Feuille de route énergétique : un nouveau modèle pour la France

La nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie marque un tournant énergétique majeur pour la France. Publiée ce jeudi 12 février, cette feuille de route énergétique fixe la trajectoire du pays jusqu’en 2035. Derrière le débat politique, l’enjeu est d’abord technique et stratégique : transformer en profondeur le système énergétique français, réduire la dépendance aux fossiles et sécuriser l’approvisionnement national.

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By Rédaction Published on 12 février 2026 11h05
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Feuille de route énergétique : un nouveau modèle pour la France - © Economie Matin
6Six réacteurs nucléaires de nouvelle génération de type EPR devrait être inscrit sur la nouvelle feuille de route énergétique.

La programmation pluriannuelle de l’énergie, ou PPE, définit comment la France produira et consommera son énergie dans la prochaine décennie. Selon L’Info Durable, ce document « fixe la feuille de route de la France pour les prochaines années » et concerne tous les secteurs, des transports aux logements en passant par l’industrie. La dimension énergétique est donc globale. Elle structure l’investissement, l’innovation et l’organisation des réseaux.

Une transformation énergétique rendue indispensable par la dépendance aux fossiles

Le premier défi de cette programmation pluriannuelle est clair : sortir progressivement de la dépendance aux énergies fossiles. Selon L’Info Durable, celles-ci représentent encore 60 % de la consommation énergétique française. Ce chiffre illustre un paradoxe. En effet, la production d’électricité nationale est déjà décarbonée à 95 %, notamment grâce au nucléaire, comme le rappelle BFMTV. Toutefois, l’électricité ne couvre pas l’ensemble des usages énergétiques, notamment dans les transports et le chauffage.

Par ailleurs, l’impact économique de cette dépendance est considérable. D’après RTE, l’importation d’énergies fossiles a représenté 64 milliards d’euros en 2024, contre seulement cinq milliards d’euros de recettes liées à l’exportation d’électricité. Ce déséquilibre pèse sur la balance commerciale et fragilise la souveraineté énergétique. C’est pourquoi Roland Lescure a insisté sur « l'urgence géopolitique, l'urgence économique, l'urgence industrielle et l'urgence climatique », affirmant que « notre responsabilité à tous, c'est d'avancer ». La programmation pluriannuelle devient ainsi un outil d’indépendance énergétique.

Un mix énergétique renforcé autour du nucléaire et des renouvelables

Sur le plan strictement énergétique, la PPE confirme une stratégie à double pilier. D’une part, le gouvernement inscrit six réacteurs nucléaires de nouvelle génération de type EPR, avec « huit supplémentaires en option », selon BFMTV. Cette décision consolide le socle nucléaire français. Elle vise à maintenir une production d’électricité bas carbone stable et pilotable, essentielle pour accompagner l’électrification des usages.

D’autre part, la programmation pluriannuelle prévoit des investissements « dans l'éolien en mer, le photovoltaïque, la géothermie » et l’éolien terrestre, selon BFMTV. Cependant, pour l’éolien terrestre, la priorité sera donnée à l’augmentation de puissance d’installations existantes afin de limiter les conflits locaux. La logique énergétique est claire : diversifier les sources tout en sécurisant l’acceptabilité sociale. Néanmoins, la trajectoire doit rester cohérente. Jules Nyssen, président du syndicat des énergies renouvelables (SER) avertit dans L'Info Durable : « il y a déjà 30 GW de puissance installée en France, et 10 GW de projets autorisés en file d'attente. Si la feuille de route indiquait un objectif de production de 40 GW en 2030, cela équivaudrait à un moratoire car il n'y aurait alors aucune possibilité de développement ». L’équilibre énergétique dépend donc d’objectifs calibrés avec précision.

L’énergie comme colonne vertébrale économique et stratégique

Au-delà des infrastructures, la programmation pluriannuelle de l’énergie structure l’économie nationale. Elle conditionne les appels d’offres, les financements et les chaînes industrielles. Roland Lescure l’a rappelé : « Ce décret s'inspirera de toutes les discussions que nous avons eues avec les uns et les autres ». Cette méthode vise à donner un cadre stable à long terme. Or, dans le secteur énergétique, les investissements s’étalent sur plusieurs décennies.

Cependant, la dimension énergétique reste hautement sensible. Marine Le Pen a dénoncé « une faute démocratique », « une folie », un « choix brutal » dans Le Parisien. Elle affirme également : « Les objectifs de coût des énergies, aussi bien l’électricité, le gaz que les carburants, sont à des niveaux bien trop élevés, niveaux qui ruineront le pouvoir d’achat des Français et la compétitivité des entreprises ». Le RN avance un coût de 300 milliards d’euros. En réponse, Sébastien Lecornu a déclaré : « La vraie faute serait de ne rien faire », soulignant une « dépendance géopolitique » devenue « dangereuse ». L’énergie apparaît ainsi comme la colonne vertébrale stratégique du pays. La programmation pluriannuelle organise donc bien plus qu’un calendrier technique : elle redessine l’architecture énergétique française à l’horizon 2035.

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