Le soleil brille, les valises sont bouclées, vous voilà enfin arrivé en vacances… et pourtant, restez vigilants ! Le piège vous guette, silencieux, sous forme de QR code collé sur un simple parcmètre.
Faux QR codes sur horodateurs : l’arnaque qui piège les vacanciers

Tandis que les premiers vacanciers affluent dans le sud, une arnaque aussi ingénieuse que discrète vient d’être débusquée par les agents de la Société d’Assistance et de Gestion du Stationnement (SAGS). Elle prend la forme d’un autocollant apparemment anodin : un QR code qui promet de simplifier le paiement du stationnement… mais qui vous conduit tout droit dans les griffes de cyberescrocs.
Le QR code, nouveau leurre pour les automobilistes
En vacances, on veut aller vite. Se garer, scanner, payer, profiter. C’est justement ce réflexe que les fraudeurs exploitent. L’arnaque consiste à apposer un faux QR code directement sur l’écran ou le panneau d’un horodateur. Le graphisme est soigné, le logo de Q-Park est reproduit à l’identique, et la victime, pressée, scanne le code sans y penser. Le piège est refermé.
Contrairement aux apparences, le lien ne mène pas au portail de paiement habituel mais à une copie frauduleuse. Une fausse interface demande vos coordonnées bancaires, soi-disant pour régler votre place. Le site enregistre vos données, mais le stationnement, lui, n’est jamais réglé.
De Marseille à Monaco : une propagation en tache d’huile
Si la pratique a été repérée à Marseille, dans le quartier Vauban, elle n’y est pas née. Déjà, en octobre 2024, des cas similaires avaient été signalés à Nice et à Monaco, avec des QR codes frauduleux dissimulés sur les stickers « PayByPhone » officiels. Le procédé, à peine plus audacieux, vise à se greffer directement sur les canaux de confiance des usagers.
Cette manipulation a même franchi les frontières, avec des occurrences repérées en Irlande et à Monaco. En Irlande, une automobiliste a payé près d'un millier d'euros aux arnaqueurs. Les opérateurs de stationnement redoutent une généralisation. La société Q-Park a mandaté ses agents pour arracher systématiquement tous les autocollants suspects, mais reconnaît que la vigilance doit aussi venir des usagers.
Les bons réflexes pour éviter de se faire plumer
La première ligne de défense, c’est vous. Voici comment ne pas vous faire avoir, surtout en terrain inconnu :
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Ne jamais scanner un QR code sans vérification : si l'autocollant semble surajouté, si le design n’est pas aligné ou si le lien qui s’affiche semble suspect, mieux vaut s’abstenir.
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Se fier uniquement aux applications officielles. À Marseille, les seuls moyens numériques validés sont « Pay By Phone », « Flowbird » et « Timo ».
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Installer les applications avant votre départ, directement via l’Apple Store ou Google Play.
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Regarder l’URL avant de saisir ses données : un vrai site Q-Park commence par "https://" et contient le nom de domaine officiel.
Enfin, si vous avez un doute, contactez la mairie ou le service de stationnement local. Ne restez pas seul face à un écran qui vous demande votre carte bancaire.
Une menace qui évolue : le quishing, l’escroquerie de l’ère numérique
Le terme technique de cette arnaque est clair : « Quishing », contraction de « QR » et « phishing ». C’est la nouvelle frontière de l’ingénierie sociale. Là où les e-mails frauduleux tombaient parfois dans les spams, le QR code, lui, passe partout : silencieux, discret, et intégré à nos réflexes.
Le numérique est donc loin d'être une garantie assurée de fiabilité. L’escroquerie s’adapte, s’intègre, s’infiltre là où vous ne l’attendez pas. Toutefois, en restant vigilant, vous limitez les risques : un simple coup d’œil suffit parfois à éviter une arnaque de plusieurs centaines d’euros.
L’arnaque au QR code n’est ni inévitable, ni invincible. Elle exige un changement de posture : vérifier avant de scanner, et non après. Garder une distance critique avec les objets du quotidien, surtout quand on est en vacances, pressé, distrait.
Car l’escroc ne se cache pas toujours derrière un écran d’ordinateur. Il peut aussi coller une étiquette, attendre à distance, et regarder son plan se dérouler… un scan à la fois.
