La France le pays le plus égalitaire au monde… et qui croule sous les dettes

C’est une étude de l’Insee (source Insee ici) sur laquelle il est très important de s’arrêter lorsque l’on veut parler des inégalités dans notre pays.

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By Charles Sannat Published on 20 avril 2026 8h42
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La France le pays le plus égalitaire au monde… et qui croule sous les dettes - © Economie Matin
115%La dette de la France a atteint 115% du PIB.

Cette étude s'intitule « revenus des ménages élargis à l'ensemble de l'économie en 2023 » et c'est l'analyse approfondie des revenus des ménages français. Vous avez le résumé ci-dessous, mais disons que le résumé du résumé est le suivant.

Les 10 % de personnes les plus aisées ont un revenu après transferts publics 3,5 fois plus élevé que les 10 % les plus modestes, contre 26 fois avant transferts publics !

Je ne sais pas si vous vous rendez compte des implications d'un tel chiffre. En moyenne les écarts sont de 26 avant les taxes et la redistribution pour ne plus être que de 3.5 fois après !

Cela veut dire que pour passer de 26 fois à 3.5 fois on va taxer ceux qui gagnent 26 fois plus jusqu'à ce qu'ils ne gagnent plus que 3.5 fois plus.

Pour le dire autrement, on plafonne en France le revenu des gens à 3.5 fois plus entre un riche et un pauvre… Vous n'avez pas plus égalitaire comme pays que la France, et plus cette égalité progresse plus nous nous appauvrissons. Mais c'est un autre sujet.

Le deuxième point clef de cette étude est que 56 % des Français reçoivent plus qu'ils ne versent.

Le troisième point c'est que l'Etat ne taxe pas assez pour couvrir les coûts de cette solidarité massive et est obligé de recourir à l'endettement en moyenne pour 1 400 euros par an et par personne (ici on parle d'UC une unité de consommation mais simplifions).

La redistribution opérée par les pouvoirs publics nationaux rehausse le niveau de vie élargi des ménages au prix d'un endettement public

En 2023, le revenu primaire net élargi est en moyenne de 44 300 euros par unité de consommation (UC) ; il correspond pour l'essentiel aux revenus générés par le travail, aux revenus versés à certains ménages au titre du patrimoine immobilier et financier qu'ils détiennent, ainsi qu'aux profits non distribués des entreprises, ici réattribués aux ménages actionnaires, avant toute redistribution opérée par les pouvoirs publics nationaux. Cette moyenne recouvre de fortes disparités selon les catégories de ménages. Ce revenu primaire élargi est en moyenne de 89 000 euros par UC pour les ménages dont la personne de référence est active et cadre, travailleuse indépendante ou cheffe d'entreprise, contre autour de 36 500 euros pour les actifs employés et les actifs ouvriers.

Après redistribution publique nationale, le niveau de vie élargi moyen de l'ensemble de la population s'élève à 45 700 euros par UC, car cette redistribution n'est pas équilibrée. Les pouvoirs publics prélèvent moins qu'ils ne redistribuent, procurant ainsi par endettement public un supplément de revenu de 1 400 euros par UC en moyenne. Après redistribution publique nationale, le niveau de vie élargi des cadres est diminué d'un tiers par rapport à leur revenu primaire élargi, quand celui des employés et des ouvriers est peu modifié. Les retraités sont en moyenne fortement bénéficiaires, en raison de l'inclusion des pensions de retraite et des remboursements de santé dans cette redistribution élargie.

Les 10 % de personnes les plus aisées ont un revenu après transferts publics 3,5 fois plus élevé que les 10 % les plus modestes, contre 26 fois avant transferts publics.

En 2023, 56 % des personnes reçoivent plus qu'elles ne versent au titre de cette redistribution, pour un gain moyen annuel de 23 900 euros par UC. Cette part de bénéficiaires nets varie fortement selon le niveau de vie : de 99 % parmi les 10 % les plus modestes à 18 % parmi les 10 % les plus aisés. Elle s'élève à 96 % parmi les personnes vivant dans des ménages dont l'âge moyen des adultes est de 65 ans ou plus, contre 43 % parmi le restant de la population ».

De la nécessité des inégalités.

Les inégalités sont intimement liées à la vie elle-même. Les inégalités c'est aussi la diversité si encensée ces dernières années. L'égalité parfaite c'est la négation par définition de toutes les différences et c'est en réalité un monde effrayant.

Non seulement il ne faut pas avoir peur des inégalités, mais il faut même les encourager.

Ce sur quoi nous devons agir c'est bien évidemment de donner l'égalité en droits à chacun (ce qui n'est pas si simple ni encore parfait) et d'assurer les conditions d'égalité d'accès à certains droits que nous considérons comme fondamentaux comme par exemple se soigner, se nourrir, s'habiller ou encore se loger.

Notre pays est objectivement le plus égalitaire financièrement de la planète et cela pourtant ne suffit pas à faire augmenter désormais le bonheur de notre population. Au contraire.

Les gens râlent et vivent tout de plus en plus comme un manque d'égalité.

C'est un vrai problème, un vrai sujet qu'il faudra aborder d'un point de vue politique, car si nous continuons ainsi nous passerons de 26 fois avant redistribution à l'égalité parfaite.

Ce ne sera pas l'égalité rêvée.

Ce sera le communisme, et le communisme se termine toujours dans la misère puisque plus personne n'a intérêt à produire, à travailler, à investir, à prendre des risques, à innover, à inventer.

Il ne faut pas imaginer un seul instant que ceux qui défendent la liberté veulent plus de pauvreté !

Il faut défendre un pragmatisme qui consiste à voir ce qui doit être vu, à savoir que les excès de protection, de normes, de règles entraînent l'effet inverse recherché. Le communisme c'est légalité dans la misère, mais cette misère n'était pas le but recherché !

Nous pouvons tous nous accorder sur l'idée de la prospérité pour tous. Nous sommes en désaccord sur la manière de l'atteindre. L'égalité dans la misère, permettez moi de le dire, n'a tout de même aucun intérêt.

Il est déjà trop tard, mais tout n'est pas perdu.

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011. Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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