sont splendides.
Goût du soufre ? Il réalise en 1988 un cycle de peintures sur le thème de la mort suspecte des membres du groupe terroriste Baader-Meinhof… Émoi en Allemagne. Il se rachète en 2005 en peignant les tours du 11 septembre et en dénonçant le fanatisme. C’est mieux, merci.
Fascinante salle de 48 portraits de personnalités plus ou moins connues mais tous peints de la même façon, très neutres, ce qui les replonge dans l’anonymat. C’est l’espace jeu de l’expo, essayez de les reconnaître !
On est moins convaincu par ses dessins, et aussi par sa dernière grande série de tableaux, Birkenau, qui s’inspire de quatre photographies prises en cachette en 1944 dans le camp, trop abstrait, ça passe à côté de l’histoire.
275 œuvres, 104 prêteurs, 34 salles, une exposition monstre, prévoyez deux heures. On ressort bousculé par la force et l’ampleur de cette pensée, les partis-pris, la variété (il y a aussi de jolis paysages, dans la tradition romantique allemande, des portraits à la Vermeer…). À ne pas manquer.
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